BI8T0ISB DB LA. GRÈCE
Cette grande bataille, — nous pourrions plutôt dire : ce qui aurait dû être une grande bataille, — fut perdue ainsi, peu de minutes après qu'elle eut commencé, — parce que les hoplites asiatiques à la izaucbe persane lâclièrent pied et que Darius prit immédiatement la fuite. INIais le centre et la droite des Perses, ignorant ces malheurs, se comportèrent avec vaillance. Quand Alexandre exécuta son choc rapide en avant avec la droite, sous son commandement immédiat, la phalange à son centre gauche (qui était sous Krateros et Parmeniôn) ou ne reçut pas le môme ordre de ■ presser le pas, ou se trouva elle-même retardée et dérangée par la roideur plus grande des rives du Pinaros. Elle y fut chargée par les Grecs mercenaires, les meilleures troupes au service des Perses. Le combat qui s'engagea fut opiniâtre et les pertes des Macédoniens assez considérables , le général de division Ptolemœos, tils de Seleukos, avec cent vingt hommes du premier rang ou phalangites d'élite, étant tué. Mais bientôt Alexandre, ayant achevé la déroute à la gauche des ennemis, ramena ses troupes victorieuses de la poursuite, attaqua les mercenaires grecs en liane et donna une supériorité décisive à leurs ennemis. Ces Grecs mercenaires furent battus et forcés de se retirer. En voyant que Darius lui-même avait fui, ils se retirèrent du champ de bataille du mieux qu'ils purent, vraisemblablement toutefois en bon ordre. Il y a même lieu de supposer (qu'une partie d'entre eux se fraya un passage de vive force vers les montagnes ou à travers la ligue macédonieaae, et s'échappa vers le sud(l).
Pendant ce temps-là, à la droite des Perses, du côté de la mer, la cavalerie persane pesamment armée avait montré beaacoup de bravoure. EUe fut assez hardie pour franchir
(1) Telle est la sappositiou de M; Wilttims, et elk me paraît ])ro- WUe, bien que M. Ainsworth la ré- Toqtie ?n dout«', par suite des difficultés de terrain au sud de.Myriaadros vers ]ft mer. [V. M. Aiaaworth's EMy on the CUician md Sjrrian Gates, Jonmal
of thc Cîeograph. Society, 1838, p. 194.] Ces Grecs, qui ^ient timplcment des fugitifii avec des armes dans leurs mains, — sans cavalerie ni barges, ■ — pouvaient se faire passage sur on tenrain trte-diffioile.
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le Piiiaros (1) et pour charger vigoureusement les Thessaliens. avec lesquels elle soutint une lutte corps à corps jusqu'à ce que la nouvelle se répandit que Darius avait disparu et que la gauche de l'armée était en déroute. Alors elle tourna le dos et s'enfuit en essuvant un terrible dommage de la part des ennemis pendant sa retraite. Quant aux Kardakès sur le flanc droit des hoplites grecs, dans la ligne persane, nous vCen entendons rien dire, non plus que de l'infanterie macédonienne qu'ils avaient devant eux. Peut-ùtre ces Kardakès se mêlèrent-ils peu à l'action, puisque la cavalerie de leur côté du champ de bataille fut si sérieusement engagée. En tout cas, ils prirent part à la fuite générale des Perses, aussitôt qu'ils surent que Darius s'était enfui (2).
La déroute des Perses étant achevée, Alexandre comr mença une vigoureuse poursuite. La destruction et le massacre des fugitifs furent prodigieux. An milieu d*ane si petite largeur de terrain praticable, resserrée parfois en défilé et interrompue par de fréquents cours d'eau, leur nombre immense ne trouvait pas de place, et ils s'écrasaient les uns les autres. Il ^n périt autant de cette manière que par fépée des vainqueurs, au point que Ptolemœos (plus tard roi d*£gypte, le compagnon et l'historien d'Alexandre) raconte que lui-même, dans la poursuite, parvint à un ravin encom« bré de cadayres, qui lui servirent de pont pour le fran* ohir (3). La poursuite se continua aussi longtemps que le permit la lumière d'un jour de novembre; mais la bataille n*avait commencé qu*à une heure aviM^cée. Le camp de Darius fut pris avec sa mère, son épouse, sa sœur, son fils tout enfant et deux fille». Son char, son bouclier et son arc
(1) Arrien, II, 11, 3; (i.-Curce, III, 11, 13. Kallisthenês altirmait la même cbcMe qo*Amen, — à savoir que cette 4!ftvalerie persane avait traverse le Piimros et charfî»5 les Tliessiiliens avec bravoure, l'uljrbe l'en blâme, comme s'il aivait affinaé qndqoe chose de faux et d'absurde (XII, 18). Cela prouve que les critiques de Polybe ne doivent pas être acceptées su us ré-
serve. Il raisonne comme si la phalange macédonienne uc pouvait pas francLir le Pinaros, — transfonnant une difTicultA ea une impossibilité