‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 2)Chapitre 54 sur 235 · CALLICRATE · texte numérisé non relu

CALLICRATE

c'est à elle qu'incombe bien plus qu'au Sénat la responsabilité de la ruine de la Grèce dans ces temps malheureux. Mais ce fut le malheur de la politique romaine pendant les années qui vont suivre ; tous les hommes sans caractère^, tous les traîtres, tous les scélérats du parti oligarchique que la Grèce d'alors produisait en si grand nombre s'attachèrent aux Romains, comme ils s'étaient attachés autrefois à Philippe II de Macédoine avant la bataille de Chéronée.

La lutte de la démocratie grecque nationale de toutes les nuances contre l'aristocratie et l'oligarchie qui penchaient vers Rome^ lutte qui en bien des endroits prit un caractère vraiment odieux, ne fut terminée que par la guerre contre Persée en faveur de ces dernières. Nous n'avons qu'à esquisser brièvement ici les péripéties de cette lutte. Pour parler d'abord des Achéens, nous dirons que des hommes comme Aristaenos et Diophane avaient conservé une attitude que Polybe même, leur adversaire, ne condamne pas absolument; et pourtant, eux aussi, et Diophane surtout, s'étaient laissé entraîner, dans leur inimitié contre Philopœmen, à des actes qui pouvaient avoir les suites les plus graves*. Mais, peu à peu, il s'était formé un groupe d'oligarques que nous rangerons sans hésiter dans la même catégorie que la faction signalée plus haut. Leur chef était l'Achéen Callicrate de Léontion , un homme qui, sans être précisément violent ou sanguinaire, joignait à un haut degré à une grande habileté diplomatique, à des manières engageantes et séduisantes, l'avidité nationale, la corruptibilité et la vénalité, et qui, dans sa profonde corruption, ne connaissait pas d'autre but de son ambition que de s'emparer du pouvoir dans le Péloponnèse^ pour lui et son parti, en trahissant au profit de Rome les intérêts et l'indépendance de la Ligue ^ Et bientôt il se mit à l'œuvre. Les Achéens, nous l'avons vu (p. 163), en réintégrant les Spartiates dans la Ligue, avaient refusé, malgré Tavis contraire de Diophane ^, à une partie des anciens émigrés le retour à Sparte. Ces hommes s'étaient naturellement adressés au Sénat;

1) Cf. surtout Liv., XXXVIII, 33. Polyb., XXIII, 10, 4-6 et 14 sq.

2) Cf. d'abord Polyb., XXVI, 1 sqq. Paus., VII, 10 et tout ce qui suit. ') Polyb.. XXV, 1,J2.

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