‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 2)Chapitre 25 sur 235 · SITUATION DU ROI PHILIPPE · texte numérisé non relu

SITUATION DU ROI PHILIPPE

tandis que l'armée syrienne se trouvait déjà près d'Aulis, sur la rive béotienne de l'Euripe, et que le général syrien Ménippos détruisait près de Délion un détachement romain de 500 hommes (que Flamininus voulait également lancer de Gorinthe à Chalcis), et fournissait ainsi au Sénat un dernier motif pour déclarer la guerre^ — força les partisans de Rome à s'enfuir de la ville et livra ensuite cette position importante au Séleucide. La garnison, composée d'Achéens et de Pergaméniens, s'était réfugiée à temps dans la ville béotienne de Salganée ; mais elle dut bientôt livrer cette place à Ménippos, à la condition d'en sortir avec les honneurs de la guerre. Les villes de l'Eubée suivirent sans hésiter l'exemple de Chalcis*. Cet important succès d'Antiochus ne resta pourtant pas tout à fait sans effet immédiat ; outre les Éléens et les Messéniens, qui, cette fois encore, suivirent tout simplement la politique étolienne % les Béotiens se joignirent à lui sans réserve et, pour l'honorer tout particulièrement, lui élevèrent une statue dans le temple d'Athéné Itonia près de Coronée ; mais les Epirotes, eux aussi, recherchaient dès ce moment son amitié pour parer à toutes les éventualités, sans toutefois rompre complètement avec les Romains *. Il s'agissait maintenant d'aller de Démétrias en Thessalie avec les Etoliens et les Athamanes (dans l'hiver de l'année 192 à 191 av. J.-C). Quant à Hannibal, pour qui les Grecs — excepté peut-être les Etoliens et les Achéens — ne comptaient pas, il insista plus que jamais sur la nécessité de décider le roi de Macédoine à prendre part à la guerre contre Rome, ajoutant que, si cela était impossible, il fallait l'occuper par d'autres troupes venues du côté de la Thrace, et transporter sans tarder le théâtre de la guerre en Italie avec le gros de l'armée syrienne, qu'il importait de faire venir d'Asie aussi rapidement que possible ^ Mais Antiochus ne sut tirer presque aucun profit de ce conseil dicté par le bon sens. Il est bien possible que le roi Philippe, qui ne supportait

1) Liv., XXXV, 51. Appian., Syr., c. 15. Cf. Diod., XXIX, 1.

») Liv., XXXV, 50 et 51. Appian., Syr., c. 12.

3) Liv., XXXVI, 5 et 31 init. Polyb., XX, 3.

*) Polyb., XX. 3 et 7. Liv., XXXVI, 5. 6. 20. 35. Appian., Syr., c. 13.

S) Liv., XXXVI, 6-8. Cf. Appian., Syr,, c. (7). 13. 14. Justin., XXXI, 5.

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