SOULÈVEMENT DES SPARTIATES CONTRE LES CONFÉDÉRÉS
amenèrent cette catastrophe qui exerça une influence fatale sur toute la destinée ultérieure du Péloponnèse. En effet, dans Tautomne de 189 — Philopœmen était alors pour la cinquième fois chef de la Ligue — les Spartiates^ constamment irrités par l'état de choses mentionné plus haut, se levèrent pour surprendre nuitamment la petite ville de Las, au sudouest de Gytheion ; il s'agissait de s'emparer d^un port bien située et en même temps d'exterminer un grand nombre d'émigrés qui s'y étaient établis. Ils manquèrent leur coup; mais alors les Éieuthérolaconiens demandèrent le secours et l'intervention des Achéens. Et lorsqu'ensuite Philopœmen et la confédération achéenne demandèrent aux Spartiates de leur livrer les auteurs de cette équipée et ceux qui y avaient pris part,, il y eut à Sparte une effroyable explosion de fureur "populaire. Sans autre forme de procès, environ trente hommes, qui passaient pour être partisans de Philopœmen et amis des émigrés, furent assassinés; puis on se sépara ouvertement de la Ligue et on envoya sans tarder des ambassadeurs au consul Fulvius, qui se trouvait alors dans l'île de Cephallénie (cf. p. 134), pour placer Sparte sous la protection des Romains. A cette attitude des Spartiates, les Achéens répondirent par une déclaration de guerre; les hostilités cependant, car l'automne était déjà bien avancé, ne consistèrent d'abord que dans une série de brigandages sur terre et sur mer. Sur ces entrefaites, le consul Fulvius essaya de mettre les parties d'accord dans une conférence qui eut lieu à Elis ; il s^'abstint finalement de prononcer une parole décisive, mais ordonna aux deux parties de suspendre les hostilités jusqu'à nouvel ordre et d^envoyer une ambassade au Sénat. Le Sénat n'accepta pas, il est vrai, la soumission des Spartiates à Rome; mais sa réponse, qui n'était nullement catégorique, n'en fut pas moins considérée par les Achéens comme une autorisation de traiter Sparte selon leur bon plaisir *. Et malheureusement, ils firent de leur puissance un usage qui ne prouve que trop clairement que, sous l'influence de longues haines de canton à canton et d'une soif de vengeance longtemps inassouvie, cette tribu
1) Liv„ XXXVIII, 30 init. et fin, 31-32.