‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 2)Chapitre 66 sur 235 · CONDUITE INSENSÉE DE PERSÉE : DÉSORDRES EN BÉOTIE · texte numérisé non relu

CONDUITE INSENSÉE DE PERSÉE : DÉSORDRES EN BÉOTIE

n'avait pas encore eu lieu) entama des négociations avec Marcius, qui était uni aux Antigonides par les liens de l'hospitalité ; et Marcius, qui savait très bien que Rome était décidée à tirer l'épée quoi qu'il arrivât, n'eut pas honte d'inviter cet homme craintif qui tremblait maintenant devant l'ombre de ses propres plans à renvoyer à Rome une ambassade, qui naturellement ne pouvait avoir aucun résultat, et de lui accorder avec joie un armistice, qui, en attendant, paralysait complètement les mouvements des Macédoniens en donnant au Sénat tout le temps nécessaire pour terminer tranquillement ses préparatifs \ Et bientôt après, Marcius se rendit en Béotie et à Chalcis, où il réussit facilement à écarter du pouvoir le parti démocratique auquel ses honteux excès avaient fait perdre toute consistance, qui tremblait misérablement à l'idée de la vengeance de Rome et était ébranlé partout par le parti romain-oligarchique, qui relevait audacieusement la tète, et à briser Falliance de ce peuple infiniment méprisable avec Persée. Les troubles les plus fâcheux éclatèrent en divers endroits, et l'affaire se termina à la grande satisfaction des Romains, parla dissolution de la ligue des villes béotiennes. Coronée, Thisbse et Haliartos restèrent seules fidèles à Persée. Parmi les chefs de la démocratie, amie de la Macédoine, Néon et Isménias avaient cherché à sauver et à conserver la Ligue en passant encore à temps aux Romains, mais la fureur du parti romain, et surtout celle des émigrés revenus avec Marcius, était si grande, qu Isménias fut profondément humilié à Ghalcis, puis jeté en prison et poussé au suicide^ et Néon, de son côlé, contraint à chercher un refuge en Macédoine ; les fugitifs du parti romain purent revenir enfin en Béotie \ Cependant^ pour prévenir dans ces contrées un rapide coup de main de Persée, Marcius, avant son retour à Rome, fit occuper Chalcis par 1000 Achéens; Servius Lentulus y resta ^ La folie de Persée porta ses fruits. II va sans dire que la dernière ambassade du roi (171, au printemps) fut

') Liv., XLII, 37. 38. 43. Cf. Appian., Mac.,c. 9. 3 et 4; Nissen. p. 250 sqq.

2) Liv., XLH, 38. 43-44. 46. Polyb., XXVII, 1 et 2, i-10, 5. i-8. Cf. NiTzsGn, Polybios, p. 25 sqq. et Freeman, p. 182 sqq. 667 sqq. Sur la famille Brachyllas-Néon, voy. aussi Keil, Syll. Inscr. Bœotic., p. 72 sqq.

3) Polyb., XXVII, 2, 8 et 11 sq. Liv., XLII, 44.

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