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ail lieu du casque. Bien que la première nouvelle leur fût aruiVée par surprise, les soldats de Cyrus eurent tout le temps de se mettre en ordre complet; car l'ennemi ne parut que quand l'après-midi était avancé. D'abord om vit de la pous- ^ère comme un nuage blanc; — ensuite un point sombre indéfini qui avançait graduellement, jusqu'à ce que l'ai'mure çommen-çât à briller, «t que les divisions de troupes composant l'armée, arrangées en masses épaisses, devinssent visibles. Tissapherioiês était à la gauche, vis-à-vis des Grecs, à la tête des cavaliers persans, ayant des cuirasses blanches; à sa droite étaient les archers persans, avec leurs gherras ou boucliers d'osier, garnis d'une pointe, de naamère à être fichés en terre, tandis que de derrière on lançait des flèches ; ensuite l'infantisrifi égyptienne avec de longs boucliers de bois couvrant tout le corps et les jambes. Devant toutes les^ troupes était une rangée de chars avec des faux attachées aux roues, destinés à commeoicer la charge conta^e la phalange grecque (1).
Comme les Grecs étaient en train d'achever leur ordre de bataille, Cyrus se rendit à cheval sur leur front, et pria Klearchos d'attaquer avec les Grecs le centre de l'ennemi^ vu que c'était là qu'était posté le roi en personne, et que si . ce centre était une fois battu, la victoire était gagnée. Mais la supériorité en nombre était telle que son centre s'étendait au delà de la gauche de Cyrus. En conséquence, Klearchos, craignani; de retirer sa droite du fleuve, de peur d'être pris à la fois en flanc et par derrière, préféra garder sa position à la droite, et il se contenta de répondre à Cyrus qu'il disposerait tout pour le mieux. J'ai fait remarquer aupara- .vant (2) combien il arrivait souvent que la crainte d'être attaqué du côté sans bouclier et par derrière, amenait 1-e soldat grec à faire des mouvements incompatibles avec l'à-propos militaire, et on verra bientôt que Klearchos, en obéissant aveuglément à cette règle habituelle de précaution, futcoR-
(1) Xénoph . Anab . I, 8, 8 -11 , (2) TkiBcyd . V, 70. V. tome X, ch. J ,
|&. 27 de> cette Histoire.
CYRUS LE JEUNE ET LES DIX MILLE GRECS 51
doit ici à commettre la faute capitale de rester sur le flancdroit, contrairement à l'avis plus judicieux de Cyrus (1). Cedernier continuait pendant quelques instants à aller lentement à cheval devant les lignes, considérant alternativement les deux armées, quand Xénophon, — qui faisait partie de la petite troupe des cavaliers grecs, et était attaché à la division de Proxenos, — s'avança à cheval hors de la ligne pour l'accoster, lui demandant s'il n'avait pas d'ordres à donner. Cyrus le pria d'annoncer à tout le monde que les. sacrifices étaient favorables. Entendant un murmure circu» 1er dans les rangs grecs, il s'informa auprès de Xénophon de ce que c'était, et il reçut pour réponse que le mot d'ordre était alors en train de passer 'pour la seconde fois. Il de-* manda, avec quelque surprise, qui donnait le mot d'ordre? Et quel il était? Xénophon répondit que c'était « Zeus le Sauveur, et Victoire. » — Je l'accepte, répliqua Cyrus; «( que ce soit le mot, » et immédiatement il se rendit à son poste, au centre, parmi les Asiatiques.
L'immense armée d'Artaxerxês, s'avançantd'un pas ferme et sans bruit, était à ce moment à moins d'un demi-mille de celle de Cyrus, quand les troupes grecques entonnèrent le paean, ou cri de guerre habituel, et commencèrent à marcher en avant. A mesure qu'elles avançaient, les cris se firent entendre avec plus de violence, le pas devint accéléré, et à la fin tout le corps se mit à courir (2). Ce mouvement aurait pu être malheureux si les adversaires eussent été d'autres hoplites grecs; mais les Perses ne restèrent pas. pour attendre la charge. Us tournèrent dos et s'enfuirent quand les assaillants étaient encore à peine à la portée detrait. Leur panique fut telle, que même les conducteurs des^ chars armés de faux en avant de la ligne, laissant leurs attelages, se sauvèrent avec les autres; tandis que les chevaux, abandonnés à eux-mêmes, se précipitèrent séparément
(1^ FiiitMqiiB (Artaxer. c. 8) fait (2) Xénoph. Anab. I, 8, 17; Dio-
eette critique an sujet de ICIearcho», dore, XIV, 23 . et elle semble tout à fait juste.
dans toutes les directions, quelques-uns se retournant pour suivre les fuyards, d*autres venant dans la direction des Grecs qui avançaient, et qui ouvrirent leurs rangs pour les laisser passer. La division de gauche de Tarmée du roi fut ainsi mise en déroute sans coup férir, et vraisemblablement sans un homme tué d'un côté ni de l'autre : un Grec seulement étant blessé par une flèche, et un autre pour ne pas s'être écarté de la route de l'un des chars (1). Tissaphernês seul,
— qui, avec le corps de cavalerie immédiatement autour de lui, était à l'extrême gauche des Perses, tout près du fleuve,
— fît exception à cette fuite universelle. Il chargea et pénétra dans la ligne des peltastes grecs qui étaient en face de lui entre les hoplites et le fleuve. Ces peltastes, commandés par Episthenês d' Amphipolis, ouvrirent leurs rangs pour le laisser passer, lançant leurs traits sur les hommes à mesure qu'ils passaient, sans perdre cependant un des leurs. Tissaphernês arriva ainsi jusque sur les derrières des Grecs, qui continuèrent de leur côté à poursuivre les Perses fuyant devant eux (2).
Les choses se passaient différemment dans les autres parties du champ de bataille. Bien qu'Artaxerxês fût au centre de son armée, cependant, grâce à la supériorité du nombre, il déborda Ariseos, qui commandait l'extrême gauche de Cyrus (3). Ne trouvant personne directement opposé à lui, il commença à faire faire une conversion à son aile droite, afin d'entourer ses ennemis, sans remarquer la fuite de sa division de gauche. D'autre part, quand Cyrus vit la victoire facile des Grecs de leur côté, il fut transporté de joie, et il reçut de tous ceux qui l'entouraient des salutations comme s'il était déjà roi. Néanmoins il eut assez d'empire sur luimême pour ne pas se jeter en avant, comme si la victoire était déjà gagnée (4) ; mais il resta immobile avec son régi-
(1) Xénoph. Anab. I, 8, 17-20. KOpo; 8è opwv toùc "EXXïivac vixôv-
(2) Xénoph. Anab. I, 8, 23; I, 9, xa; tô xa6' éavxoù; xat SiwxovTa;, ^56- 31 . {lEvo; xal Trpoffxuvou(ievoç ^JSti ûç paat-
(3) Xénoph. Anab. 1, 10, 4-8. Xeoc vnà twv àji^* aÙTÔv, oùô' cbç
(4) Xénoph. Anab. I, 8, 21. HnH Siwxeiv, etc.
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