LE CULTE DES EMPEREURS EN GRÈCE
dont le lourd piédestal subsiste encore de nos jours '. C'est aussi probablement du temps d'Auguste qu'eut lieu une restauration des escaliers conduisant aux Propylées ^. Celte flatterie odieuse et plus que servile — par suite de la décadence profonde de l'ancienne religion, elle devenait de plus en plus fréquente — qui faisait rendre de leur vivant aux empereurs et aux membres de leur famille des honneurs divins par les Athéniens et d'autres Grecs % décida les Athéniens à bâtir, en l'honneur du premier empereur de la famille des Jules, de son vivant et peu avant la naissance du Christ, dans l'acropole, « sur la plate-forme à l'est du Parthenon », une rotonde dédiée (cf. p. 208) à la déesse Rome et à Auguste*. Auguste, en effet, n'avait autorisé.la construction de
*) BôcKH, C. I. Gr., vol. I, n° 309, v. Bursian, ap. Pauly, loc.cit. Ross Archâolog, Aufsdtze, vol. I, p. 97. Vol. II, p. 270. Cf. Otto Jahn, Vausan! Descr. arc. Athen., éd. II*, p. 64, n»** 149 et 150.
') ViscHER, Erinnerungen aus Griechenland, p. 124-131. Wachsmuth, Die Stadt Athen, p. 674 sqq.
') Cf. en général Preller, Rom. Mythol., 2^ édit., p. 791 sqq. et plus bas, vol. II. C'est ainsi qu'à Corinlhe (Pausan., II, 3, 1), sur la penle de l'Acrocorinthe, au-dessus du plateau où se trouvait le marché de la ville basse (Cuktius, Pelop., vol. II, p. 532), un temple fut élevé à Octavie, sœur d'Auguste. — Sur le culte de César et le sanctuaire de la gens Julia à Corinthe, v. Preller, op. cit., p. 792, note 1. Sur le temple dédié à l'empereur à Asopos, en Laconie, v. Paus., Ill, 22, 7. Sur l'enclos sacré dédié à tous les empereurs romains à Sicyone, v. Paus., II, 8, 1. Curtius, p. 493. Statues d'empereurs romains dans le temple d'Artémis Soteira à Mégare, Paus., 1,40, 2; prèsd'Argos, ci-dessus, p. 446, 4et àOlympie, Paus., V, 12, 5 sqq. 20, 5. VI, 19, 7. Curtius, Pelop., II, p. 66, ICI ; à Delphes. Paus., X; 8, 4. Inscription et statue du jeune Gaius Caesar à Chalcis, de l'an 753/4 U. C. ap. Bockh, C. I. Gr., II, no 2148 (honoré à Athènes comme véo; "Apr,ç [p. 311]) ; de Lucius Caesar à Delphes, hommage des Amphictyons, BôcKH, n° 1712. A ces honteuses aberrations du sentiment religieux correspondait, en Asie et en Achaïe, la décadence complète des vieux oracles sacrés; celui de Dodone était complètement abandonné (Strab., VII, 7, 9, p. 504 [327]. Le sanctuaire lui-même, avec son célèbre chêne, subsistait encore, il est vrai, au temps de Pausanias, VIII, 23, 4; cf. VII, 21, 1. l, 17, 5. G. Wolff, Beidtima oraculorum aetate, p. 13; l'oracle de Delphes, appauvri, ne retrouva que sous les empereurs une partie de son ancienne autorité, Cic, De divin., I, 19. II, 57, 117. Strabon, IX, 3, 4, p. 641 (419), 3, 8, p. 644 (420j. Becker-Marquardt, R. A., t. IV, p. 104.
'*) BôCKH, c. I. Gr., vol. I, n° 478. Beulé, L'Ao'opole d'Athènes, II, 200 sqq. Bursian, Geogr., p. 314 et ap. Pauly, loc. cit., v. les indications de Ross, Archciolog. Aufsatze, vol. I, p. 113 sqq., 272. Il y avait un culte analogue à Mégare; cf. K. Kbil, Philologus, vol. XXIII, fasc. II,