‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 2)Chapitre 189 sur 235 · TITUS POMPONIUS ATTICUS · texte numérisé non relu

TITUS POMPONIUS ATTICUS

dit dcrnt il jouissait profitèrent largement à la ville infortunée. Pomponius était le fils d'un riche banquier romain; il avait lui-même embrassé la carrière de son père et trouva, comme tant d'autres Romains (comme plus tard entre autres M". Curius, son ami et celui de Cicéron, à Patrse, T. Manlius àXhespies, M. ^milius Avianianus à Sicyone et M. Mindius à Élis*), dans les villes de la Grèce, de la Macédoine et de l'Asie-Mineure appauvries par la guerre, l'occasion de faire les opérations financières les plus étendues et les plus lucratives. L'âpreté du Romain, toujours « peu traitable » en affaires d'argent, la rigidité et la froide dureté même des moins mauvais parmi les princes de la finance romaine, ne faisaient nullement défaut à Atlicus; mais il sut rester honnête homme; il ne fut point un usurier sans cœur; il n'était pas un de ces cruels fléaux des provinces, comme Rome les produisait alors en masse. On le loue hautement, au contraire, d'avoir si bien su aider les Athéniens de son argent et de son crédit; on nous apprend que, dans ses relations avec les Athéniens, Atticus ne songeait pas à son intérêt, que — tout en exigeant qu'on le payât aux époques fixées — il se contentait d*un intérêt très peu élevé, qu'il n'exigeait aucune commission de ceux auxquels il procurait un emprunt à des conditions avantageuses, et que, par la sévérité même avec laquelle il exigeait le remboursement exact des sommes prêtées, il s'efforçait de prévenir Taccumulation si dangereuse des intérêts ^ Ce qui achève le portrait de ce banquier romain si plein de bon sens, c'est que, lui aussi, comme beaucoup d'autres Romains, pour la plupart de son rang ^, il avait acquis (depuis 70 ou 69 environ av. J.-C.) en Epire, non loin de la ville chaonienne de Bouthroton sur le fleuve Thyamis*, dans l'île de Corcyre, et, près de là, sur les

1) Gic, Ad Att.y VIII, 5, 2. 6, 5. IX, 17, 2. AdfamiL, VII, 28 sqq. XIII, 17 et 50, et XIII, 21. 22. 26, 2, On cite encore comme bienfaiteurs des Grecs, au temps d'Atticas et de Pompée, des gens comme le banquier romain L. Aufidius Bassus à Tarse (Bôckh, C. L Gr., II, n° 2335).

2) Nep., ibid. 2, 4 et 5 ; cf. Drumann, vol. V, p. 8 sqq. Ceci ne l'empêcha pas de profiter de la situation et de l'appauvrissement d'Athènes pour placer ses capitaux; son agent d'affaires était l'épicurien Xénon. Cic, Ad AU., V, 10, 5. 11, 6. VII, 1. 1. XIII, 37, 1. XIV, 16, 4. XVI, 1, 5.

3) V. entre autres pour l'Épire Varr., Be re rust. y II, prœf. eœtr., et 2, init. *) Varr., ibid. Il, 2, init. Gic, Ad AU., 1,5, 3 et 7. 111,7,1.16. 19, 1.

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