‹ Histoire de la Gréce depuis les temps les plus reculés jusqu'a la fin de la géneration contemporaine d'Anglais (volume 2)Chapitre 7 sur 86 · Adrastos était roi d' Argos et chef de l'expédition · texte numérisé non relu

Adrastos était roi d' Argos et chef de l'expédition

Il est donc littéralement vrai qu'Argos et les Argiens étaient « le refrain du chant » dans ces deux poëmes.

A ceci nous pouvons ajouter :

1. Les rhapsodes avaient ordinairement le plus puissant motif pour réciter laThêbaiset les Epigoni à Sikyôn, où Adrastos était adoré «t jouissait d'une si grande popularité, et où il attira même à lui les solennités choriquea qui, dans d'autres villes, étaient réservées à Dionysos.

2. Le moyen que prit Kleisthenês pour se délivrer d' Adrastos indiqua qu'il songeait spécialement à la Thêbaïs : il appela de Thêbes le héros Melanippos, VHectâr de Thêbes dans ce même poëme.

ayis différent (1). Toutefois, c'est malgré un tel dissentiment que rhistorien doit avoir conçu que les noms d'Homère et d'Hésiode s'étendaient presque à tout l'ensemble de l'ancienne épopée ; sans quoi il eût difficilement prononcé son mémoraMe jugement, à savoir qu'ils étaient tous deux les auteurs de la Théogonie grecque.

On sait bien que beaucoup de villes différentes prétendaient avoir donné naissance à Homère (sept est plutôt audessous de la vérité, et Smyrna et Chios sont les plus importantes parmi elles), et la plupart de ces villes avaient à raconter des légendes touchant sa parenté romanesque, sa cécité alléguée, et sa vie de barde errant accoutumé à la pauvreté et au chagrin (2). Les différences dans les renseigne-

D'après ces raisons, nous pouvons

conclure, je pense, que les *0{XT)peia

liai auxquels il est fait allusion dans

. ce très -instructif récit d'Hérodote, sont

la Thêbaïs et les Epigoni, non l'Iliade.

Jl) Hérod. II, 117 ; IV, 32. Lesmots par lesquels Hérodote donne à entendre qu'il ne partage pas Topinion régnante sont regardés comme apocryphes par F.-A. Wolf, mais défendus par Schwcighaeuser : qu'on les admette ou non, le courant général de l'opinion que l'on signale est également évident.

(2) La vie d'Homère, qui passe faussement sous le nom d'Hérodote, renferme une collection de ces diverses histoires : on suppose qu'elle a été écrite vers le second siècle après l'ère chrétienne , mais les renseignements qu'elle fournit sont probablement en partie aussi anciens qu'Ephore (Cf. aussi Proclus ap. Photium, c. 239).

La croyance à la cécité d'Homère est sans doute d'une date beaucoup plus ancienne, puisque la circonstance paraît mentionnée dans l'hymne homérique à Apollon Dêlien, où le barde de Chios, dans quelques vers très-touchants, recommande sa personne et ses chants à la faveur des vierges de Dêlos

employées au culte d'Apollon. Cet hymne est cité par Thucydide comme incontestablement authentique, et sans doute il prenait les vers comme une description de la condition et des relations personnelles de l'auteur de l'Iliade et de rOdyssée (Thucyd. III, 104) :

Simonide de Keôs dit aussi qu'Homère est de Chios (Fragm. 69, Schneidewin) .

Il y avait aussi des récits représentant Homère comme le contemporain, le cousin et le rival en composition récitée d'Hésiode , qui (prétendait- on) l'avait vaincu. V. le Certamen Homeri et Hesiodi, annexé aux ouvrages du dernier (p. 314, éd. Goettling ; et Plut.

Conviv. Sept. Sapient. c. 10), où sont aussi disséminées diverses histoires relatives à la vie d'Homère. L'empereur Adrien consulta l'oracle pour savoir qui était Homère : la prêtresse répondit qu'il était natif d'Ithakê , qu'il avait pour frère Telemachos et pour mère Epikastê, fille de Nestor (Certam. Hom.

et Hes. p. 314). L'auteur de ce Certamen nous dit que l'autorité de l'oracle de Delphes mérite une confiance aveugle.

Hellanicus, Damaste et Phérécyde faisaient remonter et Homère et Hésiode jusqu'à Orpheus, par une généa-

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