‹ Histoire de la Gréce depuis les temps les plus reculés jusqu'a la fin de la géneration contemporaine d'Anglais (volume 2)Chapitre 63 sur 86 · SYSTÈME MONÉTAIRE DE PHEIDÔN · texte numérisé non relu

SYSTÈME MONÉTAIRE DE PHEIDÔN

par eux des Babyloniens dans l'origine. Les échelles de poids chez les Babyloniens, les Hébreux, les Phéniciens, les Égyptiens et les Grecs (échelles qui furent adoptées dans la suite partout où l'argent monnayé fut introduit) se trouvent être presque si conformes qu on est autorisé à croire qu'elles ont toutes une origine commune, et que cette origine remonte au corps des prêtres chaldéens de Babylone. C'est à Pheidôn, et à sa position comme chef de la confédération argienne, que les Grecs doivent la première introduction de l'échelle de poids babylonienne et le premier emploi de l'argent monnayé et frappé.

Si nous examinons mûrement les actes peu nombreux, mais marquants de Pheidôn , qui nous ont été conservés et dont il n'y a pas lieu de douter, nous nous trouverons introduits dans un état historique du Péloponèse bien différent de celui auquel nous amènera un autre siècle. Ce qui prouve suffisamment qu'Argos, avec les villes attachées à elle par un lien fédératif, était à cette époque reculée sans contredit le pouvoir dominant dans cette péninsule, c'est l'établissement et l'admission des poids et mesures et du système monétaire de Pheidôn, tandis que les autres incidents mentionnés s'accordent complètement avec la même idée. Pour résister à l'oppression d'Elis, les Pisans invoquèrent Pheidôn, en partie comme exerçant une suprématie dans le Péloponèse, exactement comme les habitants de Lepreon en Triphylia (1), trois siècles plus tard, demandèrent l'aide de Sparte pour le même objet, à une époque où cette ville possédait la suprématie, et en partie comme étant le descendant direct d'Hêraklês, qui avait fondé ces jeux, dont l'administration leur avait été injustement enlevée. D'un autre côté, Sparte paraît comme une puissance de second ordre. L'échelle aeginaeenne de poids et de mesures y fut adoptée comme ailleurs (2), (les Dôriens messêniens

(1) Thucydide, V, 31. La mine, la drachme et Tobole d'iE-

(2) Plutarque, Apophthegm. Laconic. gina étaient les dénominations emp. 226 ; Dikœarque ap. Athenœ. FV, ployées pour les stipulations dans les p. 141. Etats du Péloponèse (Thucyd. V, 47),

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étaient encore égaux et indépendants), et :noru6 tronronfi Sparte intervenant pour assister Elis en vertu d'une obligation ayant son origine (ainsi le représente la légende) dans rimmigration commune setolo-dôrienne : nullement d'après une suprématie reconnue, telle que celle dont nous la verrons en possession ci-après. La première fabrication de mour naie de cuivre et d'argent est un événement capital dans l'histoire grecque, et on doit la regarder comme impliquant un commerce considérable aussi bien que ces vues étendues qui n'appartiennent qu'à une position saillante et supérieure. L'ambition qu'avait Pheidôn de reprendre toutes les acquisitions faites par l'auteur de sa race, Hêraklês, suggère une opinion aussi haute de sou pouvoir réel. Il est caractérisé conune despote et même comme le plus insolent de tous les despotes (1) : jusqu'à quel point méritait-il tine telle réputation, c'est ce que nous n'avons aucun moyen de juger. Nous pouvons faire remarquer, cependant, qu'il vivait avant l'époque des despotes ou des tjrrans proprement dits, et môme avant que la lignée des Hêraklides eût perdu son caractère primitif, demi-politique, demi-^'eligieux. De plus, les historiens postérieurs ont donné à ses actions une couleur d'agression exorbitante, en les appliquant à un état de choses qui appartenait à leur temps et non pas au sien. Ainsi Éphore le représente comme ayant enlevé aux Lacédaemoniens l'hégémonie du Péloponèse, qu'ils ne possédèrent jamais que longtemps après lui, et comme mettant au néant l'inviolabilité jurée du territoire des Eleiens, dont ces derniers jouissaient en qualité d'administrateurs des jeux Olympiques; tandis que l'Agonothesia, ou droit de surveillance réclamé par Elis, n'avait pas, à cette époque acquis la sanction de la prescription, et que, d'un autre côté, la conquête de Pisa par les Eleiens avait prouvé que cette fonction .sacrée ne protégeait pas le territoire d'un peuple plus faible.

'(1) Hérodx>te, YI, 127. ^sidcovoc toû Aristote citePheidÔii>iKimmenn;per-

'Aço[tua^ Tupàwou ^ toO (tgpHroMTOfi soDna^ qui, itent ^otmXsxtc, se fit

^ttrtet ^ii '£XXiQwciftv dncàvrdtv. Pauia- xupavYoç (Pûlitic. VJII, 8, 5). ^^-j nias (VI, 22, 2) copie i'ffiqpieisioii.

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