RUPTURE DES ACHÉENS AVEC LES ROMAINS
entrevoir à l'assemblée plusiours alliés en cas de guerre, des rois et les républiques : « si les Achéens », c'est ainsi que s'exprima cet homme dont les paroles — auxquelles malheureusement ne répondaient nullement les actes — n'étaient pas indignes d'un Philopœmen ou d'un LycorLas, « se conduisent en hommes, ils ne manqueront pas d'auxiliaires; s'ils se conduisent en lâches, ils n'échapperont certainement pas à la servitude I » C'est en vain que les damiorges plus modérés tentèrent de mettre un frein à sa fureur; il y eut une scène très tumultueuse ; Critolaos appela auprès de lui sa garde du corps armée, en lui donnant ordre de massacrer tous ceux qui oseraient porter la main sur lui. Après avoir ensuite excité davantage encore la fureur et les passions populaires en accusant plusieurs damiorges, et entre autres le dig-ne Stratios, d'intrigues secrètes avec les envoyés de Métellus, il amena enfin la majorité aveuglée de rassemblée à déclarer la guerre c( en apparence aux Spartiates, mais au fond aux Romains »; lui-même était revêtu d'un pouvoir illimitée Critolaos résolut ensuite — et au point de vue militaire et politique, il avait parfaitement raison — de ne pas marcher d'abord contre les Spartiates, mais de commencer cette fois-ci les hostilités au nord de l'Isthme. En effet, il s'agissait, d'un côté, de châtier la ville d'Héraclée, près de l'Œta, la seule qui, pour obéir aux ordres d'Aurélius, se fût séparée de la Ligue achéenne; de l'autre, on pouvait, en se portant rapidement vers le nord^ entraîner, outre les Thébains et les Chalcidiens, peut-être d'autres trihus encore du centre et du nord de la Grèce, ou même faire renaître la révolte en Macédoine.
Le sort en était donc jeté. Le Sénat^ de son côté, à la réception des nouvelles que Métellus envoya à Rome, résolut de faire la guerre aux confédérés et en confia la direction à l'un des consuls de l'année 146; le sort désigna Lucius Mummius, homo novus plébéien, dont la famille était d'ailleurs très liée avec les Scipions et leur parti'. Mummius cependatit ne
' ) PoLYB., XXXVIII, 4, 1-11 ; 5, 1-9. Pausan., VII, 14, 4. Diodor., XXXII, 26 4, et 5. Cf. Flor., I, 32 et Freeman, p. 698 sqq.
^) Pausan., VII, 14,5. Nitzsch, Die (rracchen, p. 250. Lange, Rom. Allerlh., II, p. 300 sqq.