‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 2)Chapitre 152 sur 235 · CHATIMENT DES ATHÉNIENS · texte numérisé non relu

CHATIMENT DES ATHÉNIENS

dide Pirée, le crime dont les Athéniens s'étaient rendus coupables en embrassant la cause de Mithradate. En effet, d'une part, il prononça une série de condamnations capitales: outre le sanguinaire Aristion, les officiers de son entourage, les citoyens qui, pendant l'insurrection, avaient rempli des fonctions publiques, en général, tous les hommes considérables qui avaient pris part au renversement de Tordre de choses établi par les Romains dans la constitution d'Athènes, périrent par la main du bourreau ^ D'autre part, on ne se contenta pas de faire, pour restreindre la démocratie, des arrangements durables, semblables à ceux qui avaient existé avant l'année 88; Sulla enleva encore aux Athéniens qui avaient porté les armes contre lui la qualité d'électeur (peut-être aussi d'éligible) et le droit de voter dans l'assemblée du peuple; la génération suivante seulement devait rentrer dans la pleine jouissance de ses droits civiques. Il va sans dire que ces mesures replacèrent de fait et complètement l'administration entre les mains des familles oligarchiques revenues à Athènes. Par contre, on ne modifia point et on ne rendit pas plus mauvaise systématiquement la situation d'Athènes au point de vue

') Quant aux châtiments infligés aux Athéniens (châtiments auxquels semblent avoir contribué d'ailleurs également le désir de vengeance et la jalousie de différents philosophes les uns à l'égard des autres; voy. Zumpt, TJeber- den Bestand der philosophischen Schulen, p. 88), c'est Pausanias qui nous en fait le tableau le plus saisissant; cet écrivain (dont la description des événements qui concernent Athènes s'éloigne d'ailleurs plus d'une fois de ce que nous rapportent d'autres historiens) dit que les habitants du Céramique (I, 20, 4) furent décimés, et que beaucoup d'Athéniens, pleins de terreur, s'enfuirent à Delphes. — D'après Appien, c. 38 (immédiatement après la prise de la ville), les esclaves furent vendus; nous ne savons si, peut-être pour se procurer de l'argent, on vendit tous les esclaves des Athéniens, ou ceux-là seulement qu'Aristion avait armés. Voy. en outre Gran. Licin., loc. cit. Pluï., Sulla, c. 23, et Appian., c. 39. Quant au sort d'Aristion, Strabon dit simplement, IX, 1, 20, pag. 610 (398), qu'après la prise de l'Acropole il fut puni de mort; c'est ce que dit aussi Appien, c. 39. D'après Pausanias {ibid.)^ le tyran avait été arraché deforce du temple d'Alhéné, où il avait cherché un refuge. Mais d'après Plutarque, Aristion resta provisoirement prisonnier du général romain, qui, dit-on, ne se défit de lui par le poison, pour plaire à Archélaos, qu'en 84, après la cessation des hostilités {Sulla, c. 23; Dio Gass., fragm., n° 173, éd. Reimar.). Sur l'antipathie persistante des Athéniens pour les descendants d'Aristion, encore du temps de Plutarque, v. Plut., De sera num. vindicte ^ c. \3.

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