CONFÉDÉRATION DES VILLES THESSALIENNES
cours supérieur du fleuve Peneios. Telle était la classiflcation politique de la puissance thessalienne, faite pour convenir à une époque où les villes séparées étaient maintenues dans une action harmonieuse par des circonstances favorables ou par quelque ascendant individuel et énergique ; car leur union était en général interrompue et irrégulière, et nous trouvons certaines villes se tenant à l'écart pendant que les autres allaient à la guerre (1). Bien que toutes reconnussent en théorie un certain lien politique et des obligations de diverses espèces à l'égard d'une autorité commune, et qu'un chef ou Tagos (2) fût nommé pour imposer l'obéissance, cependant il arrivait fréquemment que les disputes des cités entre elles empêchaient le choix d'un Tagos ou le forçaient à quitter le pays et réduisaient l'alliance à n'être guère que nominale. Larissa, Pharsalos (3) et Pherae, chacune avec son groupe de villes dépendantes coname secondaires, semblent avoir été presque sur un pied d'égalité quant à la force et déchirées toutes par des factions intestines, de sorte que non-seulement la suprématie sur des sujets communs se relâcha, mais même les moyens de repousser des envahisseurs furent fort afiaiblis. La dépendance des Perrhaebiens, des Magnêtes, des Achaeens et des Maliens pouvait dans ces circonstances être souvent lâche et légère. Mais la condition des Penestae, qui occupaient les villages appartenant à ces grandes cîtés, dans la plaine centrale de la Pelasgiôtis et de la Thessaliôtis, et d'où les Aleuadae et les Skopadae tiraient leur surabondance de produit foncier, cette condition, disons-nous, ne fut nullement
(1) Diodore, XVIII, 11 ; Thucyd. n,
(2) L^inscription n? 1770 du Corpus Inscript, de Boeckh contient une lettre du consul romain, Titus Quinctius Flamininus, adressée à la ville de Kyretias (au nord d'Atrax dans la Perrhsebia).
La lettre est adressée KupsTiécov toTc Tayoï; xal t^ «oXsi : le titre de Tagi semble ainsi avoir, été donné aux ma-
gistrats des villes thessaliennes séparées. Dans les inscriptions de Thaumaki (n- 1773-1774) on lit le titre àpxovTec, non Tayoï. Le titre xaybç était particulier à la Thessalia (Pollux, I, 128).
(3) Xénophon, HeUen. VI, 1, 9; Diod. XIV, 82; Thucyd. 1, 3. Hérod.
VII, 6, appelle les Aleuadœ 6e(T(TaXCT]c
adoucie, si même elle ne fut pas aggravée par ces divisions constantes. Il ne manqua pas non plus de cas où les mécontents de cette classe sujette furent employés par des membres de Foligarchie indigène (1), ou même par des États étrangers, dans le but d'effectuer des révolutions politiques. « Quand la Thessalia a son Tagos, tous les peuples voisins lui payent tribut ; elle peut mettre en campagne six mille cavaliers et dix. mille hoplites ou infanterie pesamment armée (2), »» faisait remarquer Jason, despote de Pherae, à Polydamas de Pharsalos , quand il tàchailrlie le déterminer à seconder ses prétentions à cette dignité. On réalisait alors avec les arrérages l'impôt, vraisemblablement considérable, dû par les tributaires, et l'on appliquait en toute rigueur les droits sur les importations dans les ports du golfe de Pagasae, droits imposés au bénéfice de la confédération; mais la remarque prouve que, si la Thessalia unie par la concorde était très-puissante, ses périodes de concorde n'étaient qu'accidentelles (3). Parmi les nations qui payaient ainsi tribu à la puissance thessalienne dans sa' plénitude, nous pouvons compter non-seulement les Perrhaebi, les Magnêtes^ et les Achaeens de la Phthiôtis, mais encore les Maliens et les Dolopes, et diverses tribus d'Epirotes s' étendant à l'ouest du Pindos (4). Nous pouvons faire remarquer qu'ils étaient tous (à l'exception des Maliens) armés de javelines ou armés à la légère, ne servant pas
(1) Xénoph. Memorab. I, 2, 24; Hellenic. II, 3, 37. La perte de la comédie d'Ëiipolis appelée IfoXsiç (Y. Meineke, Fragm. comic. Grœc. p. 613) nous empêche probablement de oomprendre le sarcasme d^ Aristophane (Yesp. 1263) au sujet de la tcapanoéo*èetoL d'Amjnias chez les Penestœ de Pharsalos ; mais l'incident auquel il 7 est fait aUusion ne peut avoir rien à £ûre avec la conduite de CritÎAS, tonobée par Xënophon.
<2) Xénophon,HeUea. VI, 1, 9-12.
(3) Démosth. Olynth. I, oh. 3, p.l5i
II, ch. 5, p. 21. L'orateur avait occssio^ de dénoncer Philippe pour s'être emparé de Pautorîté publique de Is confédération thessalienne, en partie par Fintrigue, en partie par la force, et nous apprenons par là à connaître lei Xi(<ivec et les àyop^^ ^^ foxnuient le revenu de la confédération.
<4) Xénophon (HeUen. YI, 1, 7) compte les Mapaxol parmi ces tribataires aveo les Dolopes : les Maraccs sont nommés par Pline (H. K. lY, 3) aussi avec les Dolopea, mais nous igooroBf oit ils habitaient.
RACES AMPHIKTYONIQUES 191
en rangs avec la panoplie complète, fait qui, en Grèce, compte comme une preuve présomptive d'une civilisation moins avancée; les Magnétos aussi avaient un costume étroit particulier, probablement approprié aux mouvements dans une contrée montagneuse (1). Il y eut même un temps où la puissance thessalienne menaça de s'étendre au sud des Thermopylse et de subjuguer les Phokiens, les Dôriens et les Lokriens. Les Phokiens furent tellement alarmés de ce danger, qu'ils avaient construit un mur en travers di> défilé des Thermopylse afin de le défendre plus aisément contre l'invasion de? Thessaliens , qui , dit-on, p avaient pénétré plus d'une fois dans les vallées de la Phokis et avaient essuyé quelques rudes défaites (2).. A quel moment précis ces événements arrivèrent-ils, nous n'avons, sur ce point aucun renseignement; mais ils doivent avoir précédé de beaucoup l'invasion de Xerxês, puisque Léonidas trouva en ruines le mur de défense qui avait été construit aux Thermopylae par les Phokiens. Mais ces derniers, bien qu'ils n'eussent plus senti la nécessité d'entretenir le mur, n'avaient pas cessé de craindre et de haïr les Thessaliens, antipathie que l'on verra se manifester d'une manière palpable et se rattacher à l'invasion des Perses. En somme, la résistance des Phokiens fut heureuse, car la puissance Thessalienne ne s'étendit jamais aa sud du défilé (3).
On se rappellera que ces anciennes races différentes » Perrhœbi, Magnêtes, Achseens, Maliens, Dolopes, bien que tributaires des Thessaliens, conservaient encore leur privilège amphiktyonique et étaient considérées comme des Hellènes légitimes : tous ces peuples , excepté les Maliens, sont en effet mentionnés dans l'Iliade. Nous aurons rarement occasicm de beaucoup parler d'eux dans le cours de cette histoire ; on les trouve du côté de Xerxês , surtout par contrainte, dans son attaque dirigée contre la Grèce, et presque
(1) Xénophon, HeUeiu YI, 1,9; Pin- siliens à Ecrènoi près de Leoktni tm
daro, Pyth. IV, ao. Ba6tia (Païusn. IX, 13, 1) n'est md-
^) Hérodote, VU, 176 ; Vm, 27-28. lement probable. (3) Le récit d'une invuimi èe The»-
indifférents à la lutte entre Sparte et Athènes. Il semble raisonnable de croire que les Achaeens de la Phthiôtis sont une partie de la même race que les Achaeens du P.éloponèse, bien que nous ne découvrions pas de preuve historique pour le démontrer d'une manière authentique. La Phthiôtis Achaeenne est le séjour d'Hellên, le patriarche de la race entière , de la Hellas primitive , regardée par quelques-uns comme une ville, par d'autres comme un district de quelque étendue; c'est aussi la demeure du grand héros national Achille. Sa connexion avec les Achaeens du Péloponèse ressemble à celle de la Dôris avec les Dôriens du Péloponèse (1).
Nous avons encore à mentionner une autre parenté ethnique, dont la date et les circonstances ne nous sont données que sous une forme mythique , mais qui semble néanmoins être en elle-même une réalité, celle des Magnétos habitant le Pélion et TOssa, avec les deux divisions des Magnêtes asiatiques, ou Magnesia du mont Sipylos et Magnesia du fleuve Maeandros. Ces deux villes homonymes en Asie furent, dit-on, fondées par des migrations de Magnêtes thessaliens, dont un corps fut consacré au dieu de Delphes et choisit un nouveau séjour d'après ses ordres. Suivant un récit, ces émigrants étaient des guerriers revenant du siège de Troie; suivant un autre, ils cherchaient de nouvelles demeures pour échapper aux Thesprotiens qui avaient envahi la thessalia. Il y avait un troisième récit, d'après lequel les Magnêtes thessaliens eux-mêmes étaient représentés comme des colons (2) venus de Delphes. Bien que nous ne puissions tirer de ces légendes aucun fait positif et distinct , nous pouvons néanmoins admettre la connexion de race entre les Magnêtes thessaliens et les Magnêtes asiatiques, aussi bien
(1) Un récit rapportait que ces Conon, Narrât. 29; Strabon. XTV, Achœens de Phthia étaient venus dans p. 647.
le Péloponèse avec Pélops, et s'étaient Hoeckh (Krêta, 1. m, vol. II, p. 409)
établis en Laconie (Strabon, YIII , essaye (avec peu de succès, à mon avis)
-p. 365). de ramener ces récits à la forme d'une
(2) ATistote,ap. Athenœ. IV, p. 173; histoire réelle.
LES MALIENS
que l'état de dépendance respectueuse des deux peuples, manifestée dans cette filiation supposée, vis-à-yis du temple de Delphes. Quant aux Magnêtes en Krête , que Platon dit éteints depuis longtemps à son époque, nous ne pouvons pas absolument vjérifier même leur existence.
Quant aux Maliens , Thucydide en mentionne trois tribus (ysviî), comme existant de son temps, les Paralii, les Hierês (prêtres), et les Trachinii, ou hommes de Trachin (1) ; il est possible que les seconds aient été possesseurs du lieu sacré où se tenaient les assemblées amphiktyoniques. Le fait que les hoplites ou infanterie pesamment armée prévalaient chez les Maliens indique que nous passons d'habitudes thessaliennes à des habitudes helléniques plus méridionales ; les Maliens reconnaissaient toutes les qualités requises pour faire un citoyen dans tout homme qui avait servi ou qui servait dans les rangs avec son armure complète (2). Toutefois la panoplie n'était probablement pas parfaitement appropriée aux régions montagneuses dont ils étaient entourés ; car, au commencement de la guerre du Péloponèse, les montagnards hostiles de la région voisine de l'Œta les avaient tellement harcelés et écrasés dans la guerre, qu'ils furent forcés de se
(1) Thucyd. III, 92. La distinction faite par Skylax (c. 61) et Diodore (XVIII, 11) entre MyiXteT; et MaXisiç (les derniers attenant aux premiers au nord) paraît inadmissible, bien que Letronne la défende encore (périple de Marcien d'Héraclée, etc., Paris, 1839, p. 212.
Au lieu de MaXieTç, nous devons lire Aa[i.ieïç, comme le fait observer 0. Millier (Dorians, I, 6, p. 48).
Il est remarquable que l'importante ville de Lamia (la moderne Zeitun) ho soit signalée ni par Hérodote, ni par Tlîucydide, ni par Xénophon ; Skylax est le premier qui en fasse mention. La Toute que prit Xerxês pour se rendre aux Thermopylœ longe la cote d'Alos.
Les Lamieis (en admettant que ce
soit la leçon correcte) occupaient la côte septentrionale du golfe Maliaque, depuis la rive nord du Spercheios jusqu'à la ville d'Echinos, lieu où le D'. Cramer place les MyiXieTc IlapàXtoi, par erreur, à ce que je crois (Geography of Greece, vol. I, 6, 436).»
Il n'est pas improbable que Lamia acquît pour la première fois de l'importance pendant le cours des événements qui eurent lieu à la fin de la guerre du Péloponèse, lorsque les Lacédœmonien§, défendant Hêrakleia, attaquèrent les Achœens de la Phthiôtis, et même chassèrent les Œtœens de leurs demeures pendant un temps (V. Thucyd. VIII, 3;Diod. XIV, 38).
(2) Aristot. Polit. IV, 10, 10.
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jeter dans les bras de Sparte, et rétablissement de la colonie Spartiate d'Hêrakleia près de Trâchin fut le résultat de leurs pressantes sollicitations. Parmi ces montagnards, désignés sous le nom général d'Œtseens, les principaux étaient les ^nianes (ou Eniênes, comme ils sont appelés dans le Catalogue homérique aussi bien que par Hérodote), ancienne race amphicktyonique appartenant aux Hellènes (1), qui, dit-on, avait passé en Thessaliaet en Epeiros par plusieurs migrations successives , mais qui dans les temps historiques avait son établissement et sa capitale Hypata dans la vallée supérieure du Spercheios , sur le versant septentrional du mont Œta. Mais d'autres tribus étaient probablement comprises aussi dans ce nom, telles que ces tribus seoliennes, les Bomiens et les Kalliens, dont les demeures froides et élevées se rapprochaient du golfe Maliaque. C'est dans ce sens que nous devons comprendre le nom , comme renfermant toutes les tribus de pillards situées le long de cette chaîne étendue de montagnes, quand on nous parle du dommage causé par les CEtaeens tant aux Maliens à l'est qu'aux Dôriens au sud ; mais il y a quelques cas où le nom d'Œtaeens semble désigner expressément les ^Enianes, particulièrement quand on les mentionne comme exerçant le privilège amphiktyonique (2).
'La bonté du sol, l'abondance de l'humidité et l'exposition propice des pentes méridionales de l'Othrys (3) , surtout la vallée du Spercheios, rivière par laquelle s'écoulent toutes ces eaux, et qui produit tous les ans une inondation fertilisante, présentent un contraste marqué avec les masses
(1) Plut. Quœst. Grœc. p. 294.
' (2) Thucyd. m, 92-97; VIII, 3.
Xénoph. Hellen. I, 2, 18. Dans im autre passage, Xénophon distingue expressément les Œtœi et les ^nianes (Hellen. m, 5, 6). Diod. XIV, 38. JEsch.
De Fais. Leg. c. 44, p. 290.
(3) Sur la fertilité aussi bien que sur la beauté de cette vallée, V. D' Holland's Travels, eh. 17, vol. II, p. 108,
et Forchhammer (Hellenika, Griechenland, im neuen das Alte, Berlin, 1837).
Je ne suis pas d'accord avec Forchhammer quand il essaye de résoudre les mythes d'Hêraklês, d'Achille et autres en phénomènes physiques ; mais les descriptions qu'il fait des scènes et des attributs locaux sont au plus haut point animées et faites de main de maître.
LOKRIENS, PHOKIENS, DORIENS 195
stériles, rocailleuses et nues du mont Œta, qui forment un des côtés du défilé des Thermopylœ. Au sud du défilé, les Lokriens, les Phokiens et les Dôriens occupaient les montagnes et les passages qui se trouvaient entre la Tliessalia et la Bœôtia. La côte opposée au côté occidental de l'Eubœa, depuis le voisinage des Thermopylse jusqu'à la frontière bœôtienne à Anthêdôn , était possédée par les Lokriens, dont la ville frontière au nord, Alpêni, était limitrophe des Maliens. Il y avait cependant une bande étroite de la Phokis, la ville de Daphnos, où les Phokiens aussi touchaient à la mer eubœenne, qui brisait cette continuité et partageait les Lokrieas en deux sections, les Lokriens du mont Knêmis, ou Lokriens Epiknémidiens, et les Lokriens d'Opous (Oponte) ou Lokriens opontiens. La montagne appelée Knêmis, courant vers le sud parallèlement à la côte à partir de l'extrémité de rCEta, séparait la première section des Phokiens habitant l'intérieur et la vallée supérieure du Kêphisos; encore plus au sud, se* rattachant sans interruption au mont Ptôon au moyen d'une montagne intermédiaire aujourd'hui appelée Chlomo, elle séparait les Lokriens d'Opous des territoires d'Orchomenos, de Thêbes et d' Anthêdôn, les parties nord-est de la Bœôtia. Outre ces deux sections du nom Lokrien, il y en avait encore une troisième, complètement séparée et qui, disait-on, avait été colonisée par Opous, les Lokriens surnommés Ozolae, qui habitaient à part sur le côté occidental de la Phokis, le long de la côte septentrionale du golfe de Corinthe. Ils s'étendaient depuis Amphissa, qui dominait la plaine de Krissa et était à 7 milles (11 kilomètres) de Delphes, jusqu'à Naupaktos, près de l'entrée étroite du golfe ; cette dernière ville fut prise sur ces Lokriens par les Athéniens un peu avant la guerre du Péloponèse. Opous se vantait d'être la métropole du nom Lokrien, et les légendes de Deukaliôn et de Pyrrha y trouvaient*un berceau aussi bien qu'en Phthiôtis. Alpêni, Nikaea, Thronion et Skarpheia étaient des villes anciennes, mais sans importance , des Lokriens Epiknémidiens ; mais cette côte lokrienne dans toute sa longueur est célébrée pour sa beauté
et sa fertilité tant par les anciens observateurs que par les modernes (1).
Les Phokiens étaient bornés au nord par les petits territoires appelés Dôris et Dryopis, qui les séparaient des Maliens, au nord-est, à l'est et au sud-oitesl par les différentes branches des Lokriens, et au sud-est par les Bœôtiens. Ils touchaient à la mer Eubœenne (comme nous l'avons mentionné) à Daphnôs, point où elle se rapproche le plus de leur capitale Elateia; leur territoire comprenait aussi la plus grande partie de la haute et froide chaîne du Parnassos jusqu'à son extrémité méridionale, oiiune partie plus basse de cette chaîne, appelée Kirphis, se projette jusque dans le golfe de Corinthe, entre les deux baies d'Antikyra et de Krissa; cette dernière, avec sa plaine jadis fertile, était fort proche du rocher sacré d'Apollon Delphien. Delphes et Krissa. appartenaient toutes deux dans l'origine à la race phokienne. Mais la sainteté du temple> jointe à l'appui des Lacédsemoniens, mit les Delphiens en état de s'établir d'une manière indépendante en désavouant le lien qui les rattachait à la confrérie phokienne. Pour parler du' territoire, la partie la plus importante de la Phokis (2) consistait dans la vallée de la rivière Kêphisos, qui prend sa source dans le Parnassos, non loin de la ville phokienne de Lilaea, passe entre TOEta et Knêmis d'un côté et le Parnassos de l'autre, et entre en Bœôtia près de Chaeroneia, se jetant dans le lac
(1) Strabon, IX, p. 425 ; Forchhammer, HeUenika, p. 11-12. On parle quelquefois de Kynos comme du port d'Opous, mais c'était une ville particulière aussi ancienne que le Catalogue homérique, et de quelque importance dans les guerres postérieures de la Grèce, quand une position militaire vint à être plus appréciée qu'une célébrité légendaire (Tite-Live, XXVIII, 6; Pausan. X, 1, 1; Skylax, c. 61-62) ; le dernier compte Thronion et Knêmis ou Knêmides comme étant Phokiennes, non Lokriennes; ce qu'elles furent un
court espace de temps pendant la prospérité des Phokiens au commencement de la Guerre Sacrée, quoique non d'une façon permanente (iEsch. Fais. Légat, c. 42, p. 46). Ceci sert comme une des présomptions pour déterminer l'époque du périple de Skylax (V. les notes de Klausen ad Skyl. p. 269). Ces villes lokriennes étaient situées le long de l'importante route allant des Thermopylae à Elateia et en Bœôtia (Pausan. VII, 15, 2; Tite-Live, XXXIII, 3).
(2) Pausanias, X, 33, 4.
DÔRIS — DRYOPIS
Kôpaïs. C'était sur les chaînes de montagnes et de rochers qui se projetaient de chaque côté de cette rivière qu'étaient situées les nombreuses petites villes de la Phokis, Vingtdeux d'entre elles furent détruites et réduites à l'état de village par l'ordre des Amphiktyons après la seconde Guerre Sacrée; Abae (l'une du petit nombre de celles qui furent épargnées, si elle ne fut pas la seule) étant protégée par la sainteté de son temple et de son oracle. Parmi ces cités la plus importante était Elateia, située sur la rive gauche du Kêphisos et sur la route menant de Lokris en Phokis, direction naturelle d'une armée allant des Thermopylae en Bœôtia. Les villes (1) phokiénnes formaient une ancienne confédération qui tenait ses assemblées périodiques dans un temple situé entre Daulis et Delphes.
Le petit territoire appelé Dôris et Dryopis occupait le versant méridional du mont Œta, séparant la Phokis au nord et au nord-ouest des iEtoliens, des ^nianes et des Maliens. Ce que l'on appelait Dôris dans les temps historiques, et qui, du temps d'Hérodote, s'étendait à l'est presque jusqu'au golfe Maliaque, avait formé, dit-on, une partie de ce qui jadis était nommé Dryopis, territoire qui avait compris le sommet de l'Œta jusqu'au Spercheios au nord et qui avait été habité par une ancienne tribu hellénique appelée Dryopes. Les Dôriens acquirent leur établissement en Dryopis, grâce à un don d'Hèraklès, qui, de concert avec les Maliens (ainsi le disait là légende), avait expulsé les Dryopes et les avait contraints à trouver pour eux-mêmes de nouvelles demeures à Hermionê et à Asinê, dans la péninsule
(1) Pausan. X, 5, 1 ; Demosth. Fais.
Leg. c. 22-28 ; Diod. XVI, 60, avec la note de Wesseling.
Le dixième livre de Pausanias, bien que pins de la moitié en soit consacré à Delphes, nous dit tout ce que nous savons relativement aux villes moins importantes de la Phokis. Cf. aussi D' Crameras Gcography of Greece, vol. II, sect. 10 ; et Leake's Travels in
Northern Greece, vol. II, chap. 13.
Deux monuments funéraires du héros Phokien Schedios (qui commande les troupes phokiénnes au siège de Troie et est tué dans l'Iliade) marquaient les deux extrémités de la Phokis, Fune à Daphnos, sur la mer Eubœenne; Tautre à Antikyra sur le golfe de Corinthe (Strabon, IX, p. 425; Pausan. X, 36,4).
Argolique du Péloponèse, à Styra et à Karystos en Eubœa et dans Tîle de Kythnos (1) ; c'est seulement dans ces cinq endroits mentionnés en dernier lieu que l'histoire les reconnaît. Le territoire de la Dôris était réparti entre quatre petits municipes, Pindos ou Akyphas, Bœon, Kytinion et Erineon, dont chacun semble avoir occupé une vallée séparée appartenant à un des affluents du Kêphisos, les seuls étroits espaces de sol cultivé que présentait cette « petite et triste » région (2). En elle-même cette tétrapolis est si insignifiante que nous trouverons rarement occasion de la mentionner; mais elle acquit une importance factice, parce qu'on la considérait comme la métropole des grandes cités dôriennes dans le Péloponèse, et que, pour cette raison, elle recevait de Sparte une protection spéciale. Je ne touche pas ici cette série de migrations anté -historiques présentée par Hérodote et expliquée par le talent ingénieux aussi bien qu'embellie par l'imagination de 0. Millier, émigrations par lesquelles les Dôriens sont affiliés au patriarche de la race hellénique, sortant primitivement de la Phthiôtis pour aller en Histiaeôtis, ensuite au Pindos et enfin en Dôris. La résidence des Dôriens en Dôris est un fait qui se présente à nous au commencement de l'histoire, comme celle des Phokiens et des Lokriens dans leurs territoires respectifs.
Nous passons ensuite aux iEtbliens, dont les tribus extrêmes couvraient les hauteurs froides de l'Œta et du Korax, s' étendant presque en vue du golfe Maliaque, où elles confinaient aux Dôriens et aux Maliens, tandis que leurs tribus centrales et occidentales se prolongeaient le long de la frontière des Lokriens Ozoles jusqu'à la plaine unie, remplie de marais et de lacs, voisine de l'embouchure de TEuênos. Du temps d'Hérodote et de Thucydide, ils ne
(1) Hérodote, VIII, 31, 43, 46; Dio- la Diyopis, avec quelques points qui
dore, IV, 57 ; Arist. ap. Strab. VIII, me paraissent très -insuffisamment
p. 373. prouvés.
O. Millier (History of the Dorians, (2) IloXei; |xixpal xai Xu7rpôxu>poi,
b. 1, c. 11) a donné tout ce que l'on Strabon, IX, p. 427. peut savoir au' sujet de la Dôris et de
LES .ETOLIENS
semblent pas s'être étendus à l'ouest jusqu'à FAchelôos; mais postérieurement ce dernier fleuve, dans la plus grande partie de son cours inférieur, les séparait des Akarnaniens (1) ; au nord ils touchaient aux Dolopes et à un parallèle de latitude s'étendant au nord presque jusqu'à Ambrakia. 11' y avait trois grandes divisions du nom ^tolien : les Apodôti, les Ophioneis et les Eurytanes, dont chacune était subdivisée en plusieurs tribus de village différentes. La partie septentrionale du territoire (2) consistait en chaînes de montagnes très-élevées, et même, dans la partie méridionale, on trouve les montagnes Arakynthos, Kurion, Chalkis, Taphiassos, à une assez faible distance de la mer; tandis que les principales villes d'^tolia, Kalydôn, Pleurôn, Chalkis, semblent avoir été situées à l'est de l'Euênos, entre les montagnes que nous venons de mentionner et la mer (3). Les deux premières villes ont été considérablement ennoblies dans la légende, mais elles sont peu nommées dans l'histoire ; tandis qu'au contraire, la ville deThermos, capitale des iEtoliens historiques, et lieu où étaient convoquées l'assemblée et la fête collectives du nom yEtolien, pour le choix d'un général panaetolien , n'est mentionnée par personne avant Éphore (4). C'était en partie un renom légendaire, en partie
(1) Hérod. Vn, 126; Thucyd. II,
(2) V. le difficile voyage exécuté par Fiedler de Wrachori, au nord par Karpenitz, et ensuite à travers la portion nord-ouest des montagnes des anciens Eurytanes (la continuation méridionale du mont Tymphrêstos et de l'Œta), jusque dans la vallée supérieure du Spercheios (Fiedler's Reise in Griechenland, vol. I, p. 177-191), partie du voyage plus long de Missolonghi à Zeitun.
Skylax (c. 35) considère l'JEtolia comme s'étendant à l'intérieur jusqu'aux frontières des iËnianes sur le Spercheios (ce qui est tout à fait exact).
uËtolia Epiktêtos — H-éxpi t^« Olxataç, Strabon, X, p. 450.
(3) Strabon, X, p. 459-460. H y a cependant de grandes incertitudes relativement à la position de ces anciennes villes : Cf. Kruse, Hellas, vol. III, ch. 11, p. 233-255, et Brandstaeter, Geschichte des jEtolischen Landes , p. 121-134.
(4) Ephore, Fragm. 29, Marx. ap.
Strab. p. 463. La situation de Thermos, « l'acropolis pour ainsi dire de toute r^tolia, » placée dans un lieu dont une armée pouvait à peine approcher, peut, dans une certaine mesure, sinon complètement, être déterminée par la description que fait Polybe de la marche rapide de Philippe et de l'armée macédonienne pour la surprendre. Les cartes, tant de Kruse que de Kiepert,
une parenté ethnique (publiquement reconnue des deux côtés) avec les EleiensduPéloponèse, qui rendaient authentique le droit que les -^toliens prétendaient avoir au rang d'Hellènes. Mais la grande masse des Apodôti, des Eurytanes et des Ophioneis, dans leurs montagnes de l'intérieur, avait des mœurs si grossières et un langage si inintelligible (1) (qui n'était cependant pas un idiome barbare, mais un très-mauvais dialecte hellénique), que ce droit pourrait bien sembler contestable, et effectivement il fut contesté dans des temps plus récents, lorsque la puissance et les déprédations des -^toliens furent devenues odieuses à presque toute la Grèce. Et c'est probablement à cette différence de mœurs entre les ^toliens de la côte de la mer et ceux de l'intérieur, que nous devons rapporter une division géographique mentionnée par Strabon en ^Etolia ancienne, et en jEtolia Epiktêtos (ou acquise). Quand et par qui fut opérée cette division, c'est ce que nous ignorons. Elle ne peut avoir pour base aucune conquête, car les ^toliens étaient les hommes les moins faciles à conquérir ; et quand Éphore disait de toute la race aetolienne qu'elle n'avait jamais été réduite à l'obéissance par personne, cette affirmation est surtout incontestable relativement à la portion qui habitait l'intérieur des terres (2).
Attenant aux -/Etoliens étaient les Akarnaniens, les plus occidentaux des Grecs placés en dehors du Péloponèse. Ils s'étendaient jusqu'à la mer Ionienne, et semblent, à l'époque de Thucydide, avoir occupé les deux rives du fleuve Achelôos dans la partie inférieure de son cours, bien que la rive gauche paraisse dans la suite appartenir aux ^Etoliens, de sorte que le fleuve en vint à former entre les deux peuples
la placent trop au nord du lac Trichô- Xé^ovrai. Il semble que Thucydide
nis : celle de Fiedler la marque plus ne les avait pas vus lui-même et qu^il
exactement à Test de ce lac (Polyb. Y, n'avait pas conversé avec eux, mais il
7-8 ; cf. Brandstaeter, Geschichte des ne les appelle pas pàp6apoi.
jEtol. Landes, p. 133. (2) Ephore, Fragm. 29, éd. Marx.j
(1) Thucyd. III, 102. 'A-p^woroTaToi. Skymn. Chius, v.471 ; Strab. X,p.450. lï •^X&cadyt slaî , xal tt>(Ji.69aY0i (S>c
LOKRIENS OZOLES, JETOLÎENS ET AKARNANIENS 201
la limite souvent disputée et décidée par les armes. Les principales villes akarnaniennes, Stratos et Œniadœ, étaient toutes deux sur la rive droite ; la dernière dans le pays marécageux et inondé, voisin de son embouchure. Près des Akarnaniens, vers le golfe d'Ambrakia, on trouvait des nations barbares ou non helléniques, les Agrseens'etles Amphilochi. C'est au milieu de ces derniers, sur les bords du golfe d'Ambrakia, qu'était établie la colonie grecque appelée Argos Amphilochicon.
Au sujet des cinq subdivisions helléniques que nous venonsd'énumérer, Phokiens, Lokriens , Dôriens (de Dôris) , iEtoliens et Akarnaniens (parmi lesquels les Lokriens, les Phokiens et les iEtoliens sont compris dans le Catalogue homérique), nous avons àdire la même chose qu'au sujet des habitants dunord des Thermopylse ; il n'y a pas de renseignement relatif à elles depuis le commencement de la période historique jusqu'à la guerre des Perses. Même cet événement important ne met en mouvement que les Lokriens de la mer Eubœenne, les Phokiens et les Dôriens ; il nous faut attendre presque jusqu'à la guerre du Péloponèse avant que nous ayons besoin de renseignements relatifs aux Lokriens Ozoles, aux iEtoliens et aux Akarnaniens. Ces trois derniers peuples étaient incontestablement les membres les plus arriérés de l'agrégat hellénique. Bien que n'étant pas absolument sans ville centrale, ils vivaient dispersés dans des villages, se retirant, en cas d'attaque, sur des hauteurs inaccessibles, constamment armés et toujours prêts à attaquer et à piller quand l'occasion s'en présentait (1). Toute différente était la condition des Lokriens en face de l'Eubœa, des Phokiens et des Dôriens. C'étaient toutes des communautés régulières établies dans des villes, petites il est vrai et pauvres, mais non moins bien administrées que la moyenne des municipes
(1) Thncyd. I, 6 ; m, 94. Aristote, tcdXûv IIoXiTeta ( Aristotelis Renun
cependant, renfermait dans son consi- publicarum reliquiae , éd. Neumann^
dérable recueil de IIoXtTeiai une 'Axo^ p. 102; Strabon, VU, p. 321). vavaov IIoXiTEÎa aussi bien qu'une ^l-
grecs, et peut-être exemptes de ces violences individuelles qui troublaient si fréquemment la Thêbes bœôtienne ou les grandes cités de la Thessalia. Timée affirmait (contrairement, à ce qu'il semble, à la supposition d'Aristote) qu'aune époque reculée il n'y avait eu d'esclaves ni chez les Lokriens ni chez les Phokiens, et que le travail qui devait être fait pour des propriétaires l'était par des hommes libres pauvres (1) ; habitude qui, dit-on, se continua jusqu'à la prospérité temporaire de la Guerre Sacrée, quand le pillage du temple de Delphes enrichit tant les chefs Phokiens. Mais ce renseignement est donné trop brièvement et trop imparfaitement prouvé pour justifier aucune conclusion.
Nous trouvons dans le poëte Alkman (vers 610 av. J.-C.) le berger Erysichseen ou Kalydonien, nommé comme un type de rusticité grossière, l'antithèse de Sardis, où était né le poëte (2). Et parmi les prétendants que l'on représente comme venant demander en mariage la fille du Sikyonien Kleisthenês, on voit le Thessalien Diaktoridês de Krannôn, membre de la famille des Skopades, et l'^Etolien Malês, frère de ce Titormos qui surpassait en force musculaire tous les Grecs de son temps et qui, abandonnant l'humanité, s'était retiré dans les retraites les plus reculées de l'^tolia : cet ^tolien semble en quelque sorte mis en contraste avec le délicat Smindyridês de Sybaris, le plus efféminé des hommes. Hérodote introduit ces caractères dans le dramatique tableau qu'il fait de ces noces mémorables (3).
Entre la Phokis et la Lokris d'un côté, et l'Attique (dont il est séparé par les monts Kithserôn et Parnês) de l'autre, nous trouvons le territoire important appelé Bœôtia, avec ses dix ou douze cités autonomes, formant une sorte de confédération sous la présidence de Thêbes, la plus puissante d'entre elles. Même au sujet de ce territoire, destiné à jouer
(1) Timée, Fragm. XVII, éd. GoeUer; gixtù et Strabon y fait allusion, X, Polyb. XII, 6-7 ; Athénée, VI, p. 264. p. 460. V. Welcker, Alkm. Fragm. XI,
(2) Stephan.Byz. a conservé ce court et Bergk» Alk. Fr. XII. fragmentdesllapôeveïad' Alkman CEpy- (3) Hérodote, VI, 127.
ORCHOMENOS
pendant la seconde période de cette histoire un rôle si remarquable et si efficace, nous ne savons rien durant les deux premiers siècles qui suivent Tan 776 avant J.-C. Nous en avons quelque connaissance pour la première fois.à Toccasion des disputes qui s'élevèrent entre Thêbes et Platée vers Tan 520 avant J.-C. Orchomenos, au nord-ouest du lac Kôpaïs, est pendant toute la durée des temps historiques une des cités de la ligue bœôtienne, vraisemblablement la seconde après Thèbes. Mais j'ai déjà dit que les légendes orchoméniennes, le Catalogue et d'autres allusions dans Homère, et les traces d'un vaste pouvoir et d'une grande importance encore visibles dans l'époque historique attestent l'ancienne existence politique d'Orchomenos et son voisinage séparément de la Bœôtia(l). L'amphiktyonie dont Orchomenos faisait partie dans l'île sacrée de Kalauria, près de la péninsule argolique, semble montrer qu'elle a dû jadis avoir une marine et un commerce maritime, et que son territoire a dû toucher à la mer àHalse et à la ville de Larymna placée plus bas, près de la frontière méridionale de la Lokris; cette mer est séparée par un espace très-étroit de la; chaîne de montagnes qui unit le Knêmis et le Ptôon, et qui enferme à l'est et le bassin d'Orchomenos, d'Asplêdôn et de Kôpse, et le lac Kôpaïs. La migration des Bœôtiens passant de Thessalia en Bœôtia (fait que l'on représente comme une conséquence de la conquête du premier pays par les Thes-
(1) Voir une admiratle description topographique de la partie septentrionale de la Bœôtia, — le lac Kôpaïs et ses environs — dans les Hellénika de Forchhammer, p. 159-186, avec une carte explicative. Les deux tunnels, longs et difBciles à établir, construits par les anciens Orchoméniens et destinés à Pécoulement du lac, pour aider à l'insuffisance des Katabothra naturels, y sont très-clairement exposés : l'un va jusqu'à la mer, l'autre dans le lac voisin Hylikê, qui est entouré de hautes rives couvertes de rochers et peut recevoir plus d'eau sans déborder. Le lac
Kôpaïs est un bassin fermé recevant toute l'eau de la Dôris et de la Phokis par le Kêphisos.
Forchhammer pense que ce fat seulement la ressemblance du nom Itônea (dérivé de Ixéa, saule) qui donna naissance au récit d'une immigration de gens quittant Itônê en Thessalia pour se rendre dans la Bœôtienne Itônê (p. 148).
Le Catalogue Homérique présente Kôpœ, au nord du lac, comme Bœôtienne, mais non Orchomenos, ni Asplêdôn (Iliade, n, 602).
protiens) est communément regardée comme la force majeure qui rendit Orchomenos bœô tienne. Quelle qu'ait été la cause ou l'époque (soit avant, soit après 776 av. J.-C.) de cette transformation, nous trouvons Orchomenos complètement bœôtienne pendant toute la période historique connue, conservant toutefois encore ses légendes minyeiennes locales et exposée à la rivalité (1) jalouse de Thêbes, comme étant la seconde cité de la ligue bœôtienne. La route directe venant des défilés de la Phokis au sud dans la Bœôtia traversait Chaeroneia, laissant Lebadeia à droite et Orchomenos à gauche, et passait à la rive sud-ouest du lac Kôpaïs près des villes de Koroneia, d'Alalkomenae et d'Haliartos. Là se trouvait, entre le mont Helikôn et le lac, sur la route de Phokis à Thêbes, l'important poste militaire appelé Tilphôssion (2). Le territoire de cette dernière cité occupait la plus grande partie de la Bœôtia centrale au sud du lac Kôpaïs ; il comprenait Akraephia et le mont Ptôon, et probablement touchait à la mer Eubœenne, au village de Salganeus au sud d'Anthêdôn. Au sud-ouest^de Thêbes, touchant à l'extrémité sud-est de la Phokis en même temps que la ville phokienne de Bulis, était la cité de Thespise. Au sud de l'Asôpos, mais au nord du Kithaerôn et du Parnês, étaient Platée et Tanagra : à l'angle sud-est de la Bœôtia se trouvait Orôpos, sujet de fréquentes contestations entre Thêbes et Athènes ; et sur la route qui va de l'eubœenne Chalkis à Thêbes, était placée la ville de Mykalêssos.
A partir du moment où nous voyons la Bœôtia historique, nous trouvons une confédération qui embrasse tout le territoire; et pendant la guerre du Péloponèse les Thêbains invoquent ** les anciennes maximes constitutionnelles des Bœôtiens « comme justification de leur extrême rigueur, aussi bien que de la rupture déloyale de la paix, à l'égard des
(1) V.O. Millier^ Orchomenos, ch. 20, par le défilé de Koroneia, Ta icepî Kop. 418 sq. ptovstav orevà (Diod. XV, 52; Xenoph.
(2) V. Demosth. De Fais. Légat. Hell. IV, 3, 15), qu'Epaminondas oc- 0. 43-45. Une autre portion de cette cupa pour empêcher rinvasion de Kleom- Toute étroite est probablement indiquée brotos venant de Phokis.