‹ Histoire de la Gréce depuis les temps les plus reculés jusqu'a la fin de la géneration contemporaine d'Anglais (volume 4)Chapitre 14 sur 31 · T. VU · texte numérisé non relu

T. VU

2158 HISTOÎSE DE LA GaÈOfi

pont d« i'Hellespoftt. Il fat coardutt p«r efa«l(|aes Perses àè k côte jusqu'à Sase, <>& U'adi^êssa autNH ^ne- lettre couçuift dans les termes stiiTïitits, tête qttè^pn^babîeîneHt aucaa roi européen niod€?me n'^ett -idléreraH; de ^«reils, si oe n'est d*ttn quaker : — « Moi, "theïnîstokïêé, je Sttia Tenu -vers toi, ayant fait à ta maison ptas de m^l qu'tuicun aiatre Grec^ taia* que je fus forcé, dans m<m'Çtoç^e isntérèt, de résistefrà l'a*taquede tô*i 'pèï^j-^mais lui ayaMt aussi faât encore plus de bien, quand j'ai pu le faîte sansfpéril po«r moi-même, e^t quand sa retraite était en danger^ Une réco»qDeBse m'est due encore pour Bàon ancien serrice; de plus, je suis maintenant ici, chaîsftié par les Grecs, par smte» 4^ 'nwsm -attachement peur toi (1), mais capable encore de te sertir trèOr efficacement. Je désire attendre uifie' année et ensuite vernir devant toi, en personne, pour f expliquer mes pîaas* »

Les interprètes yefrsans, q-ui lurent ceftte lettre^à AHaxerxés Longue-Mgftn, 'rendirent4l9^x:actemen*so»'exprettsiDtt' brève et vraie, C'est ce que nous ignorons; mais elle' *fit sur lui une forte impression, combinée avec la réputation, antérieure de son auteur^ — et il actjorda voloïrtîers 14' requête d-è délai c bien qu'il nous soit difficile «de cnoire qu'il fat si transporté qu'il témoigna^sajoie en offrant ïmi»édiateiiaeflt Uîi sacrifice aux dieux, en «e livrant dans nne mesure inaccouttftnée à lajoie du festin, et en crian* Ispofe foi^'d^s son sommeil : « rai cottquisThemistoklôer'Atliénien^ •» — comme l'apprit Plutarque de quelques-^unes de ses^ailtwités (2). Dans le' courant de Tannée qui M wait ébè^ aooer'déè', îlïeimistoklèi^ aurait alpprïs asse* bien la lAngue^et 4es *coa4tiîii#s des Perses pour pouvoir com-m«niq«ef'perscttinelkfiÉent'aTe<j le i*oi et acquérir sa confiance* Auwn Grec (<lit'Th«cydide) tf était jamais 'auparavant parvenu à îUûe iaftmen^éîet-àitme

t(l) c Proditîontim Wfro imputab^ni neris, &itigationem , OthoB^anorum,

t5it Tacite, Hist. II, 60, relativement pérmîxtum veliiculis agmen, ac pie-

à Paullinus et à Proculus, généraux de raque fortuita fraudi ause assignantes : —

ràrmée d'Othon, quand ils se rendirent Et Vitellius credidit de perfidia, et

à Vitellius, après la défaite de Bebria- fraudem absolvit. »

cum), spatium longi ante prœîium iti* <2) î%t«rqtie,''i1ieiiïîstC'ic.^.

AFFAIRES GRECQUES APRÈS I.*IMVAâION DES PERSES 250

pdsitîoB si mandés à la ccnir de Perse. Il déploya alors son liaJbîleté en exposant ses plaas pour Tasservissement de la GrèoeiÀ la Perse, plans par lesquels fat évidemment, captivé Tesprlt dm monarque, q«i le* récompensa en loi donnant nne époose persane et de grands présents» et qni TeaToya à Jdagnésia sur le Mœandros, non loin de là côte dldnia. Les reyenos du district qui entourait la Tille, montant à la somme consiâéraMe de cinquante talents par an^ lui furent assignés pour le pain ;: oeuxÂu port de mer dé Myonte» qui était Toisin, pour articles propres à servir d'aesafôonnement à son pain, qui était toujours compté cunme la principale nourriture : ceux de Lampsakos sur rHellespont, pour le vin (1). Comme nous ne connaissons pas le montant de ces deux dermers. articles, nous ne pouvons pas déterminer le total du revenu que recevait Tbièmistoklôs; mais on ne peut douter, à en juger par les revenus de Magnêsia seule, qu'il n'ait fût un grand profit pécuniaire i changer de pays. Après avoir visité diverses parties de l'Asie (2), il vécut pendant un certain temps à Magnêsia, ville dans laquelle sa famille vint le rejoindre venant d'Athènes.

Combien de temps dtira son séjour à Magnèsia, c'^st ce que nous ignorons; mais vraisemblablement il &it assers long pour faii. ptMrmettre d'acquérir l'estime locale et de laisser derrière lui des souvenirs. A la fin, il mourut de maladie,

. a)Xhttcjïé..X,.138 ; Ditïdore, XI, 57.

Outre le» tioi» -viUea mentioiuiées cldessos, Neantbâs et Plianios rcpréaentout le dou eovam^'^lant enoore plus complet et plus spécifique; ils disent ^ePerkôte fut donii^ à Themistoklês ]^0ur leoondiert et Palsskêpaia poux les Y^temente . (PluUrqiiey TheiBist.

C2»i Athéni&e,!, p».29).

Ce<â semble avoir été une forme fréquente de présents des rois perse» et égyptiei» à leurs épouses, à leurs pik* lenta o» h leors aaoi&, -^ dou fait uoaûnalement pour satisfaire quelque 4;oût eu quelques besoin particulier. V.

une note du D' Arnold sur le pasaage

de Thucydide. Toutefois je doute de sou assertion snr la taxe foncière ou redevance. Je ne pens^ pas que ce fdt un dixième ou un cinquième du produit du sol dans ces districts qui fut accordé à .Themistoklês, mais la portion du revenu royal ou tribut qu'on j levait. Les rois perses ne prenaient pas la peine d^as- .seoir et de percevoir le tribut. Probablement ils laissaient' ce soin aux babi- ^ta^ts eux-mêmes, pourvu que la somme .totale fut dûment payée.

(2) Plutarque, Themîst. c. ,31. Tr>.a- .V(i!>(i>6voç .«epl Tfiy 'Acxiav. Ce détail aemble assez probable, bien que Pli>tarque le rejette.

à l'âge dô soixaiite-Kîinq ans, sans ayoir fait aucune démarche pour l'accomplissement de ces expéditions victopieuses qu'A avait promises à Artaxerxès. Qae la maladie ait été la causé réelle de sa mort, c'est ce que nous pouvons croire sur Tasseiv tion précise de Thucydide (1), qui en même temps mentionné une rumeur, qui circulait en partie à son épdque, dé poisoû pris volontairement, par suite d'une pénible certitude de la part de Themîstoklês lui-même que les promesses qu'ilavait faites né pourraient jamais être accomplies; — nouvelle preuve de la tendance générale à entourer les dernières années de cet homme distingué d'aventures qui fissent im*pression, et à honorer ses derniers moments de la renaissance d'un sentiment non in4igne de son ancien patriotisme. Il se peut que ce bruit ait été mis à dessein en circulation par ses amis et par ses parents, afin de concilier quelques égards à sa mémoire, puisque ses fils continuèrent encore d'être citoyens à Athènes, et qm ses filles y furent mariées. Seis amis dirent de plus qu'ils avaient rapporté ses ossements en Attique sur sa recommandation formelle, et qu'ils lés avaient ensevelis secrètement et à l'insu des Athéniens : car il n'était pas permis d'enterrer dans le sol attique un traître condamné. Si cependant nous supposons même que cette assertion fût vraie, personne ne pouvait désigner avec certitude l'endroit où cet enterreinent s'était efiectué. Et il ne

(1) Thucydide, I, 138. No<r^<Ta? ?fe TeXeuT^ TÔv ptov • Xéyoytft ^ tivec, xal Êxouaiov (papfjLaxtp àTioÔavEÏv aOtôv, àSvvaTov vo(it(javTâ eivat sitiTsXéffrti paaiXeî et vizétrxtxo.

Cette histoire couttrate, anssi ancienne qu'Aristophane (Equit. 83, cf.

les scholîes), aUégaait que Themisk toklês s'était empoisonné en buvant dn sang de taureau (V. Diodpre, XI, 5&f, Diodore assigné à cet acte d'empoisortnement. un caractère encore plus sublime et pltis patriotique, en le l'attachant à un dessein dé là part dé Themistoklês d*empêcher le roi dé Perse de faire la guerre à la Grèce.

■ Phitarque (Themist. c. 31, et Kim6n, c. 18) et Diodore aTancent totis deut comme un fait 'încontestahTe, queThe*mistoklês mouittt en sTempoisonnanf; ils omettent miême de mentionner Taé*sertîon de Thucydide, qu'il mourut dfe maladie. CornéKus Nepos (Tîïeraîrt.

c. 10) ôuit Thucydide. Cicéroii ]Briltus, c. 11) rapporte le récit du sùi'cidb par le poison à Klitarquè et à Strâtotlês, le reconnaissant contraire k Th*^ cydide. 11 met dans la bouche de s<m interlocuteur Atticus un juste blâmé 'de la facilité avec laquelle la vérit»

•historique était sacrifiée à un but <^ rhétorique. ' • '

AFFAIRES GRECQUES APHÈS l'iNVASION DES PERSES ?61

semble pas, quand nous remarquons les expressions circonspectes de Thucydide (1), qu'il fi)[t lui-môme convaincu du fait. J)/é pîus.jious pouvons affirmer avec confiauce que le$ habitants de Magnêsia, quand ils montraient le magnifique tombeau élevé en honneur de Themistoklôs, sur leur placer ^u marché, étaient persuadés que ses ossements y étaient réellement renfermés.

; Aristeidês mourut environ trois ou quatre ans après Tosr tracisme de Themistoklès (2) ; mais relativement au lieu de sa mort et à la manière dont il mourut, il y avait plusieuri^ contradictions entre les auteurs que Plutarque avait sous les yeux. Quelques-uns affirmaient qu'il périt au service étranger dans le Pont-Euxin ; d'autres, qu'il mourut dans sa patrie, au milieu de l'estime et de la douleur universelles de ses coucitoyens. Un troisième récit, limité à la seule assertion de Kratêros, et vivement repoussé par Plutarque, représente Aristeidês comme ayant été faussement accusé devant les juges athéniens et condamné à une amende de cinquante mines, sur l'allégation qu'il avait reçu des présents pendant qu'il établissait l'assiette du tribut payable par les alliés, — amende qu'il ne fut pas en état de payer, ce qui l'obligea à se retirer en Idnia, où il mourut. En écartant ce dernier récit, nous ne trouvons rien de certain au sujet de sa mort si ce n'est un seul fait, — mais ce fait est en môme

(1) Thucydide, I, 138. Ta fié otfxd 9a(Ti xo(JLi(r0^vat aùtoO oi npoer- ^ovTe; otxafie xeXeucravTOC Ixeivou, xal teOvivai xpu9a *A6iqvaCukv âv T^ At«x^ • oO yôp iÇfjv §d- WTciv, w; inX icpofioaîa 9euYovTo;.

Cornélius Nepos, qui copie ici Thucydide, donne ce renseignement par erreur, comme si Thucydide Tavait affirmé lui-même : > Idem (se. Thucydide) ossa ejusdem in Âttica ah amicis sepulta, quoniam legihus son concèderetur, quod proditionis esset damnatus, memoriae prodidit. » Cet exemple montre la hâte ou Tinexactitude avec laqueUe ces auteurs secondaires citent

si souTont. Thucydide n'est certainement pas un témoin en faveur du fait.

S'il est quelque chose, on peut dire qu'il compte tant soit peu en sens contraire.

Plutarque (Fhemist. o. 32) montre que la sépulture de Themistoklès, qu'on supposait être en Attique, n'avait jamais encore été vérifiée avant son époque ; cependant les guides de Pausanias, dans le siècle suivant, étaient devenus plus confiants (Pausan. I, 1, 3).

(2) Relativement à la prohité d'Aristeidês, V. un intéressant Fragm. d'Eupolis, l'auteur comique ( Aiiuoi, Fragm .

IV, p. 457, éd. Meineke). '

i6Z HlfiTOnSB DB LA GltÈCQ

temps le plus honorable tle tous ; — c*est ^ti*il.moûrut trèspauvre. On dit mëi&e qu'il ne laissa pas de quoi payer seà funérailles, — qu'une sépulture lui ftrtfowràîeà Pliaîêron, aux dépens du public, outre un beau présent fait à son fils Lysimachos et une dot donnée à cfhacune de ses deux filles. Toutefois, pendant les deux ou trois générations suiTantes^, ses descendants continuèrent encore d'être pauvres, et même à ce moment éloigné quelqœs-uns d'entre eux recevaient des secours du trésor public, du]3 au eouvenir de cet homme incorruptible quils comptaient parmi leurs ancêtres. Près d'un siècle et demi plus tard, on pouvait voir à Athènes, près de la chapelle de laccbos, un homme pauvre, nommé Lysimachos, descendant d*AHsteidês le Juste, qui portait une tablette mystérieuse et gagnait sa chétive subsistance de deux oboles en interprétant les songes des passants. Demetrios le Phaléréen obtint du peuple, pour la mère et la tante de ce pauvre homme, une petite pension journalière (1). Sur tous ces points le contraste est marqué si nous comparons Aristeidès avec Themistoklês. Ce dernier, après s'être distingué par une fastueuse dépense à Olympia, et par line victoire chorégique à Athèftes, avec peu de scrapiile quant au moyen de l'acquérir, — finit sa vie à Magnêsia, au sein d'une honteuse opulence plus grande que jamais et laissa une postérité enrichie tant dans cette ville qu'à Athènes. Plus de cinq siècles après, son descendant, l'Athénien Themistoklês, assistait aux leçons du philosophe Ammonius à Athènes, comme cam2ffaàe et ami de Plutarque lui-même (2).

(1) Plutarque, Arist. c. 26, 27 ; Cornélitis Nepos^ Arist. c. 3 ; cf. Anstoph. Vesp. 53.

(2) Plutarque, Themht. c. 5-32.

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