‹ Histoire de la Gréce depuis les temps les plus reculés jusqu'a la fin de la géneration contemporaine d'Anglais (volume 2)Chapitre 39 sur 86 · SENTIMENT RELIGIEUX · texte numérisé non relu

SENTIMENT RELIGIEUX

soit plus reconnue maintenant, néanmoins il est essentiel que nous l'ayons entièrement devant les yeux, si nous youlons comprendre la vie et les actions des Grecs. Pour Hérodote et ses contemporains, ces grandes fôtes, fréquentées alors par une multitude d'hommes venus de toutes les parties de la Grèce, avaient une importance et un intérêt qui l'emportaient sur tout ; cependant elles avaient été jadis purement locales, n'attirant de visiteurs que d'un voisinage trèspeu étendu. Dans les poëmes homériques, il est beaucoup question des dieux communs et des lieux spéciaux qui leur sont consacrés, et que quelques-uns d'entre eux occupent; les chefs célèbrent, en l'honneur d'un père après sa mort, des jeux funèbres qui sont visités par des compétiteurs accourus des différentes parties de la Grèce; mais rien ne parait indiquer des fêtes publiques ou municipales ouvertes aux visiteurs grecs en général (1). Et quoique Pythô couverte de rochers et son temple figurent dans l'Iliade comme un endroit à la fois vénéré et riche, les jeux Pythiens, sous la surveillance des Amphiktyons, avec un enregistrement continu de vainqueurs et une réputation panhellénique, ne commencent qu'après la Guerre Sacrée, dans la 48® Olympiade, ou 586 av. J.-C. (2).

Hymn. à Apoll. 146). Tite-Live donne la même idée des jeux sacrés par rapport aux Romains et aux Yolsques (II, 36-37) : « Se, ut consceleratos contaminatosque, ab ftidtx, festis diebus, cœtu quodammodo hominum Deorumque, abactos esse... ideo nos absede piorum, cœtu concilioque abigi. » Il est curieux de comparer ces termes avec l'éioignement qu'exprime Tertullien : « Idololatria omnium ludomm mater est — quod euim spectaculum sine idolo, quis ludus sine sacriiicio? » (De Spectaculis, p. 369.)

(1) Iliade, XXIII, 630-679. Les jeux célébrés par Akastos en l'honneur de Pelias étaient renommés dans Tancienne épopée (Pausan. V, 17, 4 ; Apollod.1,9,28).

(2) Strabon, IX, p. 421 ; Pausan. X, 7, 3. Les premiers jeux Pythiens célébrés par les Amphiktyons après la Guerre Sacrée procurèrent au vainqueur une récompense matérielle (un àyoïv XpruiaTiTT,;); dans les jeux suivants ou seconds jeux Pythiens, il ne futdonné qu^une récompense honoraire, à savoir une couronne de feuilles de laurier (àywv aTgçaviTYjç) : les premiers coïncident avec rOlympiade 48, 3; les seconds avec TOlympiade 49, 3.

Cf. Schol. ad Pindar. Pyth. Argument.; Pausan. X, 37, 45; Krause, Die Pythien, Nemeen und Isthmien, sect. 3, 4, 5.

L'hymne homérique à Apollon est composé à une époque antérieure à la Guerre Sacrée, où Krissa était floris-

Les jeux Olympiques, plus marquants que les jeux Pythiens aussi bien que considérablement plus anciens, sont remarquables aussi pour un autre motif, en tant qu'ils fournirent aux calculateurs historiques le plus ancien souvenir de temps continu en remontant dans le passé. Ce fut dans l'année 776 av. J.-C. que les Eleiens inscrivirent le nom de leur compatriote Korœbos comme vainqueur dans la lutte de la course, et qu'ils instituèrent les premiers l'usage d'inscrire de la même manière, au retour de chaque année olympique ou cinquième année, le nom du coureur qui gagnait le prix. Cependant, même longtemps après ce fait, les jeux Olympiques semblent être restés une fête locale ; le prix étant uniformément obtenu, pendant les douze premières Olympiades, par quelque compétiteur soit d'Elis, soit de son voisinage immédiat. Les jeux Néméens et Isthmiques ne devinrent connus ou fréquentés que postérieurement aux jeux Pythiens. Solôn (1), dans sa législation, annonçait la forte récompense de 500 drachmes pour tout Athénien qui

santé; il est plus ancien que les jenx Pythiens célébrés par les Amphiktyons.

(1) Plutarqnc, Solôn, 23. L'Agôn Isthmique était dans une certaine mesure une fête qui avait une ancienne origine athénienne ; car parmi les nombreuses légendes relatives à sa première institution^ Tune des plus connues le représentait comme ayant été fondé par Thêseus après sa victoire sur Sinis à risthme (V. Schol. ad Pindar. Isthm.

Argum. ; Pausan. II, 1, 4), 'ou sur Skeirôn (Plut. Thêseus, c. 25), Plutarque dit qu'ils furent établis pour la première fois par Thêseus comme jeux funèbres en l'honneur de Skeirôn, et Pline fait le même récit. (H.

N. VII, 57). Selon Hellanicus, les Théôres athéniens aux jeux Isthmiques avaient une place privilégiée (Plut.

Il y avait donc une bonne raison pour que Solôn désignât les vainqueurs

aux jeux Isthmiques coratne devant être spécialement récompensés, sans mentionner les vainqueurs aux jeux Pythiens et Néméens, ces derniers jeux n'ayant pas acquis alors ime importance hellénique. Diogène Laërte (I, 55) dit que Solôn établit des récompenses, nonséulement aux jeux Olympiques et Isthmiques, mais encore àvàXoyov èni Tc5v àXXwv, ce que Krause (Pythien, Nemeen und Isthmien, sect. 3, p. 13) suppose être la vérité , selon moi , avec très -peu de probabilité. La piquante invective lancée contre Themistoklês par Timokreôn, qui l'accuse entre autres choses de ;ne fournir que de la viande froide aux jeux Isthmiques ( ""lo-Ô- {xoi ô' èrcavôoxeue yeXoiwç ^\iX9°^ '^P^* Tcapéxwv. Plut. Themist. c. 21), semble impliquer que les visiteurs athéniens, dont les Théôres étaient chargés de prendre soin à ces jeux, étaient nombreux.

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