POLITIQUE DU PARTI NATIONAL ACHÉEN
diplomates romains à se mettre au-dessus de divers règlements de la constitution achéenne qui les gênaient. Et Philopœmen n'avait certainement pas tort en pensant qu'une semblable attitude, que la preuve effective et répétée d'une force de résistance de la part des Achéens déciderait bien plus facilement les Romains à traiter avec ménagement leur allié plus faible qu'eux, qu'une molle indifférence qui devait inviter à de nouveaux empiétements*. Or, on ne peut nier qu'un Aratos se, fût probablement tiré d'une situation aussi difficile avec bien plus de bonheur et d'habileté que des natures aussi rudes, aussi belliqueuses, des caractères aussi violents que l'étaient ceux de Philopœmen et de Lycortas. On ne peut pas nier non plus que, pendant ces luttes des Achéens avec Rome, nées en grande partie des odieuses dissensions des Spartiates, les fières paroles et le ton arrogant que les Achéens firent entendre à diverses reprises, et qui ne s'appuyaient pas sur une force matérielle, ussent facilement provoquer la moquerie. Mais nous ne devons pas oublier qu'alors ce n'était pas un Etat confédéré peu important, animé d'un fol orgueil et de tendances séparatistes non motivées, qui voulait gêner et faire du tort au chef puissant d'une ligue nationale, en se mettant exclusivement au point de vue d'une politique égoïste et ennemie du bien commun, mais que c'étaient les derniers grands représentants d'une nation autrefois puissante qui luttaient pour conserver les restes du bel héritage de leurs ancêtres, et que personne ne ressentait plus douloureusement qu'eux-mêmes la tragique contradiction qu'il y avait entre leurs pensées, leurs paroles et leurs forces insuffisantes.
Mais dans tous les cas, ce fut pour les hommes du parti national achéen un grand désavantage, que, dans ce nouveau conflit avec RomC;, il y eût au sein même de la confédération, en face d'eux, un parti romain qui pouvait en outre se fonder sur ce que, dans l'affaire de Sparte, Philopœmen avait de beaucoup outrepassé la ligne d'une politique sage et vraiment salutaire. Or ce conflit intérieur se continua dès lors à travers toute l'histoire ultérieure des confédérés, pour prendre
M PoLYB., XXV. 9; cf. Plut., PML, c. 47. Liv., XXXVIII, 32.