‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 2)Chapitre 50 sur 235 · POLYB.,XXIV · texte numérisé non relu

POLYB.,XXIV

2) PoLYB.,XXIV, 4. 6-16. Plut., Philop.,c. 16. Liv., XXXIX, 48. Pau- SAN., VII, 9, 3. 4. Parmi ceux qui ont traité récemment la question lacédémonienne, voy. notamment Peter, Studien zur rôm. Geseh., p. 168-171, qui, il est vrai, représente sous les couleurs les plus sombres la politique romaine, tant dans celte affaire qu'en général depuis l'an 196; et Freeman,

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ceci naturellement n'assurait pas le calme. Les Achéens sans doute ne purent empêcher Rome, grâce aux fautes graves qu'ils avaient commises en 188, de prononcer en souveraine dans une question qui concernait le Péloponnèse et de supprimer de fait cette ancienne loi fédérale, jusqu'alors reconnue par le Sénat lui-même, qui défendait aux divers États confédérés d'envoyer de leur propre chef des ambassades à une puissance étrangère. A Sparte, la confusion générale et l'aversion qu'on éprouvait à l'égard des confédérés continuait toujours; les Achéens craignirent même un moment, et non sans cause, de voir les Spartiates appuyer un soulèvement contre la Ligue qui éclata bientôt en Messénie.

En effet, il yavait toujours en Messénie un parti oligarchique puissant, très hostile à Talliance avec les confédérés démocrates. En 189 encore, Philopœmen, comme chef de la ligue avait réprimé par la force une tentative de sécession oligarchique en Messénie (non sans exciter un vif mécontentement chez les oligarques de la confédération); c'est grâce à lui aussi que le parti démocratique de cette contrée l'emporta décidément sur ses adversaires * : mais c'est aussi ce qui attira à Philopœmen la haine implacable de Dinocrate, le fanatique chef du parti oligarchique. Aussi Dinocrate, homme dissolu et sans principes, aventurier aussi léger que téméraire, mais en même temps général capable et habile diplomate, aux manières les plus séduisantes ", s^efTorçait-il sans cesse de rendre à son parti son ancienne puissance et en même temps de détacher son canton de la confédération. Évidemment encouragé par le froid survenu entre Rome et les Achéens, il s'était rendu lui aussi (p. 105) à Rome en 184, et s'était adressé à Flamininus, qui depuis longtemps était bien disposé à son égard et qui (p. 145), dès l'année 191, s'était posé en protecteur naturel des Messéniens. Pour le vainqueur de Cynoscéphales,

p. 645 sqq. Pour la juridiction criminelle sur les Spartiates enlevée aux Achéens (d'après Pausan., ibicL) v. ci-après. En ce qui concerne l'ordre chronologique des événements, je me conforme ici de tout point aux résultats des recherches récentes et consciencieuses du livre souvent cité de Nis- SEN, p. 231 et sqq.

*) Cf. PoLYB., XXIII, 10, 5-6. ScHOKN,p. 313 sqq. Freeman, p. 647.

2) PoLYB., XXIV, 5, i-13. Cf. Plut., Flamin.,c. \7.

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le plus beau temps de sa carrière d'homme d'État était passé. Le groupe de patriciens dont il partageait les opinions politiques baissait décidément h Rome depuis la chute des Scipions ; lui-même, quelque ardente que fût restée son ambition^ commençait de plus en plus àne plus jouer qu'un rôle secondaire \ et, quant à sa position à Tégard des Hellènes, elle aussi avait évidemment perdu son ancienne splendeur. 11 n'était plus le seul médiateur reconnu entre Rome et la Grèce, et il était clair qu'il se sentait spécialement blessé dans son amour-propre par la fière attitude de Philopœmen qui dans d'autres circonstances déjà, avaitéveillé sa jalousie (p. IH). Nous voyons donc comment Flamininus, sans incliner encore vers la dureté de Cécilius Métellus et d'Appius Claudius, et surtout vers la politique d'intrigue des hommes influents des dix années suivantes, tendit la main, en face du parti national péloponnésien qui ne songeait qu'à fortifier la Ligue, à ce Dinocrate ^ qui avait évidemment l'intention d'affaiblir la dernière puissance considérable et purement hellénique qui subsistât en Europe.

On vit alors le revers de la médaille de la politique libératrice de Flamininus. Il est possible que Flamininus ait cru que l'alliance des Messéniens avec la ligue achéenne fût peu avantageuse aux confédérés ; il n'en était pas moins arrivé en réalité à favoriser, dans l'intérêt de Rome et en opposition avec les meilleurs des Achéens, un scélérat messénien, la sécession aux dépens de la confédération, la division avec toutes ses misères : le généreux philhellène s'était fait l'imitateur de ces hommes d'Etat Spartiates qui « délivraient » la Grèce d'après le programme de la paix d'Antalcidas. Heureusement pour sa gloire, lui du moins fut dispensé par la destinée de poursuivre cette voie jusqu'au bout. Le sort de la Grèce fut fixé par des intrigants bien plus dangereux, et^ pour dire la vérité, avant tout par les folies et les crimes des Hellènes eux-mêmes.

Les négociations mentionnées plus haut touchant la question

') Cf. L. Lange, Romische Alterthûmer, vol. II, p. 200-225. Nitzsgh, Die Gracchen, p. 112-154.

*) Cf. PoLYB., XXIV, 5, 2 et 12 sqq.

SOULÈVEMENT EN 31ESSÉN1E OOiMRE LA LUiUE lo9

Spartiate avaient été terminées, semble-t-il * , dans l'été de l'année 184; bientôt après, Flamininus, accompagné par Dinocrate, partit pour une ambassade en Orient et tenta — bien que Je Sénat ne lui eût confié aucune mission concernant la Grèce et que par conséquent il dut s^'lppuyer uniquement sur l'ancienne considération dont il jouissait auprès des Grecs — d'agir de Naupacte sur les Achéens dans l'intérêt de l'oligarchie messénienne, et cela, de son propre chef. Cette tentative échoua complètement, grâce àla prudence et à la fermeté de Philopœmen, alors stratège pour la huitième fois% et Flamininus dut s'en tenir là. Malgré cela, Dinocrate organisa la révolte de sa propre autorité, renversa le gouvernement démocratique à Messène et proclama la rupture de son canton avec la Ligue. Cependant, plusieurs bourgs du pays restèrent fidèles aux Achéens \ Philopœmen, bien qu'âgé de 70 ans et malade de la fièvre à Argos, résolut donc d'étouffer la révolte à son début par une rapide intervention, ou du moins de tendre la main à temps à ceux qui étaient restés fidèles. Malheureusement, cette entreprise fut poussée avec une ardeur et une précipitation que le vieux héros ne connaissait pas d'ordinaire; et c'est ainsi que le vaillant vieillard, après un combat malheureux sur la route de montagne qui conduit au sud de Megalopolis à Messène, au pied de la « colline d'Euandros », fut fait prisonnier par les insurgés, pendant sa retraite, dans les montagnes qui séparent laMessénie de rArcadie,et traîné à Messène (en août ou septembre 184) '*. La sympathie du « démos » messénien pour le grand homme, qui d'ailleurs avait autrefois (p. 51) arraché la ville au terrible Nabis, détermina Dinocrate et quelques-uns de ses fanatiques compagnons à faire périr sans hésiter le noble prisonnier par le poison ^ I

') Cf.iNissEN, p. 232.

2) PoLYB., XXIV, 5, 14-18. (NissEN, p. 231, place la 7e stratégie de Philopœmen, comme K. Keil, dans l'art. «Philopoemen » de YAlïgem. Encyklopddie de Ersch-Gruber. Sect. Ill, vol. 23, p. 462, en s'éloignant des résultats obtenus par d'autres, en 187 av. J.-G.)

') Cf. GuRTius, Peloponnesos., II, p. 166 sqq. elArchdolog. Zeitung, 1855, n°75, p. 36 sqq.

*) Cf. NissEN, p. 232; v. aussi Gerlach, De vita P. Goim. Scipion. Afric. super., p. 12.

S) Liv., XXXIX, 48-50. Polyb., XXIV, 8, c. et d. 9, 1-4. Plut.,

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