V. Meaoa; Strabon, VIII, p. 364; Hesych. v. nixàvr
Il y a beaucoup de confusion et de différence d'opinion au sujet des tribus Spartiates. Cragius eu admet six (De Eepubl. Lacon. I, 6);Meursias, huit (R^. Laoon.1, 7) ; Barthélémy (Voyage dii jeune Anaeharsis, IV, 185) en donne cinq. Manso a discuté le sujet d'une manière détaillée, mais, à mon avis, peu satisfaisante, dans le huitième appendice du premier livre de son Histoire de Sparte (vol. II, p. 125) ; et le second appendice du D'Thirlwall (vol. I,
p. 517) mentionne à la fois toutes les différentes opinions modernes sur ce point obscur, et ajoute plusieurs critiques utiles. La modique somme de preuves primitives que nous avons laisse beaucoup de place pour des hypothèses opposées, et peu de chance de parvenir à une conclusion certaine quelconque.
(2) Thucyd. I. 10.
(3) Un ou deux Periœld paraissent comme offipiers chargés d'un commandement milhaire vers la fin de la guerre duPéloponèse (Thucyd. VIH, 6, 22); mais ce semble être de rares exceptions, même quant au service étranger sur mer ou sur terre, tandis qu^un Periœkos magistrat à Sparte était chose inouïe.
LOIS ET DISCIPUNE DE LYKURGUE 287
livrer même à la culture -de la terre, encore moins au commerce où au travail manuel : de telles occupations ne s accordaient pas avec les exercices prescrits, si même elles n'avaient été positivement interdites. Ils tiraient leur subsistance des terres qui entouraient la cité, et de la partie considérable de la Laconie qui leur appartenait, le soi étant labouré pour eux par les Ilotes, qui semblent leur avoir payé une proportion déterminée du produit : dans quelques cas du moins, même une moitié (1). Chaque citoyen conservait la qualification et la transmettait à ses enfants, à deux conditions ; d'abord de se soumettre à la discipline prescrite ; ensuite de payer chacun sa quote part stipulée pour les repas publics, qui n'avaient pas d'autres ressources que ces contributions individuelles. La multiplication des enfants dans les familles plus pauvres, après que les acquisitions de nouveaux territoires eurent cessé, augmenta continuellement, ainsi que le nombre et la proportion des citoyens qui n'étaient pas en état de remplir la seconde de ces conditions, et qui en conséquence perdaient leur privilège : de sorte qu'il s'éleva vers la fin de la guerre du Péloponèse une distinction entre les Spartiates eux-mêmes, inconnue dans les temps antérieurs; le nombre réduit des citoyens jouissant de tous leurs droits étant appelés les Égaux ou Pairs, les pauvres privés de leurs privilèges, les Inférieurs. Ces derniers, quoique dépouillés ainsi de leurs droits, n'en devenaient pas pour cela periœki ; il leur était encore probablement permis de reprendre leur qualification, si quelque hasard favorable les mettait à même de fournir leur contingent aux repas publics.
Le Periœkos était aussi un homme libre et un citoyen, non de Sparte, mais de quelqu'un des cent municipes de la Laconie (2). Us recevaient, lui et la communauté à laquelle il
(1) Les Messêniens assujettis payaient difFérant les uns des autres. — ^v6«va — une moitié (Tyrtée, Fragm. 4, Bergk) : IIoXic Aooudvix^ (lia tûv Ixoctov; et ii\uaM nàv, ôaffov xoficov âpoupa ^£pa. v. jà^poôioxàç, Boiat, Av^^axCov, etc.;
(2) Straboa, YIII, p. 362,. Etienne mais probablement il copiait Strabon, et de Byz. cite ce total de 100 municipes nepeutpointparconséqnentpasserpoor quand il parie de pin sieurs d'entre eux une «utorité distincte. Le total de 100
appartenait, leurs ordres de Sparte, n'ayant pas de sphère politique propre, ni aucune part dans la détermination des mouvements des autorités Spartiates. Dans Tîle de Kythêra(l), qui formait un des municipes des Periœki, il résidait un bailli Spartiate en qualité d'administrateur. Mais en était-il de même dans les autres, c'est ce que nous ne pouvons affirmer ; il n'est pas non plus sans danger de conclure de l'un de ces municipes à tous; il peut y avoir eu des différences considérables dans la manière d'agir avec les uns et les autres. Car ils étaient disséminés sur tout le territoire de la Laconie, quelques-uns voisins de Sparte et quelques autres éloignés d'elle : les habitants libres d'Amyklae doivent avoir été Periœki, aussi bien que ceux de Kythêra, de Thuria, d'^theia ou d'Aulôn ; nous ne pouvons pas non plus supposer que les autorités Spartiates eussent à l'égard de tous les mêmes sentiments. Entre les Spartiates et leurs voisins, les nombreux Periœki d'Amyklae, il a dû exister un degré de commerce et de relations mutuelles où n'avaient point part les Periœki plus éloignés, outre que les édifices religieux et les fêtes d'Amyklae étaient adoptés de la manière la plus respectueuse par les Spartiate? et élevés jusqu'au rang d'objets nationaux ; et nous croyons apercevoir, dans quelques occasions, un degré de considération manifesté en faveur des Hoplites Amyklaeens (2), tel que peut-être d'autres Periœki ne l'auraient pas obtenu. Le nom de la classe, Periœki (3), résidant autour de la cité, indiquait ordi-
manicipes appartient à Papogée de la puissance Spartiate, après la conquête et avant la séparation de la Messênia ; car Aulôn, Boise et Methônê (les places extrêmes) en font partie.
M. Clinton (Fast. Hellen. II, p. 401) a réuni les noms d^envirou 60 sur 100.
(1) Thucyd. IV, 53.
(2) Xenophon, Hellen. IV, 5, 11; Hérod. IX, 7 ; Thucyd. V, 18-23. La fête Amyklœenne des Hyakinthia, et le temple Amyklaeen d'Apollon semblent être au premier rang dans l'esprit des
autorités Spartiates. AOrol xai oi ^Yyvxaxa Tôv icepiotxcov (Thucyd. IV, 8), qui sont prêts avant le reste et marchent contre les Athéniens à Pylos, comprennent probablement les Amyklœens.
Thucydide appelle en général la Laconie la icepioixtç de Sparte (III, 16).
(3) Le mot luepCoixot est quelquefois employé pour signifier simplement» des États voisins environnants », dans son sens géographique naturel. V. Thucyd.
I, 17 et Arist. Polit. II, 7, 1.
Mais il est employé plus ordinaire-
naireraent des habitants nés dans Tendroit, de condition politique inférieure, en tant que comparés aux bourgeois de la ville
ment pour signifier les membres sans privilèges ou moins privilégiés du même agrégat politique vivant en dehors de la ville, en opposition avec les bourgeois qui vivaient dans ses murs et jouissaient des privilèges complets. Aristote s'en sert pour désigner la classe correspondant en Krête aux Ilotes Lacédsemoniens (Pol. II, 7, 3) ; il n'existait pas en Krête de classe correspondant aux Periœki lacédaemoniens. En Krête il n'y avait pas deux degrés d'infériorité ; il n'y en avait qu'un seul, et qui était marqué par le mot Tcepioixot ; tandis que le Periœkos lacédaemonien avait rilote au-dessous de lui. Pour un Athénien le mot entraînait l'idée d'une dégradation vague.
Cour mieux comprendre le status du Penœfeos, nous pouvons le comparer au Metœkos ou Metœque. Ce dernier réside dans la cité, mais c'est un étranger résidant par tolérance, et non un indigène; il paye une taxe spéciale, est exclu de toute fonction politique, et ne peut même avoir accès auprès du magistrat que par l'intermédiaire d'un citoyen ami ou Prostates, èni 7rpo<TTàTOu oixeTv. — Lycurg. cont. Leocrat. c.21- 53) : il porte les armes pour la défense de l'État. La situation d'un Metœkos était toutefois bien différente dans les diverses villes de la Grèce. A Athènes, les membres de cette classe étaient bien protégés sous le rapport dé leurs personnes comme de leurs propriétés ; ils étaient nombreux et domiciliés : à Sparte, il n'y en eut pas d'abord ; la Xenêlasia les excluait ; mais cette rigueur a dû se relâcher longtemps avant l'époqne d'Agis III.
Le Periœkos diflPere du Metœkos en ce qu'il est né sur le sol, soumis par sa naissance n la loi de la cité.
M. Kopstadt (dans sa Dissertation sur les affaires lacédîpmoniennes citée plus .
T. tll
haut, sect. VII, p. 60) exprime beaucoup de surprise de ce que j'avance dans cette note relativement à la Krête et à Lacédaemone, à savoir qu'en Krête il n'y avait pas de classe d'hommes analogue aux Periœki lacédsemoniens, mais seulement deux classes, ». e. des citoyens libres et des Ilotes. Il pense que ce principe est « prorsus falsum. »
Mais je n'avance rien de plus ici que ce que dit Aristote, comme Kopstadt 1 admet lui-même (p. 60, 71). Aristote donne à la classe sujette en Krête le nom de Depioixoi. Et dans ce cas les présomptions générales viennent à l'an pui de rautorité d'Aristote. Car Sparte était une cité dominante ou capitale renfermant sous sa dépendance nonseulement un territoire considérable mais un nombre considérable demunil cipes inférieurs, distincts, organisés En Krête, au contraire, chaque État autonome comprenait seulement une ville avec son territoire circonvoisin mais sans municipes annexés. Il n'y avait donc point de base pour la classe intermédiaire appelée en Laconie Periœki^ exactement comme Kopstadt lui-même le fait remarquer (p. 78) au sujet de la cité dôrienne de Megara II y avait seulement les deux classes de citoyens krêtois libres, et des cultivateurs serfs avec des modifications et des subdivisions diverses.
Kospstadt (suivant Hoeckh, Krêta B m, voL III, p. 23) dit que l'autorité ^"stote sur ce point est surpassée par celle de Dosiadas et de Sosicrate, auteurs qui écrivirent spécialement sur les affaires krôtoises. Or, si nous sommes forcés de faire un choix, j'avoue que je préférerais le témoignage d'Aristote, considérant que ce que nous savons des deux autres se réduit à peu de chose ouàrien.Mais, dans le cas actuel je ne pense pas que nous soyons obligéi
HISTOIRE Dfi LÀ GRÈCE
jouissant de prÎTiléges complets, mais il ne marquait aucun degré précis ou uniforme d'infériorité. Il est quelquefois employé ainsi par Aristote dans le sens d'une condition nullement meilleure que celle des Ilotes, de sorte que, dans, une acception large, tous les habitants de la Laconie (Ilotes aussi bien que le reste) pourraient y avoir été compris. Mais quand il est employé par rapport à la Laconie, il a un sens technique qui le met en opposition avec le Spartiate d'un côté et avec l'Ilote de l'autre ; il signifie des hommes libres et des . propriétaires indigènes groupés en communautés subordonnées (1) avec un pouvoir plus ou moins grand d'administration locale, mais (comme les villes sujettes appartenant à Berne, à Zurich et à la plupart des treize anciens cantons de la Suisse) incorporés dans l'agrégat lacédaemonien, qui était gouverné exclusivement par les rois, le sénat et les citoyens de Sparte.
Quand nous en viendrons à décrire la démocratie d'Athènes après la révolution de Kleisthenês, nous verrons les dêmes, ou municipes et villages locaux de l'Attique, incorporés comme fractions égales et constitutives du tout appelé le dême (ou la cité) d'Athènes, de sorte qu'un dèmotès d'Acharnae ou de Sphêttos est en même temps complètement <5itoyen athénien. Mais les municipes des Periœki sont visà-vis de Sparte dans un rapport d'inégalité et d'obéissance.
de faire nn choix : Dosiadas (ap. Atbe- MB. XIV, p. 143) n*€St pas cité textuellement, de sorta qm nous ne pouvons affirmer qu'il contredise Aristote ; et Sosicrate {sur lequel s'appuieat Hoeckh et Eopstadt) dit quelque ckoae qui ne le contredit pas néoeasaireraent, mais qui peut être expliqué de naaièiie à mettre les deux témoins d'aooovd.
Sosicrate ^p. Athenae, VI, p. 263) dit: Ti^v jiiv xetvi?)v S«wX&tacv oi Kpt^Ts; xaXou(n (xvotav, tj)v ds Idiatv àçvfiiM- Toç, Toùc 8è nspioixouc {nn)x«ot>;« Or, le mot Tcepietxouc semble être employé ici précisément oomoM Aristote l'aiinât
employé, pour comprendre les seifs krêtols en général : il n^est pas distingué de jxviîKm et de à^attiârat, mais il les oomprend tous deux comme espèces différentes bous un terme gêné»
rique. L'autorité d' Aristote fournit une raison pour pré^6per d'expliquer ainsi le pusage, et les mots me semblent «sses bien comporter cette explication.
{!) Les «oXeiç des Periœki laoédœmociiens soot souvent mentionnées. V.
Xénoph. (Agesilas, 11, 24; Laoed. Be< pub. XV, S ; HeUanic. VI, 5, 21).
.feien qu'ils appartiennent comme elle au même agrégat politique, et composent avec elle la libre communauté lacédsemonienne. C'est ainsi qu'Ornese et autres lieux étaient des municipes d'hommes personnellement libres, mais dépendant politiquement d'Argos, Akrsephiae de Thèbes, Chaeroncia d'Orchomenos, et diverses villes thessaliennes de Pharsalos et de Larissa (1). Cette condition entraînait avec elle un sentiment de dégradation, et une négation pénible de cette autonomie dont chaque' communauté grecque était avide (2) ; tandis qu'étant maintenue par une force supérieure, elle avait une tendance naturelle, peut-être sans le vœu réfléchi de la cité dominante, à dégénérer en une oppression pratique. Mais outre cette tendance générale, l'éducation particnlière d'un Spartiate, tout en lui donnant de la force, du courage et une précision militaire, était en même temps si rigoureusement particulière, qu'elle le rendait dur, peu accommodant et incapable de sympathiser avec la marche ordinaire du sentiment grec, pour ne rien dire de la rapacité et de l'amour de l'argent, qui, d'après de bonnes preuves, appartenaient au caractère Spartiate (3), et que nous ne devions guère nous attendre à trouver dans les disciples de Lykurgue. Comme Harmostes hors de leur ville natale (4), et dans les relations avec des inférieurs, les Spartiates semblent avoir été plus impopulaires que d'autres Grecs, et , nous pouvons supposer qu'une semblable rudesse hautaine dominait dans leurs procédés à l'égard de leurs propres Periœki, qui ne leur étaient certainement attachés par aucim lien d'affection, et qui se révoltèrent pour la plupart
(1^ Hérod. Vni, 73-135; Xénoph.
ïïellen.TI, 1-8; Thucyd. IV, 76-94.
(2) Xénoph. HeUen. VI, 3, 6, 9, 19.
Isocmte, écrivant à Tépoque de la puissance thêbaine, après la bataille de Lenktra, caractérise les villes bœôti«nne8^«oniBie 'étant irepcotKoi de Tfaêbes v<Or. VIII. De Paco, p. 182) ; cf.
Orat. XIV. Wataic., p. 4899-303. Xénophon tient le même langage, Hellen.