ÉPIROTES, MACÉDONIENS, ETC
raei et d'Atintànes (1), la plupart de ces derniers formant de petites communautés dispersées dans la région montagneuse du Pindos. Il y avait cependant une grande confusion dans l'application du nom compréhensif XEpirote^ qui était un titre donné exclusivement par les Grecs, et donné purement d'après des considérations géographiques, et non ethniques. L'Epeiros semble d'abord avoir été opposée au Péloponèse, et avoir signifié en général la région située au nord du golfe de Corînthe; et dans ce sens primitif il comprenait les ^toliens et les Akarnaniens, dont des portions parlaient un dialecte difficile à comprendre, et s'éloignaient des habitudes helléniques tout autant que les Épirotes (2).
Le point d'union entre les Grecs et les Épirotes était anciennement l'oracle de Dôdônê, qui fut remplacé par Delphes à mesure que la civilisation de la Hellas se développa. Il n'est pas non plus moins difficile de distinguer les Épirotes des Macédoniens d'un côté, que des Hellènes de l'autre, la langue, le vêtement et la manière de porter les cheveux étant souvent analogues, tandis qu'on comprenait trèsinexactement les limites parmi des hommes grossiers et dans des pays inexplorés (3).
En décrivant les contrées occupées par les Hellènes en 776 avant J.-C, nous ne pouvons pas encore tenir compte des importantes colonies de Leukas et d'Ambrakia, établies postérieurement par les Corinthiens sur la côte occidentale de l'Épeiros. Les pays habités par les Grecs de cet ancien temps semblent comprendre les îles de Kephallenia, de Zakynthos, d'Ithakè et de Dulichion, mais il paraît qu'il n'y avait aucun établissement situé plus vers le nord, soit dans l'intérieur des terres, soit dans des îles.
(1) Strabon, VTI, p. 323, 324, 326 ; étaient Siy>w(r(70i, parlant le grec en Thucyd. II, 68. Théopompe (ap. Strab. outre de leur langue maternelle.
l. c.) comptait 14 ëÔvY] chez les Epi- Voir, au sujet de tous les habitants
rotes. de ces régions, l'excellente dissertation
(2) Hérod. I, 146; II, 56; VI. 127. ^« ^' }^^}^^^ «^^^^ plus Laut, Ueber
die Makedoner, et annexée au premier
(3) Strabon, VII, p. 327. volume de la traduction anglaise de son Plusieurs des tribus des Epirotes histoire des Foriens,
Ils renfermaient en outre, en nous limitant à l'an 776 avant J.-C, la grande quantité d'îles qui se trouvent entre la côte de la Grèce et celle de l'Asie Mineure, de Tenedos au nord, jusqu'aux îles de Rhodes, de Krête et de Kythêra au sud; et les grandes îles de Lesbos, de Chios, de Samos et d'Eubœa, aussi bien que les groupes appelés les Sporades et les Cyclades. Quant aux quatre îles considérables plus voisines des côtes de la Macedonia et de la Thrace, Lemnos, Imbros, Samothrace et Thasos , on peut douter qu'elles fussent devenues helléniques à cette époque. Le Catalogue de l'Iliade comprend, sous les ordres d'Agamemnôn, des contingents d'^gina, d'Eubœa, de Krête, de Karpathos, de Kasos, de Kôs et de Rhodes ; dans le plus ancien témoignage épique que nous possédions, ces îles paraissent ainsi habitées par des Grecs ; mais les autres ne se rencontrent pas dans le Catalogue, et ne sont jamais mentionnées de manière à nous permettre de tirer une conclusion quelconque. On devrait peut-être considérer l'Eubœa plutôt comme une portion du continent grec (dont elle n'est séparée que par un détroit assez peu large pour que l'on puisse y jeter un pont) que comme une île. Mais les cinq dernières îles nommées dans le Catalogue sont toutes dôriennes, soit complètement, soit partiellement : on n'y voit pas d'île ionienne ni seolienne ; ces dernières, bien que ce fût au milieu d'elles que chantait le poëte, paraissent être représentées par leurs ancêtres héroïques qui viennent de la Grèce propre.
Le dernier élément à comprendre comme contribuant à compléter la Grèce de 776 avant J.-C. est la longue chaîne d'établissements dôriens, ioniens et aeoliens sur la côte de l'Asie Mineure, occupant un espace borné au nord par la Troade et la région de l'Ida, et s'étendant au sud jusqu'à la péninsule de Knidos. Douze cités continentales, en outre les îles de Lesbos et de Tenedos, sont mentionnées par Hérodote comme d'anciennes fondations seoliennes; ce sont Sinyrna, Kymè, Larissa, Neon-Teichos , Têmnos, Killa, Notion, -^girœssa, Pitana, ^Egse, Myrina et Gryneia. Smyrna, qui avait d'abord été aeolienne, fut ensuite acquise au moyen d'un stratagème par des habitants ioniens.
GRECS SUR LA CÔTE DE l'aSIE MINEURE 133
et resta ionienne d'une manière permanente. Phokœa, le plus septentrional des établissements ioniens, confinait à r^olis : Klazomense , Erythrse , Teôs , Lebedos , Kolophôn, Priênê, Myous et Milêtos prolongeaient au sud le nom ionien. Ces villes, conjointement avec Samos et Chios, formaient la fédération. Panionienne (1). Au sud de Milêtos, après un intervalle considérable, se trouvaient les établissements dôriens de Myndos, d'Halikarnassos et de Knidos; les deux derniers, avec Fîle de Kôs et les trois municipes dans Rhodes, constituaient l'Hexapolis dôrienne, ou société de six villes, formée dans l'origine en vue de besoins religieux, mais amenant un résultat secondaire analogue à une fédération politique.
Telle est donc l'étendue de la Hellas, comme elle était au commencement des Olympiades constatées. Pour faire un tableau même à cette date, nous n'avons pas de matériaux authentiques, et nous sommes obligés d'antidater des renseignements qui appartiennent à une époque postérieure ; et cette considération seule pourrait suffire pour montrer conibien sont peu prouvées toutes les descriptions de la Grèce de 1183 avant J.-C, l'époque supposée de la guerre de Troie, quatre siècles auparavant.
(1) Hérodote, 1, 143-160.