‹ Histoire de la GrèceChapitre 8 sur 21 · HI8T01SB DE LA. BBÈOM · texte numérisé non relu

HI8T01SB DE LA. BBÈOM

quatorze stades de largeur ou un peu plus d'un mille et demi (= 2 kilomètres) (1). Dans la crainte d'être débordé par le nombre supérieur des Perses, il donna à Parmeniôn Tordre sévère de se tenir tout près de la mer. Ses cavaliers macédoniens, les Compagnons, avec les Tliessaliens, furent placés sur son flanc droit, comme le furent également les Agrianes, la principale portion de l'infanterie légère. La cavalerie péloponésienne et alliée, avec l'infanterie légère thrace et krôtoise, fat envoyée sor le âanc gauche de Parmeniôn (2).

Darius, informé qu'Alexandre approchait, résolut de combattre là où il était campé, derrière le fleuve f inaros. Toutefois, il lança au delà du fleuve un détadiemeiit de 30,000 cavaliers et de 20,000 fantasaîiis, pour assurer la formation tranquille du gros de son armée derrière ce fleuve (3). 11 composa sa phalange ou ligne principale de bataille de 90,000 hoplites : de 30,000 hoplites grecs au centre et de 30,000 Asiatiques armés ou hoplites(appelés Kardakês) de chaque côtédes Grecs. Ces hommes,-*-* non. répartis en divisions séparées, mais groupés en nnseul corps on multitude (4), — remplissaient Tespace entre les montagnes et

(1) IaJiistheuû& a^. f olybium, XU^

(2) Arrien, II, 8, 4-13.

(3) Cf. Kîvllisthenês ap. Polyb. XII, 17, et Arrien, II, 8, 8. En considérant combien l'espace éttàt étroit, des oorps nombreux tels qtie ces 30,000 cbevaux et ces 20,000 Jantassina ont dû avoir de la peine ù se mouvoir. Kallisthenês ate les nentionnait pas, antant que nous pouvons le voir par Polybe.

(4) Arrien, II, H, 9. Togoûtouç yàp

)(<âfiov, fwi èrdUroovfo.

La profon'îeur de cette phalange unique n'est pas donnée, et nous ne connaissons pas non plus la largeur OKiele da tornda qu'elle occupait'. En a dme ttant une profond(>ur de seize hommes, et un pas en largeur pour «baque soldat, 4,000 hoasoit» devaient

tenir dans la largeur d'un stade de S50 pas, et par eonséqvent 80,000 hommes dans une largeur de vingt stades (V, le calcul de Riistow et Koechly (p. 280) au sujet de la ligne macédonienne). En admettant nne profondeur devingt-six, 6,500 homnes devaient tenir dans la largeur du stade, et conscquemment 90,000 dans une lÎMrgenr totide de 14 stades^ largeur (jui est domu'p par Kallfsthenês.

Mais on a dû laisser des intervalles, plus o\i moins grands, dont nous igno> tons le nombre; les détachements destinés à couvrir l'armée, qui avaient été envoyés devant le flenve Pinaroa, ont dft troQVer quelques moyen» de passer pour seienlieà l'anitoe, quand on les rappela.

M. Kinneir afiirme qae la largeur entre le mont AnaniH et la mer varie

SECONDE ET TROXBIÈMB CAMPAOlfB EN ASIE 143

la mer. Sur les montagnes, à sa gauche, il plaça un corps de 20,000 hommes, destiné à agir contre le flanc droit et lob derrières d'Alexandre. Mais quant à la masse numérique de son immense armée, il ne put lui trouver de place pour agir ; en conséquence, elle resta inutile à l'arrière de ses hoplites grecs et asiatiques, sans être cependant formée en corps de réserve, ni tenue disponible pour prêter aide en cas de besoin. Quand sa ligne fut complètement formée, il rappela sur la rive droite du Pinaros les 30,000 cavaliers et les 20,000 fantassins qu'il avait envoyés au delà du fleuve pour protéger ses arrangements. Une partie de cette cayalerie fut envoyée à l'extrémité de son aile gauche ; mais on reconnut que le terrain de la montagne ne lui convenait pas pour agir, de sorte qu'elle fut forcée de passer à Taile droite, où par conséquent la grande masse de la cavalerie persane se trouva réunie. Darius lui-même, dans son char, était au centre de la ligne, derrière les hoplites grecs. Devant toute sa ligne coulait le fleuve ou ruisseau du Pinaros, dont il fit obstruer par des levées en quelques endroits les rives, naturellement escarpées sur beaucoup de points (1).

Aussitôt qu'Alexandre, par la retraite du détachement persan destiné à couvrir Tarmée ennemie, put apercevoir les dispositions définitives de Darius, il fit quelques changements dans les siennes, en fiûsant passer sa cavalerie thessalienne, au moyen à*nn mouvement exécuté par derrière, de son aile droite à sa gauche, et en fajsant avancer

entre un mOle et demi (2 kilom. 1/2) «t Irais millM (k»4 kilom. 800 mët.)l Les quatorze stades de Kallisthen?s sont équivalents à près d'an mille 3/4 2 kilom. 800 mèt.).

Ni dans l'antiquiti, ni dans les temps modernp?, los armées oricntulos n'ont jamais été habituées, par des utficiers indigènes, à ane régolarité de nMurebe on d'arrangement, — V. Malcolra, Hist. of Persia, ch. 23, vol. II, p. 498; Volney, ïravels m Egyptand S^ ria, vol. I, p. 124.

(1) Arrien, II, 10, 2. Kaliisthenês pftndt avoir oaleidé les neveenaires

composant la plialange persnno à 30,000 hommes, — et la cavalerie à 30,000. Il ne semble pas avoir tenu compte de* Kariakêi. Cependant Polybe, dans sa critique, essaye d'établir qu'il n'y avait pas de place pour déployer même 60,000 Sommes, tandis qa'Amta ënnmcr^ 90,000 hoplites, sâns conqmaftdre la cavaleiie (FoLybe, JUI,1S).

HIBTOIRB DB LA. OKtCB

la cavalerie armée de lances ou sarissophori, aussi bien que r infanterie légère, Pœoniens et archers, sur le front de sa droite. Les Agrianiens, avec quelque cavalerie et un autre corps d'archers, furent détachés de la ligne générale pour former un front oblique contre les 20,000 Perses postés sur la colline, en vue de le déborder. Comme ces 20,000 hommes vinrent assez près pour menacer son flanc , Alexandre ordonna aux Agrianiens de les attaquer et de les refouler plus loin sur les collines. Ils montrèrent si peu de fermeté et lâchèrent pied si facilement, qu'il n'éprouva aucune crainte de quelque mouvement agressif sérieux de leur part. Aussi se contenta-t-il de tenir en réserve contre eux un corps de 300 hommes de grosse cavalerie, tandis qu'il plaça les Agrianiens et le reste à la droite de sa ligne principale, afin de rendre son front égal à celui de ses ennemis (1).

Après avoir ainsi formé son ordre de bataille et donné à ses troupes un moment de repos après leur marche, il avança à pas très-lents, désireux de maintenir son front égal et espérant que l'ennemi franchirait lePinaros pour venir àsa rencontre. Mais comme ce dernier ne bougea pas, il continua d'avancer, en conservant l'uniforniité de front, jusqu'à ce qu'il arrivât à portée de trait, moment où lui-même, à la tête de sa cavalerie, des hypaspista3 et des divisions de la phalange de la droite, hâta sa marche, traversa le fleuve d'un pas rapide et tomba sur les Kardakês ou hoplites asiatiques de l'aile gauche des Perses. Non préparés à la soudaineté et à la véhémence de cette attaque, ces Kardakês résistèrent à peine un moment, mais ils lâchèrent pied aussitôt qu'on en vint à combattre corps à corps et s'enfuirent, vigoureusement pressés par la droite macédonienne. Darius, ^ui était dans son char an centre, s'aperçut que cette fà- <;heuse désertion exposait sa personne du côté gauche. Saisi 4l'ane terreur panique, il ât faire un tour à son char et s'en^

(1) Arrien, II, 9; Kallisthenês ap. point essentiel par rapport à la ba-

Folyb. XII, 17. La mollesse de ce taille, — sont mentionnées aussi par

oorptpenan snr le flanc, et la facilité Q.*Cinoe, m, 9, 11. «veo ikqiieUe Akxancbre U refoula, —

8BC0NDB 1BT TROISIÈME CAMPAONB BN ASIB 145

fuit do toute .sa vitesse parmi les premiers fugitifs (1). Il * resta sur son char aussi longtemps que le terrain le permit: mais il le quitta en arrivant à «{uelques ravins ralxjteux, et il monta à cheval pour assurer sa fuite, dans une terreur telle, qu'il jeta son arc, son bouclier et son manteau royal. Il ne semble pas avoir donné un seul ordre, ni avoir fait le moindre ellort ])Our réparer un premier mallieur. La fuite du roi fut pour tous ceux qui la remarquèrent le signal pour fuir aussi, de sorte qu'on put voir l'immense multitude à Tarrière se fouler et s'écraser dans les efforts qu'elle fit pour gagner le terrain difficile hors des atteintes de l'ennemi. Darius était non-seulement le centre d'union pour tous les contingents mêlés dont l'armée se composait, il était encore Tunique commandant, de sorte qu'après sa fuite il ne resta personne pour donner un ordre général quel* conque.

(1) Arrien, 11, 6. EÛQiic, 6;

TO»; êfeuYE» etc.

Cette simple assertion d'Arrieii est beaucoup plus croyable que les détails cxtrOmcment compliqués donnés par Diodore (XVII, 34) et par C^uiiite- Ctttoe(III, 11, 9) au sujet d*aiie charge directe d'Alexandre sur le char de Darius et d'un combat meurtrier immédiatement autour du char, combat dans lequel les chevaux ftirent blessés et devinrent tellement intraitables, qu'ils furent sur le point de Jp renverser. Cbarês alla même jusqu'à affirmer qu*AIexaadre eu étiUt venu à on conflit personne avec Darius, de qui il avait reru sa blessure ù la cMiissc |Plutarquo, Alex. 20). Plutarquo avait vu la lettre adressée par Alexandre à An* tipater, donnant simplement à entendre qu'il avait reçu une légère blessure à la cuisse.

Quant à ee point, aussi bien qa*en beaucoup d'autres, Diodore et QttintM- Curce ont copié la même autorité.

Kallisthenês (ap. Polyb. XII, 22) di-

T. XVIU

s lit (lu' Alexandre avait formé son plan d'atta«iue en vue de donner sur la personne de Darius, ce qui n'est pas improbable (cf. Xénoph. Anab. I, 8} 22), et fut en effet réalisé, puisque la première charfrc lienrensi? des Macédoniens arriva si prés du Darius, qu'elle l'alarma pour la sdreté même de sa personne. A la question posée par Polvbe : — comment Alexandre sut -il dans quelle partie de l'armée eiait Darius? noos pouvons répondre que le char et la personne de Darius étaient sans doute faciles ii reconnaître ; de plus, les rois de Perse étaient habituellement au centre, — et Cjrus le Jeune, à la bataille de Kunaxa, ordonna que l'attaque fût faite exactement contre la personne de son frère Artaxerxis.

Apri'S la bataille <1*' Kniiaxa, Artaxerxês s'attribua Thunneur d'avoir tné Cyins de sa propre main, et il mit

mort eenx qui étaient réellement les auteurs de cet acte, parce qu'ils s'en.

\;aataient (Plutarque, Artax. 16}.

Page 1