IMMIGRATION ^TOLO-DÔRIENNE DANS LE PÉLOPONÈSE. ELIS
LACONIE ET MESSÊNIA.
Immigration œtolienne dans le Péloponèse. — Dôriens de Sparte et de Stenyklêros — accompagnant ou snivant les iEtoliens quand ils franchirent le golfe de Corinthe. — Etablissement à Sparte opéré en marchant par les vallées de l'Alpheios et de TEurotas. — Causes qui favorisèrent leur établissement. — Etablissements limités d'abord à Sparte et à Stenyklêros. — Première apparition de Sparte historique. — Rois messêniens. — Les anciens act«s et des Spartiates et des Messêniens présentés d'une manière analogue. — Les rois de Stenyklêros ne possédèrent pas toute la Messênia. — Fête Olympique — l'ancien point de réunion des Spartiates, des Messêniens et des Eleiens. — Anciens habitants du Péloponèse méridional — combien ils diffèrent des Dôriens. — Dialecte dôrien et seolien.
Nous avons déjà dit que le territoire appelé Elis, hormis ragrandissement qu'il acquit par conquête , renfermait le pa:j's le plus occidental du Péloponèse, au sud de rAchaia et à l'ouest du mont Pholoé et de l'Olenos en Arkadia, mais ne s'étendant pas au sud jusqu'au fleuve Alpheios, dont le cours longeait la portion méridionale de la Pisatis et les frontières de la Triphylia. C^ territoire, qui paraît dans l'Odyssée comme « la divine Elis, où dominaient les Epeiens (1), >» est dans les temps historiques occupé par une population d'origine aetolienne. La connexion de race entre les Eleiens historiques et les ^toliens historiques était reconnue des deux côtés, et il n'y a pas non plus lieu de la contester (2).
(1) Odyss. XV, 297. (2) Strabon, X, p. 479.
Que des envahisseurs ou des immigrants aetoliens venant en Elis aient passé de Naupaktos ou de quelque point voisin dans le golfe de Corinthe, c'est dans la marche naturelle des choses, et telle est la route que, suivant la légende hêraklide, prit Oxylos, le conducteur de Tinvasion. Cette légende (comme on l'a déjà raconté) introduit. Oxylos comme le guide des trois frères Hêraclides, Têmenos, Kresphontês et Aristodêmos, et comme stipulant avec eux que dans la nouvelle distribution du Péloponèse qui aurait bientôt lieu, il lui serait accordé de posséder le territoire éleien, joint à beaucoup de saints privilèges quant à la célébration des jeux Olympiques.
Dans le chapitre précédent, j'ai taché de montrer que les établissements des Dôriens dans la péninsule Argolique et auprès, autant que nous pouvons en juger par les probabilités que présente le cas, ne furent pas le résultat de quelque invasion dans cette direction. Mais les localités occupées par les Dôriens de Sparte et par ceux de Stenyklêros dans le territoire appelé Messênê, nous amènent à une conclusion différente. La route la plus aisée et la plus naturelle par laquelle des immigrants pouvaient arriver à l'un ou à l'autre de ces deux endroits, c'est de passer par le pays éleien etlaPisatis. Le colonel Leake fait observer (1) que la route directe du territoire éleien à Sparte, en montant la vallée de l'Alpheîos près d'Olympia jusqu'aux sources du Theios, bras de ce fleuve, et de là en descendant l'Eurotas, offre la seule route aisée pour parvenir à cette cité très-inaccessible ; et les anciens ainsi que lés modernes ont remarqué le voisinage de la source de l'Alpheios de celle de l'Eurotas. La position de Stenyklêros et d'Andania, établissements primitifs des Dôriens Messêniens, attenant aux Parrhasii Arkadiens, n'est qu'à une faible distance du cours de l'Alpheios; on y parvenait ainsi très-aisément par la. même route. Écartant l'idée
(L) Leake, Travels in Morea, vol. III, vit à Olympia, était de 660 stades, en-
oli. 23, p. 29 ; cf. Diodore, XV, 66. viron 77 milles anglais ■- 123 kilom.
La distance d'Olympia à Sparte, 900 met. (Pausan. VI, 16, 6). marquée sur ime colonne que Pausanîas