‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 2)Chapitre 140 sur 235 · ÉTAT DE L*OPINION EN GRÈCE · texte numérisé non relu

ÉTAT DE L*OPINION EN GRÈCE

indifférence, comme autrefois Antiochus avait abandonné les Étoliens, les peuples qui, du camp romain, passeraient dans le sien. Et Ton voyait alors le monde romain, malgré les dangers qui le menaçaient du côté de TOrient et les avertissements que lui donnait la guerre sociale en Italie, livrer son propre sein aux ravages d'une révolution pleine d'horreurs et à une sanglante guerre civile. Il n'est donc pas étonnant que les Hellènes, toujours prêts à espérer, crussent de nouveau à la possibilité de secouer enfin le joug des Romains avec le secours de leur libérateur le roi du Pont, de changer en une réalité politique la souveraineté chimérique de leurs communes, et, en général, de jouer encore dans la politique du temps un rôle important. Dans tous les cas, après les premiers succès importants de Mithradate^ le parti romain, Toligarchie, avait perdu le pouvoir dans toute la Grèce, excepté dans un petit nombre de villes ; et déjà avait paru, pour le malheur de la Grèce, ce méprisable démagogue sous le gouvernement duquel l'infortuné pays des Hellènes devait être écrasé par l'invasion des forces militaires de Rome et du Pont.

C'est à Athènes, en effet, que l'agitation populaire avait atteint le plus haut degré de violence. Nous ne savons pas si l'aversion démocratique pour le patronat gênant de Rome et l'aristocratie du pays (cf. p. 290) avait été récemment accrue par quelques faits particulièrement révoltants*; toujours est-il que, lorsque les premières victoires de Milhradate mirent la foule en émoi, un homme, qui depuis exerça une influence fatale sur la destinée d'Athènes, réussit à pousser rapidement et complètement les Athéniens dans la voie de la politique de Mithradate : c'était le philosophe Aristion\ Cet Aristion* était

1) D'après Appian., Mithr., c. 16. Mithridate d'ailleurs semble avoir toujours compté sur les sympathies des Hellènes.

2) Les paroles d'Aristion, dans Athen., V, p. 212 a : w(tt£ t^^ iaovwv tûv sTTiçspofjLlvtov ocpXrjtxaTcov àuoX'jôévxa; x. t. >.., semblent faire allusion à un fait de cette espèce.

^) A consulter spécialement sur Aristion : C. M. Wieland, Atheniotiy genannt Aristion^ 1781. {Sdmmtliche Werhe, Supplement, vol. VI. p. 3-64. Leipzig, 1798). Plass, Die griech. Tyrannis, vol. II, p. 185 sqq. et l'article de G, -F. Hertzberg, Aristio dans la Realencyclopàdie de Pauly, vol. I (2e éd.), p. 1591 sqq.

*) Ce personnage est appelé Alhénion par Posidon., ap. Athen. ,V, 13 sqq.

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