‹ Histoire de la Gréce depuis les temps les plus reculés jusqu'a la fin de la géneration contemporaine d'Anglais (volume 2)Chapitre 40 sur 86 · HABITUDE DE SACRIFIER EN COMMUN · texte numérisé non relu

HABITUDE DE SACRIFIER EN COMMUN

gagnerait un prix olympique, et la somme moins élevée de 100 drachmes pour un prix isthmique. Il compte le premier pour une distinction et une gloire panhelléniques, ornement même pour la ville dont le vainqueur était membre, et le second comme partiel et limité au voisinage.

^Nous ne pouvons prendre sur nous de parler des commencements de. ces grandes solennités, si ce n'est d'une manière mythique ; nous ne les connaissons qu'au moment de leur maturité relative. Mais l'habitude de sacrifices en commun, sur une petite échelle et entre voisins rapprochés, fait partie des plus anciennes coutumes de la Grèce. Le sentiment de fraternité qui existait entre deux tribus ou villages se manifesta d'abord par l'envoi d'une ambassade sacrée ou theôria (1), chargée d'ofiFrir des sacrifices aux fêtes l'une de l'autre et de prendre part aux divertissements qui les suivaient; ainsi était établie une trêve avec garantie solennelle; et chacune des tribus se mettait en rapport direct avec le dieu de l'autre en l'invoquant par son surnom local approprié. L'union pacifique cimentée ainsi et les progrès de la sécurité dans les relations réciproques, à mesure que la Grèce sortit de la turbulence et de la disposition à combattre qui carac- . térisaient l'époque héroïque, agirent spécialement en étendant la sphère de cette ancienne habitude. Les fêtes de village devinrent des fêtes de ville, très-fréquentées par les citoyens d'autres villes, et quelquefois avec des invitations spéciales envoyées à la ronde pour attirer des théôres de toutes les communautés helléniques; et c'est ainsi que ces assemblées humbles dans l'origine parvinrent insensiblement à la pompe et à l'immense affluence des jeux Olympiques et Pythiens. La ville qui administrait ces cérémonies sacrées jouissait d'inviolabilité pour son territoire pendantlemois de

(l]r Dans beaucoup d'États ^ecs (tels ils étaient choisis pour l'occasion spéqu'iEgina, Mantineia, Trœzen, Tha- ciale (V. Thucyd. V, 47 ; Aristot. Poses, etc.), ces Théôres formaient un col- lit. V, 8,3. G. Muller, ^ginetica, lége permanent, et semblent avoir été p. 135 ; Demosth. de Fais. Leg. investis de fonctions étendues relatives p. 380). aux cérémonies religieuses ; à Athènes

leur retour, obligée elle-même dans ce temps de s'abstenir de toute agression, aussi bien que de notifier par des hérauts (1) le commencement de la trêve à toutes les autres cités qui n'étaient pas en hostilité déclarée avec elle. Elis imposa de lourdes amendes à d'autres villes, même à la puissante Lacédsemone, pour avoir violé la trêve Olympique, sous peine d'exclusion de la fête en cas de non-payement.

Parfois cette tendance à une fraternité religieuse prenait une forme appelée amphiktyonie, différant de la fête commune. Un certain nombre de villes entraient dans une association religieuse exclusive, pour la célébration de sacrifices offerts périodiquement au dieu d'un temple particulier, que l'on supposait être la propriété commune sous la protection commune de tous, bien qu'une seule des villes fût chargée souvent de l'administration permanente, tandis que les autres Grecs étaient exclus. Il a dû y avoir une foule d'associations religieuses de cette sorte, qui n'ont jamais obtenu de place dans l'histoire, parmi les anciens villages grecs; c'est ce que nous pouvons inférer de Tétymologie du mot (amphiktyons (2) veut dire habitants des alentours, ou voisins, considérés sous le point de vue d'associés religieux), aussi que bien des indications qui nous ont été conservées relativement à diverses parties du pays. Ainsi il y avait une amphiktyonie (3) de sept cités dans l'île sainte de Kalauria, tout près du port de Trœzen. Hermionê, Epidauros, ^gina, Athènes, Prasiœ, Nauplia et Orchomenos entretenaient conjointement le temple et le sanctuaire de Poséidon dans cette île (à laquelle il semblait que la cité de Trœzen, bien que toute voisine, ne se rattachait en rien); elles s'y réunis-

(1) Relativement à la trêve sacrée, Pind. Isthm. Il, 35. — Swovôoçopoi —

olympique, isthmique, etc., annoncée xdpwxe; wpàv. — Thucyd. VIII, 9-10,

formellement par deux hérauts cou- est aussi particulièrement instructif

ronnés de fleurs et envoyés par la ville quant à Tusage et au sentiment,

qui administrait les jeux, trêve à pro- (2) Pindare, Isthm. III, 26 (IV, 14);

pos de laquelle on jouait beaucoup de Kern. VI, 40.

tours, V. Thucyd. V, 49 ; Xénophon, (3) Strabon, Vm, p. 374. HeUen. IV, 7, 1-7 ; Plut. Lycurg. 23 ;

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