‹ Histoire de la Gréce depuis les temps les plus reculés jusqu'a la fin de la géneration contemporaine d'Anglais (volume 4)Chapitre 18 sur 31 · CHANGEMENTS CONSTITUTIONNELS ET JUDICIAIRES A ATHÈNES SOUS PERIKLÊS · texte numérisé non relu

CHANGEMENTS CONSTITUTIONNELS ET JUDICIAIRES A ATHÈNES SOUS PERIKLÊS

Premier établissement du système judiciaire dëmocratiqne à Athènes. — Réunion dans les mêmes mains de fonctions à la fois administratives et judiciaires dans l'ancienne Athènes. — Grands pouvoirs des magistrats, aussi bien que du sénat de Taréopage. — Magistrats hommes opulents en général. — Tendances oligarchiques du sénat de Taréopage ; — • progrès du sentiment démocratique dans la masse des citoyens. — Partis politiques à Athènes. — Periklês et Ephialtês, parti démocratique : Kimôn, parti oligarchique ou conservateur. — Dikasteria démocratiques ou cours de jury, constitués par Periklês et par Ephialtês. — Comment ces dikasteria étaient arrangés. — Paye aux dikastes introduite et rendue régulière. — Les magistrats sont privés do leurs fonctions judiciaires, et réduits à des fonctions admînistiBtives. — Sénat de l'aréopage ; — son antiquité, — caraetère semi-religieux,— puissance de contrôle vaste et illimitée.— Immenses pouvoirs du sénat de l'aréopage, dont il abuse en partie ; — ils devinrent incompatibles avec les sentiments du peuple après l'invasion des Perses. — Nouvèaïux intérêts et nouvelles tendanoes naissant à Athènes. — Sénat de Taréopage. — Centre d'action pour le parti conservateur et pour EimÔn. — Opposition entre Kimôn et Periklês, — héritée de leurs pères. — Caractère et action de Periklês. — Caractère réservé et habitudes phûosophiqaes de Periklês $ sa grande habitude des affaires. — Il se donne peu de peine potir chercher la popularité ; — il a moins du démagogue que KimÔn. — Ephialtês, appartenant au parti démocratique, et dans le principe égal à Periklês en influence. — Efforts d'Ephialtês contre l'abus de Tautorité des magistrats. -* Kimdn et son parti, plus puissants qu'Ephialtês et que Periklês jusqu'à l'époque oii les troupes athéniennes furent renvoyées de Laconie. — Ostracisme de Kimôn. — Mesures prises par Ephialtês et par Periklês pour réduire le pouvoir du sénat de l'aréopage aiaasL bien que celui des magistrats individnels. — Institotion des dikasteria payés. — Les fonctions judiciairos sont séparées des fonctions administratives. — Assassinat d'Ephialtês par le parti conservateur. — Commencement du grand ascendant de Periklês, «près la mort d'Ephialtês. — Compromis entre lui et Kim^. — Brillante succès d'Athènes et ère du wfcTÎmnm de sa puissance. — Autres diangements constitutionnels. — Les Komophylaques. — Les Nomothets; — distinction entre les lois et les psêphism^s û« décrets spécians; — procédé fm lequel les ksis étalent rendiMsi et if^^fntéoi. » PrcMé-

dure usitée dans ]& confection ou Tabrogation des lois assimilée à la procédure usitée dans les procès judiciaires. — Graphe paranomôn — accusation contre Tauteur de propositions illégales ou inconstitutionnelles. --^ Jeu de la graphe paranomôn. — Esprit conservateur dans lequel elle est conçue. — Restriction apportée à de nouvelles propositions et à l'initiative illimitée appartenant à tout citoyen.— Extension abusive de la graphe paranomôn dans la suite. —Elle fut souvent employée comme simple moyen d^obtenir Tabrogation d'une loi existante, — sans but personnel contre Tauteur de la loi. — Nombre et paye des dikastes, tels que les établit Periklês. — La démocratie athénienne, telle qu'elle fut constituée par Periklês, resta entière en substance dans la suite jusqu'à la perte de rindépendance athénienne, — en exceptant les interruptions temporaires des Quatre Cents et des Trente. — Jeu des n'>mbreux dikasteria ; — leur nombre considérable essentiel pour exclure la corruption ou l'intimidation. — Les magistrats individuels exposés à la corruption. — Les dikasteria athéniens sont le jugement par le jury appliqué sur la plus vaste échelle, — montrant à la fois ses qualités et ses défauts sous une forme exagérée. — Les éloges qu'on donne habituellement au jugement par le jury s'appliqueraient bien mieux encore aux dikasteria athéniens. -~ Imperfections du jugement par le jury, — exagérées dans la procédure des dikasteria. — Puissants effets des dikasteria en exerçant et en stiiçulant Tintelllgence et les sentiments des citoyens individueUement. -—Nécessité d'apprendre a parler. ~ Origine des maîtres spéciaux de rhétorique. Compositeurs spéciaux de discours pour autrui. — Rhéteurs et sophistes. — Polémique de Sokratês, sophiste lui même, contre les sophistes eu général. — Les sophistes et les rhéteurs étaient le produit naturel de l'époque et de la démocratie. — Les dikasteria étaient composés, non pas exclusivement d'hommes pauvres, mais de citoyens de fortune nioyeune et de plus pauvres indistinctement.

La période que nous venons de parcourir parait avoir été celle dans laquelle le caractère démocratique de la vie publique athénienne arriva à son jeu et à son développement les plus complets, quant à la justice, à la législation et à l'administration.

Le grand changement judiciaire se fit par la distribution méthodique d'une partie considérable des citoyens dans des divisions judiciaires distinctes, par la grande extension de leur action directe dans ce ressort, et par Tallocatioiw d'une paye constante à tout citoyen occupé ainsi. Nous avons déjà mentionné que, même sous la démocratie de Kleisthenês, et jusqu'à l'époque qui suit la bataille de Platée, de vastes pouavoirs restaient encore entre les mains tant des archontes individuellement que du sénat de l'aréopage (corps composé exclusivement des anciens archontes, après leur année de charge, et qui y siégeaient à vie) ; bien que le contrôle exercé -par le corps général des citoyens, assemblé pour faire des

lois dans l'Ekkksiaet pour juger dans THelisea, fût en même temps considérablement accru. Nous devons de plus nous rappeler que la distinction entre le pouvoir administratif et le pouvoir judiciaire, si hautement estimée dans les gouvernements plus compliqués de l'Europe moderne, depuis les spéculations politiques du dernier siècle, était dans l'ancienne histoire d'Athènes presque inconnue. Comme les rois romains (1) et les consuls romains avant la nomination du Praetor, les archontes athéniens non-seulement administraient, mais encore exerçaient une juridiction, volontaire aussi bien que contentieuse, — décidaient les disputes, faisaient les enquêtes sur les crimes et infligeaient les châtiments. Les fonctions du sénat de l'aréopage, et même du sénat annuel des Cinq Cents, création de Kleisthenês, étaient de la même nature mixte. Les stratêgi aussi, ainsi que les archontes, avaient sans doute la double compétence, quant

(1) V. K. F. Hermann, Griechische Staatsalterthttmer, sect. 53-107, et son traité De Jure et Auctoritaie xnagistratunm ap. Àthen. p. 53 (Heidelb.

1829), et Rein, Roemisdies Privatrecht, p. 26, 408. M. Labonlaye insiste aussi particuUèrement sut la ooninsion des fonctions administratives et judiciaires chez les Romains (Essai sur les lois criminelles des Romains, p. 23, 79, 107, etc.). Cf. sir G. C. Lewis, Essay on the Govemement of Dependencies, p. 42, avec sa citation de Hugo, Geschiohte des Roemischen Reohts, p. 42.

Sir G. Lewis a fait de justes et importantes remarques sur ce qu'il y a de bon dans la classification admise des pouvoirs en théorie et sur Pétendue jusqu'à laqueUe leur séparation ou a été portée, on peut Têtre en pratique :

Y. aussi note £. dans le même ouvrage, p. 347.

La séparation des fonctions administratives d'avec les fonctions judiciaires parait inconnue dans les anciennes sociétés. M. Meyer fait observer, relativement aux institutions judiciaires de

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