‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 2)Chapitre 188 sur 235 · TITUS POMPONIUS ATTICUS · texte numérisé non relu

TITUS POMPONIUS ATTICUS

étrangers le charme le plus puissant*, dès qu'elle se fut relevée de ses désastres et qu'elle eut oublié les scènes d'horreur dont elle avait été le théâtre à l'époque de Sulla^ de 88 à 86 avant J.-C. Ce fut un bonheur pour les Athéniens que le premier des Romains qui, après la chute d'Aristion, vécurent plus ou moins longtemps au milieu d'eux devînt le bienfaiteur de leur cité qui était tombée si bas. C'était le chevalier Titus Pomponius (Atticus), dont le nom paraît bien souvent dans l'histoire de cette époque, l'ami et le confident de Cicéron et de beaucoup d'autres hommes d'Etat romains. Pomponius avait fui les scènes de désordre qui, en 87, avaient accompagné la révolution de Mari us, ainsi que les horreurs qui remplissaient l'Italie au moment oii Sulla s'efforçait d'}^ rétablir le pouvoir de son parti; en 86 av. J.-C, lorsqu'Athènes était retombée au pouvoir des Romains*, il s'était rendu dans cette ville avec la plus grande partie de sa fortune ; il y resta jusqu'à la fin de l'année 65 av. J.-C.^ : ce séjour, comme l'on sait, lui valut le surnom d'Alticus \ Dès le début, il sut gagner les bonnes grâces des malheureux Athéniens qui, pendant que Sulla assiégeait leur ville, avaient souffert la plus affreuse famine (p. 342), en leur faisant distribuer une grande quantité de blé^ Ensuite le vif et profond intérêt qu'il prenait aux affaires de la Grèce, et, en particulier, à celles d'Athènes, son caractère aimable, sa conduite pleine de tact, l'influence considérable (p. 357) qu'il paraissait exercer sur Sulla revenu d'Asie en Grèce en 83, sa haute culture intellectuelle puisée aux sources grecques, la facilité enfin avec laquelle il s'était rendu maître de la belle langue des Hellènes, tout cela l'avait rendu éminemment populaire \ D'autre part, sa grande fortune et le cré-

') Cf. en général Friedlânder, op. cit., p. 35. 54 sqq. et Lotholz, Beitràge zur Geschichte der Bedeutung Athens, p. 4-15.

2) Cf. Cornel. Nepos (éd. Nipperdey), Attic, c. 2, 2 et 3; pour la chronologie, j'ai suivi Drumann, vol. V, p. 8. Nipperdey, ad G Nepot., ibid,, p. 150, et Lotholz, op. cit., p. 4. Sur Atticus en général, v. Mommsen, R. G., vol. III, p. 504 sqq. G. Boissier, Cicéron et ses amis, p. 129-166.

3) Corn. Nep., c. 4, 5. Lotholz, ibid. Drumann, V, p. 11. *) Gic, J)e senect.^ 1, 1. De finib., V, 2.

^) Cornel. Nep., ibîd.y c. 2, 6. — Il le fit encore plus tard, par exemple en 50 av. J. -C, pendant un séjour à Athènes. Cic, Ad Att,, VI, 6, 2. ^) Nep., Attic, c. 2, 3. c. 3, c. 4, 1-3 et 5. Drumann, vol. V, p. 84 sqq.

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