‹ Histoire de la Gréce depuis les temps les plus reculés jusqu'a la fin de la géneration contemporaine d'Anglais (volume 2)Chapitre 43 sur 86 · SURVEILLANCE DU TEMPLE DE DELPHES · texte numérisé non relu

SURVEILLANCE DU TEMPLE DE DELPHES

cienne, l'un des nombreux exemples de l'habitude primitive de fraternisation religieuse, mais plus étendue et plus compréhensive que le reste ; d'abord purement religieuse, puis religieuse et politique à la fois; enfin plus politique que religieuse; très-importante dans l'enfance de la Grèce, mais peu appropriée à sa maturité, et appelée à une action réelle seulement dans de rares occasions, quand il arrivait que son action efficace coïncidait avec les vues d'Athènes, de Thèbes ou du roi de Macedonia. Dans ces moments spéciaux, ce conseil brille d'un éclat passager qui explique en partie le titre imposant que lui donne Cicéron : « Commune Gracia concis livM (1) » ; mais nous dénaturerions complètement l'histoire grecque, si nous le regardions comme un conseil dirigeant habituellement ou habituellement obéi. S'il avait existé un tel « Commune concilium »» doué de sagesse et de patriotisme passables, et si les tendances de l'esprit hellénique avaient été capables de s'y adapter, tout le cours de l'histoire grecque postérieure aurait été probablement changé; les rois macédoniens seraient restés seulement des voisins respectables, empruntant à la Grèce sa civilisation et employant leur énergie militaire contre les Thraces et les Illyriens; tandis que la Hellas unie aurait pu même défendre son propre territoire contre les légions conquérantes de Rome. Les douze races amphiktyoniques constitutives restèrent sans changement jusqu'à la Guerre Sacrée contre les Phokiens (355 av. J.-C); après quoi, bien que le nombre de douze fût maintenu, les Phokiens furent privés de leurs privilèges, et leur vote transféré à Philippe le Macédonien. Il ' a déjà été dit que ces douze membres n'épuisaient pas tout le- nombre des peuples helléniques. Les Arkadiens, les Eleiens, les Pisans, les Minyse, les Dryopes, les -^toliens, tous Hellènes purs, n'y sont pas compris; mais tous avaient

(1) Cicéron , De Invent. II , 23. La ampbîktyonies du monde heUéniqne en

description de Denys d^Halioarnasse général, V. Wachsmuth, HeUeniftche

(Ânt. Rom. IV, 25) dépasse encore plus Alterthnmskunde, vol. I, sect. 22, 24,

la réalité. 25; et O.-F. Hermaun, Lerbuch der

Au sujet des fôtes communes et des Griech. StaatsalterthUmer, sect. 11-13.

droit de se servir du temple de Delphes et de lutter dans les jeux Pythiens et Olympiques. Les jeux Pythiens, célébrés près de Delphes, étaient sous la surveillance des Amphiktyons (1), ou de quelque magistrat en fonction choisi par eux et censé les représenter. Comme les jeux Olympiques, ils revenaient tous les quatre ans (l'intervalle entre une célébration et une autre étant de quatre années complètes, ce que les Grecs appelaient une Pentaetèris) ; les jeux Isthmiques et les Néméens revenaient tous les deux ans. Dans Thumble forme qu'elle avait d'abord, comme lutte entre bardes chantant un hymne en l'honneur d'Apollon, cette fête avait sans doute une antiquité immémoriale (2) ; mais c'est seulement à partir du temps où elle vint à être présidée par les Amphiktyons, à la fin de la Guerre Sacrée contre Kirrha, que pour la première fois elle acquit de la notoriété dans tout le corps hellénique (comme je l'ai déjà fait remarquer); que pour la première fois elle multiplia les sujets proposés au concours, et que pour la première fois elle intro-

(1) Pliitarque, Sympos, VII, 5, 1.

(2) Dans cette phase' reculée de la fête pythienne, on dit c[u*elle a été célébrée tous les huit ans, marquant ce que nous appellerions une octaetêris, et que les anciens Grecs nommaient une ennaêteris (Censorinus, De Die Natali, c. 18). Cette période est d'une grande importance relativement au principe du calendrier grec ; car 99 mois lunaires coïncident, à très-peu de chose près, avec 8 années solaires. Censorinus attribue la découverte de cette coïncidence à Kleostratos de Tenedos, dont on ne connaît pas directement Tépoque; il doit être antérieur à Meton, qui découvrit le cycle de dix-neuf années solaires, mais non pas de beaucoup, à ce que j'imagine. Malgré l'autorité d'Ideler, il ne me semble pas prouvé, et je ne puis non plus croire que cette période de huit années avec sa coïncidence solaire et lunaire iÛt connue des Grecs

dans les temps les plus reculés de leur antiquité mythique, ni avant l'an 600 avant J.-C. V. Ideler Handbuch der Chronologie, vol. I, p. 366; vol. H, p. 607. Aucune preuve ne démontre l'antiquité de l'usage qu'avaient les Eleiens de célébrer les jeux Olympiques alternativement après le quarante -neuvième et le cinquantième mois lunaire, bien qu'il soit attesté pour une époque * postérieure par le Scholiaste de Pindare. Le fait du retour d'ancieniles fêtes tous les huit ans ne fait pas connaître les propriétés de la période de l'octaetêris ou de l'ennaêteris : il ne me paraît pas non plus que les détails de la ôaçvYiçopta bœôtienne, décrits dans Proclus ap. Photium, sect. 239, soient très -anciens. Sur l'ancienne octaetfeis mythique, V. 0. MiiUer, OrchomenoBy p. 218 sqq.^ et Krause, Die Pythien, Nemeen und Isthmien, sect. 4, p. 22-

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