‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 2)Chapitre 172 sur 235 · ROME ET LES CRETOIS · texte numérisé non relu

ROME ET LES CRETOIS

Postumius en 109 av. J.-C. Ils songèrent donc à prévenir à temps Forage qui les menaçait et envoyèrent (en 70 av. J.-C.) à Rome une ambassade composée de trente des hommes les plus considérables de Fîle, qui devaient obtenir une réconciliation et rétablir les anciens rapports de bonne amitié avec les Romains. Les ambassadeurs commencèrent par aller voir dans leurs demeures les sénateurs et surtout les hommes d'État les plus influents et employèrent divers moyens pour se les rendre favorables. Lorsque ensuite ils furent conduits devant le Sénat réuni, ils excitèrent dans cette assemblée une grande colère en lui rappelant la défaite d'Antonius et les Romains qu'ils avaient fait prisonniers (ils en firent mention surtout parce qu'ils les avaient épargnés et qu'ils espéraient qu'on leur en saurait gré) ; mais ils surent d'ailleurs si bien s'y prendre, qu'il s'en fallut de peu que le Sénat ne prît une résolution conforme à leurs désirs. Cette honte fut épargnée à Rome, grâce à l'intervention du tribun Lentulus Spinther; l'avis des hommes d'honneur l'emporta, et on refusa d'accorder aux ambassadeurs ce qu'ils demandaient. Yoici ce que le Sénat finit par exiger des Cretois : ils devaient livrer non seulement tous les prisonniers et tous les transfuges romains, mais aussi tous leurs vaisseaux et toutes leurs barques de quelque importance, payer une amende de quatre mille talents d'argent (23,576,000 francs), livrer les généraux Lasthénès et Panares aux Romains pour que ceux-ci pussent les punir selon leur bon plaisir, et envoyer enfin à Rome, comme otages, 300 de leurs concitoyens les plus haut placés. Le Sénat lui-même ne s'attendait nullement à voir les Cretois, que Rome jusque-là n'avait pas réussi à vaincre, accepter sans hésiter des conditions aussi dures; mais, parce qu'on ne connaissait que trop l'avidité et la corruption de la plupart des optimates de cette époque et qu'on craignait, non sans raison, que les agents crétois ne réussissent, en corrompant par de fortes sommes des hommes d'Etat influents, à retarder la guerre projetée, à en diminuer les effets ou même à l'empêcher tout à fait, on prit en même temps des mesures — et c'est là un détail assez caractéristique — pour empêcher les Crétois de contracter en ce momentlà un emprunt à Rome. Il existait dans l'Ile un parti, composé.

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