‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 2)Chapitre 153 sur 235 · SULLA EX BÉOTIE · texte numérisé non relu

SULLA EX BÉOTIE

du droit international \ Mais la situation matérielle des Athéuiens était pour le moment vraiment horrible : ils purent s'estimer heureux d'être aidés, pour passer ces premiers terribles moments, par l'humanité d'un jeune et riche Romain, Titus Pomponius, qui, à cette époque, vint se fixer à Athènes ".

Cependant Milhradate avait réussi, en faisant un suprême effort, à rassembler des forces nouvelles et considérables. Au printemps de Tannée 8S avant J.-G.^ un autre de ses généraux hellénistiques, l'ami de sa jeunesse, Dorylaos', put aborder en Eubée avec 80,000 hommes et se joindre à Archélaos à Chalcis ^. Rempli du désir de se battre, il contraignit le prudent Archélaos — qu'on commençait déjà, dans le Pont, à accuser de trahison^ en insinuant que la bataille de Chéronée pouvait bien avoir été perdue par sa faute — à pénétrer avec impétuosité en Béotie % où une grande partie de la population, notamment dans les districts de Test et du nord, se déclara aussitôt^ librement ou non, pour les généraux du Pont ^ Sulla, qui, selon toute apparence, avait alors concentré ses forces sur les frontières de la Thessalie et de la Grèce centrale ', se porta vivement au-devant des Asiatiques. L'ouest de la Béotie fut encore le théâtre de la guerre. Un combat malheureux au pied du mont Tilphossion (situé au nord et à peu de distance de la chaîne de l'Hélicon, sur la rive méridionale du Copaïs et sur la route d'Haliarte à Coronée) refroidit considérable-

M Appian., c. 38, fin., c. 39, fin.; cf. Curtius, Attische Studien, h, p. 49 sqq. — Sur la continuation de la souveraineté nominale de l'État athénien, voy., outre Appian., loc, cit., notamment Strabon, IX, 1, 20, p. 610 (398). Plut., Comp. Lysand.c.SulL, c. 5. Liv., Epit., lib. LXXXI. Cf. Hermann, Griech. Staatsalt., § 176, 9. (On sait que Bôckh a déclaré sans valeur, dans le vol. II du C. I. Gr., p. 250, les hypothèses qu'il avait pu faire précédemment dans le vol. I, page 337 sqq., en raison de la découverte récente de l'endroit exact où furent trouvées les inscriptions n"** 202-206, mentionnées dans le vol. I, p. 336 et sqq.).

^) Corn. Nep., Attic, c. 2, et ci-après.

^) Cf. aussi Strab., X, 4, 10, p. 732 (478). XII, 3, 33, p. 835 (557j. HôcK, Kreta, vol. III, p. 497 sqq.

*) Plut., Sidla, c. 20. Appjan., c. 46, init. c. 49, init. Cf. Oros., VI, 2. Gran. Licinian , p. 33. Eutrop., V, 6.

S) Plut., Sulla, c. 20 et 26.

^) Plut., ibid. Appian., c. 51, init. Palsan., [X,33, 4.

') Cï.Pun\,Sidla, c. 20.

BATAILLE d'oRCIIOMÈNE 353

ment l'ardeur belliqueuse de Dorylaos K Cependant la plaine d'Orchomëne paraissait aux généraux du Pont si favorable au déploiement de leurs nombreux escadrons de cavalerie, qu'ils n'hésitèrent pas longtemps à risquer une nouvelle rencontre décisive; cette contrée fut donc bientôt le théâtre d'une nouvelle bataille meurtrière, dans laquelle les Romains, après une lutte longue et longtemps indécise, remportèrent la victoire la plus complète. D'innombrables Asiatiques avaient péri sur les bords du Mêlas, du Céphise ou du Copaïs, et dans les rivières et les marais si nombreux dans cette contrée : encore deux cents ans plus tard, à l'époque où vécut Plutarque, il n'était pas rare d'y trouver dans la vase quantité d'armes asiatiques. Archélaos lui-même, après une fuite longue et aventureuse, arriva à Chalcis sans armée ^ La guerre, en Grèce, était terminée. Sulla parcourut encore une fois la Béolie, pour châtier les villes qui s'étaient déclarées pour Dorylaos en les faisant piller. Leur sort fut terrible : Orchomène vit ses plus belles œuvres d'art, et notamment une statue de Dionysos, œuvre de Myron, placées par Sulla sur FHélicon, dans un bois consacré aux Muses; d'autres, comme Anthédon et les antiques villes locriennes de Halaî et de Larymna, furent presque entièrement détruites'. Puis Sulla put se tourner vers le nord, pour chasser de la Macédoine les garnisons du Pont remplies de terreur \ et enfin faire équiper en Thessalie, où il passa Thiver de 85 à 84, la flotte qui lui était nécessaire pour continuer ses entreprises ^

Le reste de la première guerre des Romains contre Mithradate n'intéresse pas directement l'histoire des Grecs d'Europe. Mais les événements subséquents frappèrent d'autant plus durement les Grecs d'Asie, qui depuis longtemps avaient du se convaincre qu'ils ne s'étaient rendus bien coupables aux yeux: des Romains, eux et les autres habitants de la province d'Asie,

1) Plut., Sulla, c. 20. Cf. Bursian, p. 234.

2) Plut., c. 20-21. Appian., c. 49. 50. Gran. Licin., Gros, et Eutrop., loc. cit. Cf. Bursian, p. 196 sqq. , 210 sqq.

3) Appian., c. 51, init. Plut., Sulla, c. 26. Paus., IX, 33, 4 et 30, 1. VIII, 33, 1. Bursian, p. 239 et 192.

*) Gran. Licin., p. 33.

") Appian., c. 51, init.

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