‹ Histoire de la Gréce depuis les temps les plus reculés jusqu'a la fin de la géneration contemporaine d'Anglais (volume 2)Chapitre 38 sur 86 · LANGUE GRECQUE · texte numérisé non relu

LANGUE GRECQUE

ces de renseignements pour le dialecte lesbien et le dialecte bœôtien, variétés de Taeolien, dont il existait une troisième yariété négligée par les poètes en Thessalia (1). Il ne faut prendre que dans un sens vague et approximalif l'analogie qui existe entre les différentes manifestations du dialecte dôrien et de l'aeolien, aussi bien qu'entre le dôrien en général et l'aBolien en général, comparés avec le dialecte attique.

Mais tous ces différents dialectes ne sont rien de plus que des dialectes distingués comme modifications d'une seule et même langue, et offrant la preuve de certaines lois et de certains principes qui les régissent tous. Il semble qu'on peut les faire remonter à une certaine langue mère idéale, particulière en elle-même et pouvant se distinguer du latin, bien qu'ayant avec lui des liens de parenté, — et membre indépendant de cette famille de langues qu'on a appelée indo-européennes. L'examen comparatif appliqué au sanscrit, au zend, au grec, au latin, à l'allemand et au lithuanien, aussi bien que l'analyse plus approfondie de la langue grecque elle-même que ces études ont provoquée, ont récemment fait ressortir cette vérité d'une manière beaucoup plus claire que n'auraient pu se l'imaginer les anciens eux-mêmes (2).

Il est inutile d'insister sur l'importance qu'avait cette uniformité de langage pour maintenir l'union de la race, et pour rendre le génie de ses membres les plus favorisés utile à la civilisation de tous. Excepté dans lés cas les plus rares, les divergences de dialecte n'étaient pas telles qu elles pussent empêcher un Grec de comprendre un autre Grec et d être compris par lui, fait remarquable quand nous considérons combien de leurs colons éloignés, n'ayant pas emmené de femmes dans leur émigration, prenaient des épouses non helléniques. Et la perfection et la popularité de leurs anciens poèmes épiques étaient dans ce cas d'un prix inesti-

(1) Relativement aux trois variétés du den ^olischen Dialekt (resté malheudialecte seolien, différant considérable- rensement inachevé, à cause de la mort ment entre elles, y<rezcellent ouvrage prématurée de l'auteur), présente un d'Ahrens, DeDial.iEol. sect. 2,32, 50. ingénieux spécimen d'une telle ana-

(2) Uouvrage d'Albert Giese, Ueber lyse.

mable pour favoriser la diffusion d'un type commun de langue, et pour maintenir ainsi le faisceau des sympathies du monde hellénique (1). Le dialecte homérique devint le type suivi par tous les poètes grecs pour l'hexamètre, comme on peut le voir particulièrement par l'exemple d'Hésiode, qui l'adopte en général, bien que son père fût né dans l'aeolienne Kymê, et que lui-même résidât à Askra, dans la Bœôtia fieolienne ; et les anciennes compositions ïambiques et élégiaques sont faites sur le même modèle. Les Grecs instruits dans toutes les villes, même rejetées à la plus grande distance du centre, s'accoutumaient de bonne heure à un seul type de langue littéraire, et possédaient un fonds commun de légendes, de maximes et de métaphores.

Cette communauté de sentiments religieux, de localités et de sacrifices, qu'Hérodote nomme comme le troisième lien d'union entre les Grecs, était un phénomène, non pas mêlé à leur constitution primitive, comme la race et la langue, mais ayant acquis un développement graduel. Du temps d'Hérodote, et même un siècle avant, il était dans sa complète maturité; mais il y avait eu une période où il n'existait pas d'assemblées religieuses communes à tout le corps hellénique. Ce qu'on appelle les jeux Olympiques, Pythiens, Néméens et Isthmiques (les quatre jeux les plus remarquables parmi une foule d'autres analogues), étaient en réalité de grandes fêtes religieuses, — car les dieux, donnaient alors à des réunions de plaisir leur sanction spéciale, leur nom, et leur présence ; alors l'association la plus étroite régnait entre les sentiments d'un culte commun et la sympathie née d un amusement commun (2). Bien que cette association ne

(1) V. les intéressantes remarques de (2) Platon, Leg. II, 1, p. 653; Cra-

Dion Chrysostome sur rattachement tyle, p. 406; et Dionys. Halic. Ars

que les habitants d'Olbia (ou Borys- Rhetor. c. 1-2, p. 226. — 0eàç jjiv

thêsne) avaient pour les poëmes home- yé ttou Tràvxwç iràoTiç i?)(mvo(ioOv TtœvT]-

riques ; la plupart d'entre eux, dit-il, yvpccoç i^Ye(jLO[)v xal è7r(ovu{ioc * oiov

pouvaient répéter l'Iliade par cœur, '0Xu{A7cia)v (lèv, 'OXufJLTTio; Zeu; * tou

quoique leur dialecte fût dans un triste ô* èv IIuOoî, 'AiroXXwv.

état de ruine (Dion Chrisost. Orat. Apollon, les muses et Dionysos sont

XXXVI, p. 78, Reisk.}. ÇvveopTaffral xai Çu-fx^pe^fat (Homère,

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