LA GRÈCE ET LA GUERRE CIVILE
La lutte colossale, depuis longtemps imminente, entre César et Pompée, entre le parti démocratique et monarchique d'un côté et les défenseurs de la République aristocratique de l'autre, avait enfin éclaté au commencement de l'année 49 av. J.-C. On sait que César, courant de victoire en victoire, avait chassé d'Italie tous ses adversaires ; depuis le printemps de l'année 49 av. J.-C, la péninsule gréco-macédonienne fut le théâtre de la guerre formidable que se faisaient les deux partis qui divisaient la République; c'est là qu'allait être frappé le coup décisif. Toutes les guerres civiles qui se succédèrent de 49 à 80 av. J.-C, les chefs de parti les ont faites en mettant à contribution toutes les ressources militaires et financières des provinces placées sous leurs ordres ou des États placés sous la protection de l'empire ; et, par suite du renversement de l'état de choses qui avait existé jusqu'alors, un grand nombre de peuples, tenus par Rome dans une dépendance plus ou moins étroite, purent, à diverses reprises, se considérer comme des vassaux dont la sympathie ou l'antipathie pour Tun ou l'autre des partis en présence n'était nullement indifférente. Ce sont précisément les Grecs d'Europe qui nous montrent ceci très clairement.
Nous verrons que, pendant les trois grandes guerres que se firent les Romains, entre 49 et 30 av. J.-C, sur le sol de la Grèce, les différentes villes et tribus de cette contrée prirent part aux luttes de leurs maîtres, luîtes qui ranimèrent une fois encore du dehors, violemment et d'une façon transitoire, la vie politique prête à s'éteindre en Grèce ; et que les Hellènes, violents et passionnés commç toujours, se partagent entre les deux camps, souvent sous l'influence d'anciennes rivalités locales. Tout d'abord, il est vrai, Pompée et les optimales ne trouvèrent pas d'ennemis parmi les habitants de la péninsule gréco-macédonienne, où se réunissaient peu à peu, depuis le printemps et l'été de l'an 49, leurs forces combinées de terre et de mer. Pompée et la masse des sénateurs qui avaient quitté Rome en fuyant devant César avaient choisi pour séjour Thessalonique ; c'est là aussi qu'ils établirent d'abord leur quartier général; ce dernier fut plus tard transféré à Berrhœa sur l'Haliacmon*.
') Sur Thessalonique, V.. DioCass., XLI, 18. XLIII, 44. Joann. Antioch., H. 27