‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 2)Chapitre 174 sur 235 · MÉTKLT,US ET LES CRETOIS · texte numérisé non relu

MÉTKLT,US ET LES CRETOIS

soirement des mains de Mélellus le commandement de l'île — le commandant en chef n'était pas encore en mesure de s'y rendre lui-même — et recevoir la soumission des cités Cretoises. Ce traitement brutal que subit Métellus eut pour les Cretois les suites les plus fâcheuses. Le proconsul, qui, comme optimale décidé, était alors en même temps l'adversaire politique de Pompée, n'était nullement disposé à laisser ce dernier récolter là où il avait travaillé lui-même au milieu des plus grandes fatigues, et, dans son ardente colère, il dépassa de beaucoup de son côté le manque d'égards dont s'était rendu coupable le général en chef. Non seulement il refusa tout simplement d'obéir aux ordres de Pompée, mais il continua à faire la guerre aux Cretois avec plus de fureur que jamais. Nous n'examinerons pas si quelques-unes des cités déjà soumises par Métellus firent de nouveau défection; en tous cas, le proconsul s'efforça de soumettre le plus tôt possible les cantons qui résistaient encore, parce qu'il craignait de voir arriver Pompée d'un moment à l'autre. Ce fut en vain que les Cretois se réclamèrent du trarité conclu avec Pompée; les Romains firent la guerre avec une cruauté croissante, et les Cretois, de leur côté, se défendirent naturellement avec d'autant plus d'opiniâtreté. Nous apprenons même que ces derniers, en défendant un de leurs châteaux bâtis sur le roc, se laissèrent allei% dans leur fureur et leur désespoir, jusqu'à boire leur propre urine et celle de leurs bêtes de trait ^ ! Les remontrances d'Octavius, qui n'avait pas de troupes à sa disposition, furent inutiles ; un autre légat de Pompée, L. Cornélius Sisenna — celui des lieutenants du général en chef que celui-ci avait placés sur divers points de la Méditerranée, au printemps de l'an 67 av. J.-C, pendant la grande guerre contre les pirates, auquel avait été confiée l'occupation militaire des côtes de la Macédoine, de la Thessalie, de FEubée, de la Béotie, de l'Attique et du Péloponnèse et la surveillance des mers grecques voisines^ — s'efforça en vain d'arrêter par ses remontrances

1) Cf. Appian. , Sici/. , c. 6. Dio Cass. , fr. IH , 5, et XXXVI, 1. Flor., I, 41. Valer. Maxim., VII, 6, ext. 1.

2) Dio, Cass., XXXVT, 1. Appian , Mithr., c. 95; cf. Zumpt, Comm. Epi'jr., vol. II, p. 189. Kuhn, Die stddt. Verfassung, vol. If, p. 26.

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