RELATIONS DE PISA AVEC PHEIDÔN
chant au sol. C'est pour cela que la célébration des jeux Olympiques vint à être comptée parmi les obligations d'Elis, exactement de la même manière que le culte de Dêmêtôr éleusiniennç, quand Eleusis perdit son autonomie, fut compris au nombre des devoirs religieux d'Athènes. Toutefois, les Pisans n'acquiescèrent jamais de bon gré à cette absorption de ce qui avait été jadis leur privilège spécial. Ils conservèrent longtemps leur conviction que la célébration des jeux était leur droit et s'efforcèrent dans plusieurs occasions de le regagner. La plus ancienne de ces occasions, autant que nous pouvons le savoir, se rattachait à l'intervention de Pheidôn. Ce fut sur leur invitation que le roi d'Argos vint à Olympia et célébra les jeux lui-même, conjointement avec les Pisans, comme successeur direct d'Hêraklês ; tandis que les Eleiens, étant ainsi dépossédés par la force, refusèrent de comprendre la huitième Olympiade dans leur registre des coureurs victorieux. Mais leur humiliation ne dura pas longtemps; car les Spartiates prirent leur parti, et la lutte finit par la défaite de Pheidôn. Dans l'Olympiade suivante, on voit reparaître l'administration éleienne et l'enregistrement régulier comme auparavant. On dit même que Sparte confirma Elis dans la possession et de la Pisatis et de la Triphylia (1).
Par malheur ces chétives particularités sont tout ce que nous savons relativement au conflit armé qui ent lieu lors de la huitième Olympiade, conflit dans lequel les motifs de querelle religieux et politiques sont si intimement mêlés, comme nous en trouverons de nombreux exemples dans l'histoire grecque. Mais il y a de Pheidôn un acte encore plus mémorable, dont il ne nous est aussi panrvenu qu'une mention de peu d'importance. C'est lui qui le premier frappa de la monnaie de cuivre et d'argent à ^gina, et établit une
(1) Pausan. Y, 22, 2 ; Strabon, VIII, Olympiade, parait végiilièresnent daxa
p. 354^358.; Hérod. YI, 127. Le nom lesiistes; il doit avoir .été suppléé dans
du vainqueur (AiitiklèB le Meaoénien), la suite, cependant, appartenant à la huitième
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échelle de poids et de mesures (1) qui, grâce à son influence, finit par être adoptée dans tout le Peloponèse, et prit pied finalement à la fois dans tous les États dôriens, dans la Bœôtia, la Thessalia, la Hellas septentrionale en général et la Macedonia, sous le nom d'échelle ^ginaeenne. Il s'éleva dans la suite, en Grèce, une autre échelle rivale appelée TEuboïque, différant considérablement de T^ginseenne. Nous ne savons pas à quelle époque l'échelle euboïque vint , à la mode, mais elle était employée et à Athènes et dans les villes ioniennes en général, aussi bien qu'en Eubœa, étant modifiée à Athènes, en ce qui concernait la monnaie, par suite de l'altération que Solôn introduisit dans le monnayage. Les abondants et précieux renseignements contenus dans la récente publication de M. Boeckh sur la métrologie ont jeté une nouvelle lumière sur ces échelles de monnaies et de poids (2). Il a montré que les deux échelles aeginseenne et euboïque (la première étant à la dernière dans la proportion de 6 : 5) avaient cours à la même époque dans différentes parties de l'empire des Perses; les divisions et les dénominations de l'échelle étant les mêmes dans les deux, 100 drachmes pour une mine, et 60 mines pour un talent. Le talent, la mine et la drachme de Babylone sont identiques à ceux d'-^gina : le mot mine est d'origine asiatique ; et on a récemment montré avec une très-grande probabilité que l'échelle mise en circulation par Pheidôn était empruntée immédiatement des Phéniciens, et qu'elle l'avait été
(1) Hérodote, VI, 127; Ephor. ap.
Strab.Vm, p. 358-376.
(2) Metrologische Untersuchungen iieberGewichte, MUnzfusse und Maesse des Alterthums in ihrem Zusammenhange dargestellt, von Aug. Boeckh ; Berlin, 1838.
V. ch. 7, 1-3. Mais je ne puis partager Topinion de M. Boeckh, ni croire que Pheidôn, en célébrant les jeux Olympiques, ait tiré , du stade olympique et adopté formellement la mesure du pied^ ou qu'il ait jamais éta-
bli des mesures de longueur. En général, je ne pense pas que les conclusions de M. Boeckh soient bien prouvées, quant aux mesures grecques de longueur et de capacité. Dans un examen que j'ai fait de ce traité éminemment savant (inséré dans le Classical Muséum, 1844, vol. I) je me suis efforcé de faire ressortir à la fois les points nouveaux et intéressants établis par Fauteur et les autres divers points où il me paraissait avoir échoué. .
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