XIII, 6; XIV, I
pelé Poliorketês» fils d'Antigonos (307 av. J.-C). Ce jeune prince, partant d'Ephesos avec «n armement formidable, s'arrangea pour cacher si bien ses desseins, qu'il entra réellement dans le port de Peirseeus (le 26 du mois thargelion, — mai) sans être attendu, ni rencontrer de résistance ; sa flotte étant prise pour celle de Ptolemseos d'Egypte. Demetriois le Phaléréen, pris à Vimproviste, et essayant trop tard de garder le port, se vit forcé de le laisser au pouvoir de l'ennemi ; tandis «jue Denys, le gouverneur de Kassandre, se maintint avec sa garnison dans Manychia, sans avoir toutefois d'armée capable de rfeneontrer les envahisseurs en rase campagne. Ce Phaléréen accompli, qui avait administré la cité pendant dix ans comme vice-roi de Kassandre et avec ses forces^ sentit alors que sa position et son influence à Athènes étaient renversées, et sa sécurité personnelle même compromise. Lui et d'autres Athéniens allèrent le lendemain en dépatation pour savoir quelles conditions seraient accordées. Le jeune prince déclara fastueusement que l'intention de son père Antigonos et de lui-même était de rendre et de garantir aux Athéniens une liberté et une autonomie entières. Aussi le Phaléréen Demetrios prévit-il que ses adversaires à l'ioatérieur, condamnés comme ils l'avaient été à un silence forcé pendant les dix dernières années, se déclareraient actuellement avec une irrésistible violence, de sorte qu'il n'y avait de salut pour lui que dans la retraite. Conséquemment, il demanda à l'envahisseur la permission^ qu'il obtint, de se retirer à Thêbes, d'o4 il se rendit, bientôt après, chez Ptolemseos, en Egypte. Les Athéniens de la cité se déclarèrent en faveur de Demetrios Poliorketês, qui refusa toutefois d'entrer dans les murs jusqu'à ce qu'il eût assiégé et pris Munychia, aussi bien que Megara, avec leurs garnisons établies par Kassandre. En peu de temps il accomplit ces deux objets. Dans le fait^ l'énergie, l'habileté et l'emploi efficace d'engins, en assiégeant des villes fortifiées, étaient au nombre des traits les plus remarquables de son caractère, et lui valurent le surnom sous lequel il est connu dans l'histoire. Il déclara les Mégariens libres, rasa les fortifications de Munychia, comme
gage donné aux Athéniens qu'ils seraient délivrés à l'avenir de toute garnison étrangère (1).
Après ces succès, Demetrios Poliorketês fit son entrée triomphale dans Athènes (307 av. J.-C). Il annonça au peuple, dans une assemblée régulière, qu'il était actuellement redevenu une démocratie Hbre, délivrée de toute do* mination, soit de soldats du dehors, soit d'oligarques à l'intérieur. Il lui promit aussi un nouveau don de la part de son père Antigonos et de la sienne, — 150,000 médiranes de blé à distribuer, et une quantité de bois suffisante pour construire cent trirèmes. Ces deux nouvelles furent reçues avec des transports de reconnaissance. Les sentiments du peuple furent attestés, non-seulement par des votes de remerciements et d'admiration à l'égard du jeune vainqueur, mais encore par des effusions d'une flatterie exorbitante et sans mesure. Stratoklès (que nous avons déjà vu comme l'un des accusateurs de Démosthène dans l'affaire harpalienné) et d'autres usèrent de toutes les ressources de leur imagination pour* inventer de nouvelles variétés de compliment et d'adulation. On proclama qu' Antigonos et Demetrios étaient non-seulement des rois, mais des Dieux et des Sauveurs : on devait élire annuellement un grand prêtre de ces sauveurs, d'après lequel on devait nommer chaque année successive (au lieu de la nommer d'après le premier des neuf archontes, comme c'avait été jusqu'alors la coutume), et rappeler les dates des décrets et des contrats ; on changea le nom de Munychionen Demetrion, — on établit deux nouvelles tribus, qui devaient être appelées Antigonis et Demetrias, outre les dix précédentes : — on arrêta que le sénat annuel se composerait de six cents membres au lieu de cinq cents ; les portraits et les exploits d'Antigonos et de Demetrios durent être tissés, avec ceux de Zeus et d'Athênê, dans la magnifique et volumineuse robe portée périodiquement en procession, comme offrande à la fête Panathénaïque; l'en-
(1) Philochorp, Fragm. 144, éd. Di- L'occupation de Peiraeeus par Deme-
dot ; Diodore, XX, 45, 46; Phitarque, trios Poliorketês est racontée un peu Demetrios, B, 9. différemment dans Polyen, IV, 7, 6.
droit OÙ Demetrios. était descendu de son char fut consacré par un autel élevé en l'honneur de Demetrios Katsebatês, ou -qui descend. On rendit plusieurs autres votes semblables, reconnaissant et adorant comme dieux les Sauveurs Antigonos et Demetrios. Bien plus, on nous dit* qu'on vota des temples ou des autels à Phila-Aphroditê, en l'honneur de Phila, l'épouse de Demetrios, et qu'on rendit le même hommage à ses deux maîtresses, Leaena et Lamia. Des autels furent, dit-on, dédiés aussi à Adeimantos et à d'autres, ses compagnons de table ou flatteurs (l). En même temps, on renversa les nombreuses statues qui avaient été élevées en l'honneur du Phaléréen Demetrios pendant son gouvernement décennal, et on en appliqua même quelques-unes à d'ignobles usages, afin de couvrir l'ancien maître d'un dédain plus grand (2). Les démonstrations de flatterie servile à Athènes, à l'égard de Demetrios Poliorketês, furent en effet exagérées d'une façon si extravagante, qu'il en fut luimême dégoûté, dit-on, et qu'il exprima son mépris pour ces Athéniens dégénérés de son temps (3).
En examinant ces actes dégradants, nous devons nous rappeler que trente et un ans s'étaient alors écoulés depuis la bataille dç Chaeroneia, et que, pendant tout ce temps, les Athéniens avaient été sous l'ascendant réel et sous la pression sans cesse croissante de potentats étrangers (307 av. J.-C). Le segatiment de cette dépendance à l'égard de la Macédoine avait été continuellement fortifié par tous les événements subséquents, — par la prise et la destruction de Thêbes et par les écrasantes conquêtes d'Alexandre qui suivirent, — par l'issue déplorable de la gu^erre Lamiaque, les meurtres des orateurs au libre langage, la mort des chefs militaires énergiques et la déportation de citoyens athéniens, — en dernier lieu, par la présence continue d'une
(1) Plutarque , Demetrios, 9-11; perdus) de Demetrios le Phaléréen, il Diodore, XX, 47; Demoebarês ap. y en a un intitulé 'A6r,vai(ov xaxa- Athenae. VI, p. 253. SpopLvi (t6. V, 82).
(2) DiogèneLaërce, V, 77.Parmiles (3) Democharês ap. Athenœ. VI. nombreux ouvrages littéraires (tous p. 253.
122 HISTOIRE DE LA aRËCB
garnisoïl macédonienne dans Peiraeeus ou dans Munychia. Phokiôn, Demetrios le Phaléréen et les autres principaux homînes d'État de cette longue période» avaient inculqué la soumission à la Macédoine comme une vertu, tandis que le souvenir de la dignité et de la grandeur de l'ancienne Athènes autonome avait été effistcé ou dénoncé comme un rêve funeste. Les quinze années entre la fin de la guerre Lamiaque et l'arrivée de Demetrios Polio rke tes (322-307 av^ J.-C.) n'avaient vu ni libre jeu, ni discussion et expressioa publiques d'opinions en conflit : on doit excepter la courtepériode pendant laquelle Phokiôn fut condamné; mais elle dura seulement assez longtemps pour laisser place à l'explosion d'une antipathie préconçue, mais étouffée.
Pendant ces trente années, dont la, dernière moitié avait été une aggravation de la première, une nouvelle génération d'Athéniens avait grandi, accoutumée à une phase changée d'existence politique. Combien peu de ceux qui reçurent Demetrios Poliorketês avaient pris part à la bataille de Chseroneia, ou entendu les exhortations stimulautes de Démos thène dans la guerre qui précéda ce désastre (1)! Des citoyens qui conservaient encore du courage et du patriotisme pour défendre leur liberté après la mort d' Alexandre,^ combien ont dû périr, avec Leosthenês, dans la guerre Lamiaque ! Les Athéniens de 317 avant J.-C. en étaient venus à regarder leur propre cité, et la Hellas en général, comme dépendantes d'abord de Kassandre, ensuite de l'intervention possible de ses rivaux, également présomptueux, Ptolemseos, Antigonos, Lysimachos, etc. S'ils secouaient le joug d'un potentat, ils ne pouvaient exister que grâce au protectorat d'un autre. Le sentiment de la confiance en soimême et de l'autonomie politique avait disparu ; l'idée de forces militaires composées de citoyens, et fournies par des cités confédérées et agissant de concert, avait été remplacée
(1) Tacite, Annal. I, 3. « Juniores guisque reliquus, qui rempublîcam vipo9t Aetiaeaon vietoriam, seniores pie- disset?» rique inter bella civium, nati : quotas-
par te spectacle de vastes armées permaiventes, organisées par les héritiers d'Alexandre et de ses traditions.
I>ea'x siècles auparavant (510 av. J.-C), quand les Lacédaemoniens chassèrent d'Athènes le despote Hippias et ses mercenaires, il s'éleva immédiatement, dans le peuple athénien, un patriotisme ardent et dévoué, qui le disposa à braver, et le rendit capable de détourner, tous les dangers pourdéfendre sa liberté nouvellement acquise (1). A cette époque, les ennemis qui le menaçaient étaient les Lacédaemoniens, tes Thèbains, les yEginètes, le« Chalkidiens et autres (car l'armée persane ne se présenta qu'après quelqueintervalle, et attaqua, non pas Athènes seule, mais la Grècecollectivement). Ces forces hostiles, bien que supérieures en nombre et en valeur apparente à celles d'Athènes^ n'étaient cependant pas assez disproportionnées pour engendrer le découragement et le désespoir. Très-différents furent les faits en 307 avant J.-C, lorsque Demetrios Poliorketè» éloigna les mercenaires de Kassandre, fit disparaître Munychia, leiir.forteresse, et proclama les Athéniens libres. Conserver cette liberté par leur propre force, — en opposition à l'évidente supériorité des forces organisées possédées partout par les potentats, dont un ou plusieurs occupaient militairement presque toute la Grèce, — c'était une entreprise^ trop désespérée pour qu'elle eût été tentée, même par des hommes tels que les combattants ^de Marathon ouïes contemporains de Periklês. « Ceux qui voulaient être libres devaient eux-mêmes frapper le coup? » Mais les Athéniens n'avaient pas assez de force pour le frapper, et la liberté proclamée par Demetrios Poliorketês était une faveur qui dépendait de lui quant à sa mesure, et même quant à sa durée. L'assemblée athénienne fut tenue à ce moment sous son armée,, en tant que maîtresse de l'Attique, comme elle l'avait été, peu de mois auparavant, sous les forces dominantes duPhaléréen Demetrios^ avec le gouverneur de Munychia nommé par Kassandre ; et leà votes les plus^ honteux
fî) Hérodote, T, 78.
d'adulation proposés en l'honneur de Demetrios Poliorketês, bien que désapprouvés peut-être par beaucoup de gens, ne devaient pas trouver, sans doute, un seul adversaire déclaré.
Toutefois, il y eut un homme qui osa s'opposer à plusieurs de ces votes, — ce fut le neveu de Démosthène, — Democharês, qui mérite d'être rappelé comme le dernier orateur connu du libre droit de cité athénien. Nous savons seulement que telle était sa politique générale, et que son opposition à l'obséquieux rhéteur Stratoklês aboutit à un bannissement, quatre ans plus tard (1). Il paraît qu'il remplit les fonctions de général pendant cette période, — qu'il se montra actif en renforçant les fortifications et l'équipement militaire de la cité, — et qu'il fut employé dans des missions à l'occasion (2).
Le changement dans la politique athénienne se manifesta par une accusation contre Demetrios le Phaléréen et d'autres principaux partisans du dernier gouvernement, celui de Kassandre. Lui et beaucoup d'autres s'étaient exilés volontairement ; quand arriva le moment de leur procès, ils ne se présentèrent pas, et furent tous condamnés à mort. Mais tous ceux qui restèrent et parurent en justice furent acquittés (3), tant il y eut peu de violence réactionnaire dans cette occasion. Stratoklês proposa aussi un décret, à l'effet de perpétuer le souvenir de l'orateur Lykurgue (mort depuis dix-sept ans environ) par une statue, par une inscription d'honneur et parla faveur d'être nourri dans lePrytaneion accordée à l'aîné de ses descendants survivants (4). Parmi
(1) Plutarque, Demetrius, 24.
(2; Polybe, XII, 13; Decretum ap. Plut. Vitse X Orator. p. 851.
(3) Philochori Fragm. 144, éd. Didotj'ap. Dionys. Hal. p. 636.
(4) Plutarque , Vît. X Orator.
p. 842-852. Lykurgue à sa mort (vers 324 av. J.-C.) laissa trois fils, qui, dit-on, peu de temps après sa mort, furent dénoncés par Menesœchmos, accusés par Thrasyklês et mis en prison (>' livrés aux Onze »). Mais Demoklês,
disciple de Théophraste, s'interposa en leur faveur; et Démosthène, alors en exil à Trœzen, écrivit d'énergiques remontrances aux Athéniens contre le traitement indigne fait aux fils à^uR patriote distingué. £u conséquence, les Athéniens ne tardèrent pas à se repentir et à les relâcher.
C'est ce que nous voyons avancé dans Plutarque, Vit. X Orator. p. 842.
La troisième des lettres attribuées à Démosthène prétend être la lettre
ceux qui accompagnèrent le Phaléréen Demetrios en exil, était le rhéteur ou logographe Dinarque.
L'amitié de ce funeste Phaléréen, et de Kassandre aussi, pour le philosophe Théophraste, semble avoir été une des. principales causes qui firent voter une loi restrictive contre la liberté de philosopher. Il fut décrété, sur la proposition d'un citoyen nommé Sophoklês, qu'il ne serait permis à aucun philosophe d'ouvrir une école ni d'enseigner, si ce n'est en vertu d'une sanction spéciale obtenue par un vote du sénat et du peuple. Le dégoût et l'appréhension que causa cette nouvelle restriction furent tels; que tous les philosophes quittèrent Athènes d'un commun accord. Cette protestation courageuse contre une restriction péremptoire apportée à la liberté de la philosophie et de l'enseignement trouva de l'écho dans la sympathie des Athéniens. La célébrité des écoles et des professeurs était, en effet, la seule marque caractéristique de dignité qui leur restât encore, — alors que leur puissance était anéantie, et que même leur indépendance et leur libre constitution avaient dégénéré et n'étaient plus qu'un vain mot. C'était, en outre, ce qui atti-
Ôcrite à ce suj«t par le grand orateur.
Le dur traitement des fils de Lykurgue (quelque grand qu'il ait pu être et quel qu'en ait pu être le motif; ne dura certainement pas longtemps ; car à la page suivante de la même vie de Plutarque (p. 843), il est fait un exposé de la famille de Lykurgue, qui était ancienne et sacerdptale ; et il y est dit que ses fils après sa mort soutinrent pleinement la haute position de la famille.
Sur quel motif furent-ils accusés , c'est ce que nous ne pouvons reconnaître. Suivant la lettre de Démosthène (lettres que, comme je l'ai dit auparavant, je ne crois pas authentiques), ce fut sur quelque allégation qui, en admettant qu'elle fût valable, aurait dû être avancée contre Lykurgue lui-même pendant sa vie (p. 1477, 1478) ; mais Lykurgue avait
toujours été honorablement acquitté et toujours regardé comme tout à fait estimable, jusqu'au jour de sa mort (p. 1475).
Hypéride déploya son éloquence en faveur des fils de Lykiirgue. Un fragment, d'un intérêt considérable, de son discours, a été conservé par Apsinês (ap, Walz. Rhetor. Grœc. IX, p. 545).
TTrepeiSiriç OTcèp Auxoupyou Xeywv • — TCva çiqffovffiv ot Ttaptovxeç txOtou tov Taçov; o5to; èêio) (jlêv acuçpovo);, xa^- 6eîç ô' iizl T^ SioiXT^ffei xûv xp^t'-a'^wv cvpe irôpov;, wxoôojJiiQffe 8è xè Ôéaxpov, xô wôeîov, xà vecapia, xpii^pei; èizoiriaoLTO xal X((iéva; • xoOxov ii tcoXcç i^ifMSv ^xi(j.ti)(Te, xal xoù; iraîÔa; I8r,(7ev aOxou.
Ce fragment d'Hypéride fut signalé à mon attention par M. Churchill Babington, éditeur des portions d'Hypéride récemment découvertes.
HISTOIRE DE lA «ORÈCS
rait le pJos les jeunes gens, qui v-èûAient de toutes les parties de la Grèce pour visiter Athènes. En conséqu*ence, à peine une âjanée s'était-elle passée, que Philôn, — attaquant Soptu>klês« l'auteur de la loi', en vertu de la Graphe Paranoniôn, — détermina le dikasterion à le trouver coupable et à le condamner à une amende de cinq talents. La loi restrictive étant ainsi abrogée, les philosophes revinrent (1). Il est k remarquer que Democharês se mit en avant comme l'un <ie ses avocats, en défendant Sophoklês contre l'accusateur Philôn. D'après le peu qui reste du discours de Democharês, nous reconnaissons que, tout en critiqllant les opinions non moins que le caractère de Platon et d'Aristote, il dénonçait avec plus d'amertum-e en<*/0re leurs élèves, comme étant, pour la plupart, des hommes ambitieux, violents et traîtres» Il citait par leurs noms plusieurs d'entre eux, qui avaient renversé la liberté de leurs cités respectives et commis de graves outrages à l'égard de leurs concitoyens (2).
Des députés athéniens furent dépêchés à Ajitigonos en Asie pour lui attester la gratitude du peuple et lui communiquer les votes récents d'honneur (307 av. J.-C). Nonseulement Antigonos les reçut gracieusement, mais il envoya à Athènes, suivant la promesse faite par son fils, un
(1) Diogène Laërce, V, 38. C'est peut-être à ce retour des philosophes que fait allusion le qpuyaSfidv y.àdoSoç mentionné par Philochore , comme figuré^ à l'avance par le présage dans rakropolis (Philochore, Fragm. 145, éd. Didot, ap. Dionys. Hal. p. 637).
(2) Y. les quelques fragments ic Democharês réunis dans l«s « Fragmenta Historicorum Grseoorum, • éd.
Didot, vol. Il, p. 445^ avec les nates de Cari MiiUer.