CLIMAT
chaumières des paysans le métier auquel ne travaillent jamais que. les femmes (1).
Le climat de la Grèce parait être en général décrit par des voyageurs modernes en termes plus favorables qu'il ne l'était par les anciens, ce qui peut facilement s'expliquer par l'intérêt classique, les beautés pittoresques et l'atmosphère transparente, si vivement appréciés par des yeux anglais ou allemands. Hérodote (2), Hippocrate et Aristote regardent le climat de l'Asie comme exerçant une influence beaucoup plus fécondante et plus favorable à la fois sur la vie animale et sur la vie végétale, mais en même temps plus énervante que celui de la Grèce ; ils parlent de ce dernier surtout sous le rapport de $on caractère changeant et des diversités de température locale, qu'ils considèrent ccfmme un puissant stimulant pour l'énergie des habitants. Il y a lieu de conclure que l'ancienne Grèce était beaucoup plus saine que le même territoire ne Test à présent, en ce qu'elle était cultivée d'une manière plus industrieuse, et que les villes étaient à la fois administrées avec plus de soin et mieux fournies d'eau. Mais les diflférences quant à la salubrité, entre une portion de la Grèce et une autre portion, paraissent toujours avoir été considérables; et cette circonstance, aussi bien que les variétés de climat, influa sur les habitudes locales et le caractère des sections particulières. Non-seulement il y avait de grandes différences entre les montagnards et les habitants des plaines (3), entre les Lokriens, les ^Etoliens, les Phokiens, les Dôriens, les Œtseens et les Arkadiens d'un côté, et les habitants de l'Attique, de la Bœôtia et de l'Elis de l'autre;
(1) En Egypte les hommes restaient an logis et tissaient, pendant que les femmes vaquaient aux travaux extérieurs ; l'une et Tautre de ces coutumes excitent la surprise et d'Hérodote et de Sophocle (Hérod. H, 35 ; Soph. Œd.
Col. 340).
An sujet des paysannes grecques modernes occupées à filer et à tisser, V. Leake, Trav. Morea, vol. I, p. 13,
T. ni
18, 223, etc.; Strong, St»t. p. 185,
(2) Hérod. I, 142; Hippocrate, De Aère, Loc. et Aq. c. 12-13 ; Aristot.
Polit. VII, 6, 1.
(3) Les montagnards de PiEtolia ne peuvent, dans ce temps-ci, descendre dans la plaine marécageuse de Wrachori, sans être malades après peu de jours (Fiedler, Keise in Griech. I, p. 184).
mais chacune de ces diverses tribus qui concourait à composer ces catégories avait ses particularités ; et Ton supposait que le contraste marqué qui existait entre les Athéniens et les Bœôtiens était représenté par l'atmosphère légère et lourde qu'ils respiraient respectivement. Ce n'était pas tout non plus ; car, même dans l'agrégat bœôtien, chaque ville avait ses propres attributs séparés, physiques aussi bien que moraux et politiques (1). Les Bœôtiens connaissaient Orôpos, Tanagra, Thespise, Thêbes, Anthèdôn, Haliartos, Korôneia, Onchêstos et Platée, chacune par sa propre épithète caractéristique, et Diksearque même signale une distinction marquée entre les habitants de la cité d'Athènes et ceux du pays de l'Attique. Sparte, Argos, Corinthe et Sikyôn, bien qu'elles soient toutes appelées Dôriennes, avaient chacune leur dialecte et leur caractère particuliers. Toutes ces différences, dépendant en partie du climat, de la situation et d'autres considérations physiques, contribuaient à nourrir des antipathies et à perpétuer cette cohésion imparfaite, qui a déjà été mentionnée comme un trait indélébile de la Hellas.
Les tribus desÉpirotes, voisines des ^Etoliens et des Akarnaniens, remplissaient l'espace qui est entre le Pindos et la mer Ionienne pour rejoindre au nord le territoire habité par les puissants et barbares Illy riens. C'est de ces Illyrieiis que paraissent avoir fait partie, comme section éloignée, les tribus macédoniennes indigènes, habitant au nord de laThessalia et du mont Olympos, à l'est de la chaîne qui continue le Pindos, et à l'ouest de la rivière Axios. Les Épirotes étaient compris sous les diverses dénominations de Charniens, de Molosses, deThesprotiens, deKassopseens, d'Amphilochiens, d'Athamànes, d'^Ethikes, de Tymphsei, d'OrestaB, de Paro-
(1) Dikaearque, Fragm. p. 145, éd. Tr)v wXeoveÇiav èv 'AvôViÔovi, Ty)v Treptep-
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xCav èv ©eoTTtaiç, xi^v ii6piv èv (dyi6aiç, vrage, p. 11.