‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 2)Chapitre 101 sur 235 · ÉTAT POLITIQUE ET SOCIAL DU PÉLOPONNÈSE · texte numérisé non relu

ÉTAT POLITIQUE ET SOCIAL DU PÉLOPONNÈSE

bassadesde se rendre à Rome en faveur des exilés. Par contre, Gallicrate réussit à empêcher toute autre manifestation sérieuse de la vie politique des confédérés. Il avait même osé, lorsqu'en 153 av. J.-G. les Rhodiens, si profondément déchus de leur ancienne puissance ^ demandèrent pendant une g^uerre malheureuse contre les Cretois du secours aux confédérés réunis à Corinthe, et que grâce à lui on le leur eut refusé, déclarer aux Achéens disposés à secourir les Rhodiens, qu'à rinsu et sans le consentement des Romains ils n'avaient ni le droit de faire eux-mêmes la guerre ni d'envoyer du secours à d'autres puissances belligérantes, comme si la confédération était, à cette époque déjà, légalement aussi dépendante de Rome que les Étoliens '. Celui qui, en Grèce, avait encore soif de hauts faits n'avait plus qu'à se laisser enrôler avec des vagabonds étrangers pour aller faire la guerre au dehors '\ Dans ces circonstances, la démocratie, dans le Péloponnèse, prit un caractère de plus en plus féroce, passionné, radical et fanatique. Il y a plus : tandis que les vices de la Grèce de ce temps-là se répandaient rapidement aussi dans le Péloponnèse, le parti populaire de la confédération affichait en bien des endroits cette fâcheuse tendance démocratique et sociale que nous avons eu l'occasion de constater dans le reste de la Grèce. Même au sein de la Ligue, l'opposition entre les riches et les pauvres éclatait partout d'une façon menaçante. Partout les classes élevées, dans le Péloponnèse comme dans le reste de la Grèce, étaient entrées dans une voie très dangereuse^ semblable à celle qui plus tard, en Italie, amena la révolution des Gracques.

Le goût déplorable du célibat se répandait de plus en plus non seulement dans les sphères où l'on était écrasé de dettes, mais aussi parmi les classes aisées, en même temps qu'une corruption et une avidité croissantes et une fâcheuse

') Cf. PoLYB., XXXI, 17, 1-3, et XXXIII, 15 a, 1-4. Diod,, XXXI, 36. 43.

2) PoLYB., XXXIII, 9, 1-3; 14, 3 sq. 15, 1-8. Cf. Diod., XXXI, 37. 38. 44 sqq. La guerre entre Rhodes et la Crète fut sans doute arrêtée par l'intervention de Rome (Cf. Polyb., XXXIII, 14, 4).

3) Cf. Polyb., XXXI, 25, 1, 2 et 8. Diodor., éd. Bekker, t. IV, p. 259 et 265. Fr, ScoriaL, n° 8 et 23.

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