‹ Histoire de la Gréce depuis les temps les plus reculés jusqu'a la fin de la géneration contemporaine d'Anglais (volume 2)Chapitre 6 sur 86 · POÈMES ATTRIBUÉS A HOMÈRE · texte numérisé non relu

POÈMES ATTRIBUÉS A HOMÈRE

que de son temps ^opinion générale attribuait à Homère çt les vers Cypriens et les Epigoni, bien que lui-même soit d'un

TouTO 5è, T^iptôov yàp tjv xat èffn êv aO-qi TTi àyopcf tûv Stxucoviwv 'AôpiQff- Tou Tou TaXaou, toutov è7ce6v[jLYi(Te d KXet(j8évr)ç, èovxa !\pYeTov, èxêaXeîv ex T^ç x^P"*!?' H^^Todote raconte ensuite comment Kleisthenês accomplit son projet de bannir le héros Adrastos :

d'abord il s'adressa à Apollon de Delphes pour obtenir la permission d'agir ainsi directement et ouvertement ; puis, cette permission lui étant refusée, il demanda aux Thêbains de l'autoriser à introduire dans Sikyôn leur héros Melanippos, l'ennemi acharné d' Adrastos dans la vieille légende thêbaine : sur leur consentement, il consacra une chapelle à Melanippos dans la partie la plus dominante de l'agora de Sikyôn, et transféra ensuite au héros nouvellement importé les rites et les fêtes célébrés auparavant en l'honneur d' Adrastos.

En rapprochant tous les points de ce conte très-curieux, je me hasarde à croire que les rhapsodes encoururent la disgrâce de Kleisthenês en récitant, non l'Iliade homérique, mais la Thêbaïs et les Epigoni homériques. La première ne répond pas aux conditions du récit ; les seconds poëmes les remplissent exactement.

I. On ne peut dire, même avec la plus grande latitude de langage, qu& dans l'Iliade « on ne chante guère autre chose qu'Argos et les Argiens » ( « in iUis ubique fere nonnisi Argos et Argivi celebrantur, » telle est la traduction de Sdiweighaeuser). La ville d' Argos j est rarement mentionnée, et jamais elle n'y est placée au premier rang; les Argiens ne sont jamais désignés comme habitants d' Argos séparément; ce nom, conjointement avec celui d'Achœens et de Danaens, n'est appliqué dans l'Iliade qu'au corps général des Grecs ; il leur est même ap- '

pliqué plus fréquemment que celui d'Achaeens.

2. Adrastos est mentionné deux fois, et deux fois seulement dans l'Iliade, comme maître du merveilleux cheval Areion et comme beau-père de Tydeus ; mais il ne figure pas dans le poëme et n'attire pas l'intérêt.

Aussi, quelque irrité qu'ait pu jamais être Kleisthenês contre Argos et Adrastos, il ne semble pas qu'il y eût de raison pour qu'il interdît aux rhapsodes de réciter l'Iliade. D'autre part , la Thêbaïs et les Epigoni ne pouvaient manquer de le provoquer spécialement.

En effet,

1. Argos et ses habitants étaient le sujet principal du poëme et les agresseurs déclarés dans l'expédition contre Thêbes. Bien que le poëme lui-même soit perdu, le premier vers en a été conservé (Leutsch, Theb. Cycl. Reliq.

p. 5 ; cf. Sophocle, Œd. Col. 380 et les Scholies) :

"Apyoç dteiSe, ôeà, iroXuÔi<I/tov, IvOcv àvaxxeç, etc.

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