LA GUERRE EN THESSALIE
que ses officiers et ses soldats passaient leur temps comme lui au milieu des fêtes et des festins en Eubée, en Thessalie et surtout en Béotie, en butte aux amers sarcasmes de tous les Grecs raisonnables ^ Lorsqu'enfin (vers le commencement du printemps de l'an 191 av. J.-C.) on se remit à penser à des choses plus sérieuses^ rien n'avait encore paru des renforts nécessaires qui devaient venir de l'Asie. Malgré cela, Antiochus conduisit à Chéronée son armée démoralisée par les excès auxquels elle s'était livrée dans ses quartiers d'hiver et entreprit d'abord une expédition en Acarnanie, sans doute pour se créer une base d'opérations sur la mer Ionienne et dans le voisinage des possessions romaines en Illyrie. Il réussit, en effet, avec le secours du puissant Mnasilochos et du stratège acarnanien Clytos à s'emparer de la ville de Médion et à gagner quelques adhérents. Mais bientôt la nouvelle du débarquement du gros de l'armée romaine près d'Apollonie et des opérations de Bsebius et des Macédoniens en Thessalie forcèrent le roi à revenir rapidement à Chalcis *. Si Antiochus avait jusqu'alors fait la guerre en Grèce comme plus d'un des soi-disant « libérateurs » du temps des Diadoques, le moment était venu où le fragile échafaudage de ses espérances devait s'écrouler tout à coup devant le terrible sérieux de la tactique romaine.
Pendant que le Séleucide était encore en Acarnanie, les troupes romaines de Bœbius (p. dlS) s'étaient déjà réunies à l'armée macédonienne pour entrer en Thessalie au commencement du printemps de l'année 1 91 av. J .-G. , ety tenter la conquête des villes qui, pendant l'hiver, s'étaient données aux Syriens, aux Etoliens et aux Athamanes. Pendant que Philippe et Bœbius remportaient dans ces contrées une série de succès, on vit paraître enfin, en Thessalie, la grande armée du consul Manius Acilius Glabrio, chargé du commandement suprême ; il avait quitté l'Italie vers le milieu du mois de mars et traça à Larissa le plan des opérations ultérieures. Le roi Philippe
«) Liv., XXXVI, H, PoLYB., XX, 8. Appian., Syr,, c. 16. Plut., Philop. c. 17. Flamin. c. 16. Diod., XXIX, 2. Justin., XXXI, 6. Cf. aussi Flor., Epitom. (éd. Jahn) 1, 24.
«) Liv., XXXVI, 11 et 12. Appian., Syr, 16.