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qu'une grande ville portât son nom. n fit de cette cité nouveUe le siège de l'empire , et cette translation hâta la décadence et la ruine delavieiUe cité deRomulus. Ce règne, souillé de crimes jusqu'alors inouis , est encore remarquable par la division du monde entre les trois fils de Constantin , division qui porta un coup si funeste à la puissance romaine , et surtout à «la civilisation.
Les barbares <lu Nord , si long-t«ms contenus , ébranlèrent enfin de toutes parts cet empire colossal , qui succomba sous le fardeau de son propre poids , parce que des institutions antiques ne purent s'y mettre en harmonie avec les opinions nouvelles. Les Corcyréens fournirent toujours leurs soldats et leurs vaisseaux à l'empire. Théodose, qui avait fait l épreuve du courage de ces insulaires , leur donna le premier rang panni les Grecs. Us énaient redevenus plus puissans que jamais par le nombre de leurs colonies et
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retendue de leurs domaines ; mais Genséric , d^à maître de lltaUe , de la Sicile et de la Dalmatie , se porta tout à coup sur Corcyre , qu'il ravagea. Uile entière tomba en son pouvoir , et la citadelle résista seule contre les efforts de ce cruel guerrier. Basilic ^ amir^d des Grecs, vînt bientôt délivrer Corcyred'uB péril si p^saiDt.
Dans cestems d'horreurs ^ où ies ombres de rignoranoe commençaient à s'étendre sur le monde , on vit les Corcyréens s associer à tous les faits glorieux qui jetèrent encore de loin en loin quelque éclat à travers les ténèbres de la barbarie. Bélîsaâne en passant à Gcncyre y excita Fenthousiasme de la jeunesse; elle se rangea sous ses. drapeaux et prit part à tous les hauts faits militaires de* ce grand général. Totila j vainqueur'e<alie , où il ay ait étendu rodieuse domination dès Gofths , attaqua la Grèce , et €orcyre fut saccagée une seconde fois ; mais ses < plaies farenc bien plus, pro-
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fondes que la première. Les barbares détruisirent tout , et quelques milliers d'habitans purent à peine échapper au carnage. Avides de vengeance, ces malheureux saisirent la première occasion d'en décharger le poids sur les auteurs de leurs désastres. Us se joignirent à la flotte grecque , et attaquèrent les Goths devant Ancône avec le plus grand acharnement. Cette journée fut décisive , et par des prodiges de valeur , les Corcyréens tirèrent de leurs ennemis une satisfaction éclatante. Tant de malheurs successifs n'avaient pas abattu leur puissance : ils combattirent les Dalmatés , que la faiblesse de l'empire grec encourageait au brigandage ; ils contribuèrent aux succès d'Héraclius sur les Perses , puis à ceux de Constant , deuxième du nom , sur les Sarrasins j enfin à la délivrance de Constantinople , assiégée par ces mêmes barbares , sous le règne de Léon llsaurien. H serait trop long d'énumérer les ser-
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vices que ces insulaires rendirent aux Grecs vers les derniers tems de leur empire. L'anleur n'a omis aucune de ces circonstances mémorables j et son ouvrage , en présentant un tableau fidèle de l'histoire des Iles Ioniennes , offre en même tems l'analyse succincte de ceux des événemens du moyen âge ^ qui ont entre eux une sorte de connexité.
L'île de Céphallénie offre moins de souvenirs, encore que ses habitans, sans avoir jamais atteint le haut degré de splendeur, où ceux de Corcyre étaient parvenus ^ aient aussi des titres à la gloke. La tradition des tems fabuleux leur donnait pour ancêtres une colonie de Curetés , peuples dont l'origine se fera dans la nuit du passé. Les Tbébains ^ soiks les ordres d'Amphitryon , chasaènent de Tile ces premiers possesseurs. Céphallénie se nommait alors Téléboa , et Céphalis , dont les iktions d'Ovide ont immortalisé la mér moire , lui donna son nom , qu'elle a cqbp-
Histoire des lits Ioniennes , et Atlas. e
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serve ; depuis , subjuguée par Laërte , elle ût partie du domaiue de son fils. Le royaume dlthaque, agrandi par les conquêtes de Laërte , comprenait alors , outre Géphallënîe et Ithaque ; Zacyuthe , Dulychium et la puî^ santé ville de Néryte, dans cette partie de rAcamanie qui forma depuis Tîle de Leucade. Ulysse conduisit au siège de Troie douze vaisseaux armés '^ et les Céphallënièns se distinguèrent sous la conduite de ce monarque astucieux^ dont la prudence ooii* somma la ruine de Priam.
Après vdngt années d'absenœ et des plus étonna ns revers, Ulysse revit sa patrie et céda la couronne à son fiLs Télémaque ; mais le royaume qu'il avait illustré ne subsista pas long*-tems : l'histoire ne fait plus mention cPIthaque depuis cette époque; Géphallé-» nie s'érigea en république et son ancienne dominatrice devint sa tributaire à son tour. Alliés de Corinthe y les Céphalléniens pana-
J)ISGOUKS P&ELIMrNAIRE.
gèrent les désastres de cette r^ubiiqne , dans ses démêles avec Coreyre. Lorsque tous. les états de la Grèce prirent parti pour Athènes ou Laoédémoue dans la gueire du Pëlopo^ nèse j Cé]^ialléBie , fidèle à sou ancienne alliance 5 suivit lafortunedeCorinthe , qui avait suscité cette sanglante querelle, et sedeclam avec elle en f faveur des Spartiates jamais dqs Touveiture de la campagne , la flotte .d'A-r thènes s'empara de l'ile et de ses quatre cités qui formaient autant d^^rréimbliques. Les Gé? phaUéniens^ firent dès«târs partie.de la ligue ^A^èaes ; leurs: troupes étaient au. $iége de Lieucas j que les Atb^'ens furent obligés de bmr dans . la sixième année, doi ia goerre. Fendant le long imervalle qui sépare- cette époque des premièresi expéditîona t romaines en Grèce> Gépkallénie/ alliée deuGorayce^ éprouva le même sort , et participa plus ou moins, aux ^Qtrepi^ises' ou aux traités de cette dernière.
xxxvj DISCOURS PRELIMINAIRE.
Lorsqu'après avoir ravagé TÉtolie et FAmbracîe , le roi de Macëdoine , Philippe II , fier de sa puissance , et poussé par un esprit de vertige àdéfiet' les Romains , tenta la réduction de Céphallénie , les insulaires se couvrirent d'une gloire immortelle. Le siège de Palée, qu ils soutinrent avec une constance héroïque , découragea le monarque ennemi ^ celuici abandonna son entreprise après avoir perdu Félite des troupes qu'il avait conduites à cette expédition. Céphallénie , alliée des Êtoliens, combattit avec eux contre Rome et se soumit au consul Fulvius qui lui accorda la paix. Mais la ville de Samé , l'une des plus florissantes de l'île , s'étant révoltée , Fulvius quitta aussitôt r Acamanie pour la réduire à l'obéissance. Jamais siège ne fut plus meurtrier : animés d'une ardeur égale ^ les assiégés et les assiégeans firent des prodiges de valeur. Ce-pendant Samé fîit enfin obligée de se rendre ^ après une lutte des plus opiniâtres ^ cette ville
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fiit saccagée et ce qui resta de ses habitans fut réduit en esclavage.
L'histoire ancienne ne fait presque plus
mention de Céphallénie j cette île appartint successivement aux empereurs de Rome et de Constaniinople ^ ravagée par les barbares à diverses époques , elle était presque ignorée depuis plusieurs siècles , lorsque les premières expéditions des Latins , dans les guerres sacrées du moyen âge , lui rendirent une partie de son antique célébrité.
Voyons cependant quelles furent les anciennes destinées de Cythère , de Leucade , de Zacynthe et de Naxos. Que de brillantes actions nous rappelle chacune de ces iles! Cythère y qui donna son nom à la reine des Amours ; Leucade , dont les rochers y battus par les flots de la mer , sont immortalisés par la fin tragique d'une dixième muse j Naxos , non moins illustrée par le culte de Bacchus , que par les consolations prodiguées par ce
xxxTÎij DISCOURS PRÉLIMINAIRE.
Dieu à la belle Ariane. Ces îles nous offrent toutes quelque gracieux, souvenir; à leur nom seul y ridée franchit, pour ainsi dire'^ Tespace immense des siècles, et se reporte à cet âge des illusions poétiques , où Vénus , port^ sur les flots écumans qui lui donnèrent naissance y toucha pour la première fois' an sol heureux où sa présence devait appeler le bon- ' heur ; mais ces rêves font sentir avec plus d'amertume encore toute l'horreur de Fétat présent de ces mêmes liaxx, que ringénieuse antiquité avait embellis du charme de ces aimables fictions. Cythère et Naxos, qu'est devenue la majesté de vos temfrfes? Zacyn-^ the, quelles mains barbares ont désolé tm campagnes , et converti en arid^ bruyères les bosquets enchantés qui t'ombrageaient au« trefois ? Le tems et les révolutions ont donc englouti jusqu'aux moindiiss vestiges de votre splendeur , et ce désastre ^ra-t41 jamais réparé i Le soeptredetfer du despotisme , ou la
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confusion sanglante de Tanarchie , avaient tour à tour dégradé vos citoyens et désolé vos dtës; contrées malheureuses, vous conçûtes un moment la chimérique espérance de renaître à la gloire sous Tinfluepce dç la liberté^ vou« appeliez avec transport quelque peu^de civilisé qui vous, la pût rendre ; il s'en est trouvé un ^ mais plus barbare cent fois que ces farouches Ottomans dont vous redoutiez la domination ! De quel prix a*t--il récompensé votre confiance !!!..••
Revenons à l'histoire de ces iles ; tel est lefifet c[ue le contraste â& leur éclat passé avec leur dégradation actuelle présente k l'es* prit y qu'il est presque impossible de s'y sartêter sans émotion. i
Gythère était dans l'origine une colonie de Phéniciens. Elle fut célèbre dans l'antiquité , et par les autels que divars peujdes y avaient élevés à Vénus , et par le séjour qu'y firent Hélène et Paris après leur fuite de Lacédé-
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mené. Ces. deux amans y bâtirent un temple à la déesse , pour obtenir d'elle une navigation heureuse et de longs amours. Enrichie par les offrandes de tous les peuples , et fameuse par la vénération, de son culte, Cythère borna toujours ses prétentions à une sorte de supériorité religieuse : elle ne fut jamais d'une grande importance politique. Les Lacédémoniens s'y établirent dès les premiers tiems de leur république , et la conservèrent toujours depuis cette époque. Us en furent néanmoins dépossédés plusieurs fois par les Athéniens , mais ils parvinrent toujours à la recouvrer , même en sacrifiant quelques autres avantages , parce qu'ils sentaient combien cette position était favorable à leur marine. Cythère subit le joug des Romains , lorsque la Grèce fut envahie par ces conquérans , et fit ensuite partie de l'empire de Constantin nople 5 son peu d'étendue , ou plutôt l'aridité d'une partie de son territoire , ne permit
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jamais cpie cette île jouât un grand rôle dans les guerres des anciens Grecs : les mêmes raisons Tempechèrent plus tard ^de se signaler contre les ennemis qui convoitèrent sa possession.
Leucade florissait au tems d'Homèrie^ comme leprouventdiyers passagesde ce grand poète j elle i>'était d'abord cju'une presqu'île de r Acamanie : ses habitans la séparèrent du continent , et le cours tardif des siècles a presque rétabli les choses dans leur ancien ét^t. Cette île dépendait , au commencement 9 de Corcyre et de Corinthe ^ elle appartint dans la suite à cette dernière république. Les habitans de Leucade figurèrent dans toutes les guerres de la Grèce , soit comme alliés de Corcyre , soit comme auxiliaires de Corinthe. Ils envoyèrent un corps nombreux en Sicile , lorsque les deux républiques , qui les commandaient ensemble gutgur à tour, armèrent en faveur de Syracuse pour détrôner le ty-
xlij DISCOURS PRÉLIMINAIRE.
ran Denys le jeune. Ravagée par Philippe , ensuite par les Etoliens , LeUcadle fit' partie du domaine de Corcyre jusqu'à Tépoque des premières irruptions des barbares. Son sort fat déplorable depuis ce moment : prise et reprise successivement , elle ne jouit presque d'aucune tranquillité. Enfin, elle passa au pouvoir des ducs qui régnèrent à Corfou.
Les plus anciennes traditicHis désignent Zacynthos , l'un des fils de Dardânus , comme le premier des princes qui régna à Zacynthe , et qui lui donna son nom. Il vînt s'y fixer, à la tête; d'une colonie phrygienne , et Laërte en enleva la souveraineté à ses descendans. Les Zacynthiens suivirent Ulysse dans la Troade , et se distinguèrent par leur valeur. Sous le règne de Télémaque , Tile entière , déjà indépendante du gouvernement d'Ithaque , s'érigea en république et ' s'éleva rapidement à un très-haut degré de splendeur. Pendant que Polycrate tyrannisait les Sa-
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miens , on voit déjà Zacynthe maîtresse d'une partie de File de Crèle. Bientôt ^ étendant au loin ses colonies et son commerce , lat repu-blique fonda Sagonte et Zacantfaa en Ibérie 9 plus tard, elle fit alliance ayec les Athéniens ; et ses guerriers ^ fameux par leur adresse à se servir de la fronde et à lancer le javelot ^ servi, rent toujours utilement la cause de cette fîère rivale de Lacédémoné. Aussi long^tems que la Grèce florissante conserva son indépendance, Zacynthe fut régie par sespropres Ids} mais k l'époque de la guerre sociale ^ si désastreuse pour la puissance macéijbmenne dont elle hâta la chute , Zacynthe s'étant déclarée en faveur des Achéens , fut soumise par le consul Levimis et donnée à TEtolie : les peuples de cette province, dont {.'esprit turbulent égalait l'inoonstanee et la versatilité^ se^éta* ehèrent du parti de Rome pour s'unir à Per-sée, demiœ sucoessc^ d'Alexandre , «sur le trône de Thessaldqique : Zacynthe fox entrai*
xliv DISCOURS PRÉLIMIMÂÏRE.
née dans celte ligue , et subît la loi du vainqueur. Depuis ce moment , elle n'eut plus ni sénat ni liberté. Réunie à l'empire , et soumise au préteur de TAchaïe, elle partagea toutes les vicissitudes et tous les malheurs de ce département , lorsque les barbares s'en disputèrent la possession. Les Zacy nthiens, ainsi enchaînés , tombèrent dans une sorte d'oubli ; à peine si leur nom figure dans les annales du Bas-Empire. La perte de leur liberté causa leur dégradation morale, et comme on les avait vus se distinguer entre les Grecs , par leur courage y au jour de leurs prospérités , on les vit partager leur avilissement au téms de leurs revers.
Il nous reste encore à dire quelques mots de Naxos ; quoique sa position géographique l'isole entièrement des Iles Ioniennes , l'auteur a cru devoir la comprendre dans son ouvrage , et les archéologues lui sauront gré de cette augmentation. L'importance de Naxos
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dans tous les levas j son étendue , sa situation au centre de FArchipel , et surtout le rôle qu'elle a joué dans les guerres du moyen âge , la rendent bien digne d'une attention particulière. Cette île avait été illustrée par les fictions des anciens : il n'est personne qui ne sache et les honneurs qu'on y rendait à Bacchus j et comnoient l'ingrat Thésée y abandonna la belle Ariane. Repasserai sous silence^ et la fable de l'invasion dés fils de Borée , et celle d'Orthus et Ephiatte , ces deux géans , fils de Neptune et d'Iphimédie , qui chassèrent les usurpateui'S, Tous ces faits , antérieurs aux époques réellement historiques, sont du domaine des poètes , et ne doivent point oc* cuper le burin de Clia. Je me bornerai donc à paorler de l'expédition des.Cariens qui s'em-* parèrent de l'âe, alors nommée, Strpngylos^ par allusion à sa forme presque ovale ; ils lui donnèrent le nom de Naxos ^ qui était aussi celui de leur roi. Plusieurs écrivains font dé-
xlvj DISCaURS PRÉLIMINAIRE.
river ce nom d'une axrtxe source ) ce n'est pas ici le lieu d'ejcaminer la valeur de leurs assertions ; il aous suffira de dire qu'après quelques générations , une colonie de Guy* diais s'établit à Naxos , et que ceuxKîi furent dépossédés à leur tour par les habitans de Rbodes. Ces événemens ' som encore assez obscurs : beaucoup de circonstances fabuleuses y sont mêlées/ Après les Rhodi^is ^ les.peuples de Tlonie s'emparèrent de Naxos , et lui donnèrent des fois de leur nation. Enfin cette île s'érigea en république ^ et devint la plua puissante des Cyclades. Elle fut souvent asservie ^ Pisistrate lui donna un maître ; elle tomba ensuite au «pouvoir, des Perses^ et: bientôt après sous la domination d'Athènes >' qui en jouit presque sans inten* ruption jiisqu'.aux conquêtes de Sylla.
. 'Les Romains prirent «ensuite possêssiou de Naxos , et cette île faisait partie de l'em* pire d'Orient j lorsque Constantin démem-
DISCOURS PRÉLIMINAIRE. xlnj
bra la plus vaste domination qui ait jamais existé.
Jusqu'ici les Iles Ioniennes, divisées d'iritëret, soumises ' à des gouvernemens differens , indépetidantes l'une de Taùtre , tou* )ours rivales, quelquefois ennemies, n offrent pas assez de liaison entre elles poui* qu'on pm'sse resserrer leur histoire dans un cadre ordinaire. Chaque ile ayant eu son gouvernement , devait avoir ses annales sét parées. Cette marche naturelle est celle que l'auteur a choisie *, elle occasionne peut-être uif dé£iut d'ensemble, un manque d'unité, et des transitions trc^ brusques et trop mul^ tipliëes ^ mais ces vices étaient , pour ainyi dire^ inhéfeâ&iu sujet ^ je dirai mâtne que si le lecteur, seulement curieux, trouve iln peu moins d'intérêt dans cette manière de narrer, le savant y gajgne en précision, ihe^ faits exposés tour à tour dans leur, ordre cbro^ nologique , et dans le chapitre du pays au-
xlvKj DISCOURS PRÉLIMIÎ^AIRE.
quel ils ont rapport , se présentent avec plus de clarté : en un mot , on aurait pu exiger de l'auteur une plus grande liaison dans les parties de son travail , un intérêt plus soutenu ^ mais il lui était impossible de procéder avec plus de méthode. Son livre ', que les gens du monde liront toujours avec un véritable plaisir , parce que la lecture en est réellement attachante, sera pour l'archéologue une som-ce nouvelle de documens précieux^ les cartes et les plans des Iles Ioniennes ) levés avec grand soin , ne seront pas non plus inutiles au géographe y qui pourra , en les consultant , redresser quelques-unes des inexactitudes dont toutes les cartes de l'Archipel et de la Grèce sont remplies*
•Tai conduit le lecteur à cette époque où le monde, fatigué du joug de Rome, se lève tout à coup contre cette fière dominatrice ^ je vais maintenant réunir en un
DISCOURS PRÉLIMINAIRE* xl!i
même tableau tout ce qui reste à dire sur les Iles Ioniennes 9 depuis l'érection des duchés de Corfou et de F Archipel jusqu'à nos jours* De nouveaux faits se présentent j une ère différente commence pour ces contrées fameuses , et l'intérêt qu elW avaient un moment perdu ^ sous la domination languissante des empereurs de Gonstantinople , se réveille et devient plus vif que jamais. Naxos recouvre son ancienne prospérité ; Corcyre renaît de ses cendres pour partager les lau-« riers de Venise. L'Archipel et les côtes de la Grèce se couvrent encore une foîs de vaisseaux indépendans y armés contre la ty-* rannie ^ et ces mers , qu'aucun fait généreux n'avait illustrées depuis les journées de Sala-« mine et la décadence d'Athènes y deviennent le théâtre de nouveaux triomphes. Des cités florissantes sortent du sein des ruines , et des générations guerrières succèdent à des races avilies par un long esclavage.
in des lies Ioniennes f et jitlas» à