‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 2)Chapitre 102 sur 235 · DÉSORDRES EN GRÈCE · texte numérisé non relu

DÉSORDRES EN GRÈCE

inditlerence à l'égard des intérêts publics. « On ne voulait pas morceler les grandes propriétés en les partageant entre de nombreux descendants; beaucoup de familles s'éteignirent ainsi ; les maisons et les terres se fondirent en un petit nombre d'immenses héritages; » on prit probablement l'habitude, dans ce pays qui avait tant souffert par les dernières guerres si désastreuses, de réunir dans une seule main en latifundia de vastes propriétés. Il en résulta que là aussi de grandes étendues de bonnes terres^ si elles ne restaient pas tout à fait en friche, ne pouvaient être cultivées par les nombreux petits propriétaires libres de biens petits ou moyens, et que l'exploitation des grands pâturages et celle plus dangereuse encore qu'on faisait faire par des esclaves devenaient là aussi de plus en plus générales. En bien des endroits, les masses de prolétaires irrités n'attendaient qu'une occasion pour se soulever ; on voyait chez eux cette aveugle animosité, ces prétentions exagérées, cette sourde haine du pauvre contre les « riches », telle qu'elle se manifeste partout oii la grande propriété se trouve opposée, au point de vue national, politique et social, à un prolétariat affamé, sans espoir et écrasé de dettes *. Dans ces circonstances, Polybe ne pouvait pas songer à se rendre utile. Persuadé qu^il pourrait à l'occasion bien mieux servir ses compatriotes par les relations qu'il avait en Italie, il est certain qu'il accepta très volontiers (en 149) une invitation du consul romain M. Manilius, qui demandait aux xlchéens que Polybe prit part à la dernière guerre contre Carthage que les Romains venaient d'entreprendre. Polybe, il est vrai, déjà arrivé à Corcyre, reçut une nouvelle lettre qui le dispensait d'accompagner ce général. Mais plus tard nous ne l'en trouvons pas moins dans l'entourage de son ami Scipion Émilien, lorsque celui-ci (en 147) avait accepté le commandement en chef dans la lutte contre Carthage *. Ce fut là que Polybe reçut

1) PoLYB., XXXVII, 4, 4-8. XXXVIII, 3, 10. Cf. Nitzsch, Polybios, p. 62. 65 sqq. 84 : Die Gracchen, p. 226. 242. 247. Mommsen, Rom. Gesch., II, p. 43.

2) PoLYB., XXXVII, 1 e., 1-3. XXXIV, fr. latin, fin. XXXIX, 2, 16 et 17. 3 a, 6. Pausan., VIII, 36, 4. Plin., V, 1,(1)9 et 4, (4), 26. VI, 31, (36), 199. VIII, 16. (18). 47. Appian., Punie, c. 132. Ammian. Marcellin., XXIV, 2, 16. Plut., Apophthegm. Rom. Scip. min., 5, Cf. Nitzsch, Polybios, p. 6i, Die Gracchen, p. 237. 247 sqq.

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