LA MACÉDOINE PROVINCE ROMAINK
C'étaient les envoyés de Métellus, qui — il était alors occupé à constituer en province romaine la Macédoine soumise — faisait un nouvel effort pour préserver les Péloponnésiens des conséquences désastreuses de leur entreprise insensée ; aris-
nouvelle province de Macédoine, dans laquelle dès lors les divisions cantonales artificiellement établies en 167 cessèrent d'exister, était et resta longtemps bornée à l'est par le fleuve Nestos, au nord par le haut plateau dardanien. Par contre, il est probable qu'on réunit alors avec cette province vers l'ouest les côtes romaines et illyriennes sur l'Adriatique entre Lissos et Aulona (avec Dyrrhachium, ApoUonia et les îles ioniennes); de sorte que la Macédoine s'étendit de nouveau jusqu'à la mer Adriatique. L'impôt qu'il fallait payer à Rome (p. 191), et qui « était partagé en sommes déterminées entre les diverses communes », ne fut point augmenté; les dispositions légales prises autrefois en Macédoine par Paul-Emile, en grande partie sans doute relatives au droit public et à l'administration des impôts, ayant été trouvées bonnes, ne furent point modifiées; elles subsistaient encore du temps de Tite-Live (XLV, 32) et de Justin (XXXIII, 2), ou plutôt de Trogue Pompée. D'après Mommsen, la Macédoine conserva une « organisation communale ou môme, paraît-il, provinciale ». Cf. Mommsen, Rom. Geschichtej ÏI, p. 41 sqq. Becrer-Marquardt, loc. cit. Jusqu'à la soumission complète de la Thrace et à sa réduction en province, qui cependant ne fut achevée que sous l'empereur Claude (46 ap. J.-C), on considéra comme faisant partie de la Macédoine les colonies grecques de la côte méridionale de la Thrace jusqu'à l'Hellespont. Becker-Marquardt, p. 119 sqq.*. Thessalonique était alors la capitale de la province de Macédoine; cf. Mommsen, Gesch, d. rom. Mùnzwesens, p. 692. Becker-Marquardt, p. 118. Tafel, de Thessalonîca, p. XXVII. En fait de « villes libres » dans la nouvelle province (cf. ce que nous disons plus bas), il y avait surtout (à côté de quelques tribus macédoniennes de l'intérieur qui nous intéressent moins, cf. Becker-Marquardt, p. 118, not. 5), les anciennes villes libres d'ApoUonia (Kuhn, Beitrcige z. Verfass. d. rom. Reichs, p. 82 sqq. et Stâdt. Verfass. d. rom. Reichs, II, p. 17) et Dyrrhachion (cf. Kuhn, Beitrdge, ibid, et p. 91. Stâdt. Verf. ibid, et p. 27, Cic, AdF«m., XIV, l,7);àresl, les îles de Thasos (Plin., iV. If., IV, 12, (23), 73) et de Samothrace (Plin., ibid.), des villes comme Abdère et Mnos (Plin., IV, II (18), 42 sqq.), et, dans la Macédoine proprement dite, Amphipolis (Plin., IV, 10 (17), 38), et (comme on le voit plus tard du moins), Thessalonique (Plin., ibid. Cf. spécialement sur ce point Kuhn, Stâdt, Verf. d. rom. Reichs, II, p. 54 et Tafel, de Thessalon., p. XXVIII sqq.). On trouve des renseignements intéressants sur la constitution de cette ville,
* D'après une hypothèse do A. W. Zumpt {Comment. Epigr., vol. II, de Macedon. Romanor, provinc. praesid. , pag. 221 sqq.), l'ancien royaume de Gentios aurait alors été également réduit en province, et ce territoire, la base de ce qui plus tard fut la province d'Illyrie (Dalmatique), aurait été également placé à cette époque sous la surveillance du gouverneur de ta Macédoine, D'après Mommsen, au contraire, le territoire illyrico-romain au nord de Scodra et de Lissos fut probablement gouverné de l'Italie, c'est-à-dire de la Gaule Cisalpine (v surtout lies gestae Dio. August, ex monument. Ancyr. et Apollon., p. 69 et 84, et Kôm. Oesch., Il, p. itiS sqq.). il est certain que cette côte faisait partie de la Gaule Cisalpine depuis 59 av, J.-C. Cf. aussi Becker-Mahquabdt, p. 1 1 2 sqq.
248 l'assemblée de corinthe
tocrato hautain el adversaire des Scipions et de leur politique, il n'en paraît pas moins avoir eu quelque sympathie pour la Grèce. Papirius et ses amis essayèrent encore une fois, comme l'avait déjà fait Sextus Julius, de ménager aux Achéens une porte ouverte pour se réconcilier avec Rome et les exhortèrent instamment à ne pas persévérer dans la voie qu'avait suivie Critolaos. Ce fut en vain. L'assemblée fédérale de cette année était beaucoup plus nombreuse qu'à l'ordinaire; mais la majorité se composait de gens de la plus basse classe^ notamment d'artisans, d'ouvriers de fabrique et de matelots de Corinthe. Cette foule, surexcitée jusqu'à la démence, interrompit de hurlements sauvages et de cris féroces les discours des ambassadeurs et expulsa les Romains de l'assemblée en les insultant de toutes les façons. Maintenant Critolaos avait mené les Achéens au point où il voulaitles avoir. 11 se répandit en invectives contre les quelques adversaires de sa politique présents dans l'assemblée, ainsi que contre les fonctionnaires fédéraux, dont un grand nombre lui résistaient encore. Puis il s'attaqua aux Romains, « qu'il voulait bien tolérer comme amis, mais non pas comme maîtres », et fit
p. XXX sqq., et notamment sur sept « politarques » régnants; voy. aussi BôGKH, G. I. Gr., vol. II, p. 53 n° 1967. On ne cesse pas alors, il est vrai, de frapper des monnaies d'argent en Macédoine (ci-dessus, p. 191, note 3); mais dès lors on voit sur Jes tétradrachmes, à côté du nom macédonien et de la marque de Thessalonique, capitale de la province, le nom et le titre du gouverneur ou du questeur romain; la Macédoine de cette époque exerçait donc encore le droit de battre monnaie, mais seulement avec la permission des Romains et probablement pas d'une façon bien continue, mais après l'autorisation d'un petit nombre de gouverneurs, probablement tous d'une époque antérieure à celle de Sylla. En Macédoine aussi, sur l'application très intéressante au point de vue numismatique du titre des monnaies attiques au système monétaire romain, en ce qui concerne le u monnayage et la fixation de la valeur », sur la valeur identique qu'attribuèrent les Romains à la drachme attique ou alexandrine et au denier romain, d'abord en Macédoine et en Grèce, et plus tard dans l'Asie hellénistique, et sur les arrières-pensées politiques qui s'y rapportaient peut être, cf. Mommsen, Gesch. d. rôm, Mùnzwesens, p. 71-74 et 690 sqq. et Fr. Hultsgh, Griech. M. rôm. Metroloyiey p. 184 sqq. Le denier romain, qui depuis un siècle déjà s'était implanté dans l'Illyrie romaine (Mommsen, p. 394 sqq. 730), prit de bonne heure sa place à côté de la drachme et du tétradrachme (peu à peu d'une façon tout à fait prépondérante). Sous l'Empire, on ne battit en Macédoine que des monnaies de cuivre. Mommsen, op. cil. y p. 692. Cf., pour tout ce que nous venons de dire, Mommsen, Kôm. GeschichtCy II, p. 406 sqq.