POLITIQUE DE MÉTELLUS
paraissait par se liâler de passer en Grèce, et peu s'en fallut que la dernière crise ne fût amenée par un autre Romain. En effet, Métellus,qui venait de terminer avec tant de succès la difficile guerre de Macédoine^ convoitait l'honneur de trancher définitivement aussi la question hellénique; honneur que ce fier aristocrate enviait à ce Mummius, à cet homo novus qui, en outre, était son adversaire politique. Peut-être que maintenant encore Métellus désirait préserver les Hellènes du sort infiniment plus dur que leur préparait inévitablement le dur et grossier Mummius, imbu des idées du vieux temps et complètement dépourvu de culture hellénique. Métellus, dès qu'il apprit la décision du Sénat, s'efforça donc par tous les moyens d'arranger les affaires en Grèce avant l'arrivée du consul Mummius, tandis qu'il avait encore lui-même la direction des affaires dans la péninsule gréco-hellénique en sa qualité de commandant en chef des troupes romaines ^ H dirigea donc immédiatement sur la Grèce l'armée qu'il avait en Macédoine; mais en même temps de nouveaux ambassadeurs se rendirent auprès des Achéens et promirent aux confédérés que les Romains leur pardonneraient tout ce qui s'était passé s'ils voulaient accepter les conditions que leur avait faites Aurélius Orestes*. Ceci même fut inutile. Critolaos était alors probablement déjà en marche ou campait peutêtre déjà devant Héraclée. Dans tous les cas, il pénétra sans s'arrêter (dans les premiers jours de l'été de Tan 146) de Corinthe jusqu'aux Thermopyles avec des forces imposantes. Les Chalcidiens et les Thébains (comme aussi quelques Réotiens) se joignirent à lui^ et c'est ainsi qu'on entreprit le siège d'Héraclée'.
*) Cf. ZuMPT, op. cit,, p. 163. Florus, I, 32, va jusqu'à dire : <c Metello mandata est ultio » .
*) C'est là sans doute le vrai sens du passage de Palsan,,VI1, 15^ 1 : « à<pt£vai xsXsuwv ttj; Trpbç <Tçà; cr'Jv-eXeîaç Aaxcôa[[xovto'jç, xa't TrôXstç a>Xa; ÔTTocrat rjpYjVTo xh. 'Pco[jLal(ov x. t. X. » ; du moiiis, autant que nous sachions, oulre -Sparte, Héraclée seule s'était détachée de la Ligue. Il n'est pas possible, sans doute, mais pas très probable non plus, que Métellus lui-même, après la rupture ouverte entre Rome et les Achéens, ait été autorisé à rester en deçà des conditions stipulées auparavant par Orestes, cf. Freeman, p. 700.
») Pausan., VII, 15, 2, Liv., Epit. lib., LU, init. Polyb., XL, 1. Cic, In