‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 2)Chapitre 67 sur 235 · ISOLEMENT DE PERSÉE · texte numérisé non relu

ISOLEMENT DE PERSÉE

renvoyée sans façon de Rome, bien que les plus âgés des sénateurs eussent stigmatisé la perfidie de Marcius comme indigne du nom romain ; en même temps, on ordonna à tous les Macédoniens qui séjournaient alors en Italie de quitter ce pays dans les trente jours \ Le roi se voyait donc réduit uniquement à ses alliés de la Thrace, à ses relations avec les tribus illyriennes et d'autres Barbares, à une poignée de volontaires et de fugitifs grecs % et avant tout à son vaillant peuple et à son excellente et nombreuse armée, aguerrie par de nombreux combats contre les Barbares de la Thrace. Les Hellènes^ de leur côté, suivaient avec anxiété cette guerre nouvelle, qui, ils le sentaient bien, allait aussi décider de leur propre destinée. A l'exception du parti oligarchique, partisan des Romains, tous les Grecs étaient encore remplis de sympathie pour les Macédoniens, de même race qu'eux; aussi bien la masse très considérable des « hommes du peuple » dans la plupart des cantons, la plupart des démocrates de toute nuance et de tous les rangs, que la crainte seule empêchait alors de prendre les armes pour Persée, que ceux des Grecs, très nombreux surtout parmi les Achéens, qui, la situation étant donnée, ne voyaient plus que dans la plus stricte neutralité le salut de leur pays, mais qui désiraient le maintien durable d^un certain équilibre entre Rome et la Macédoine '. Lorsque enfin tout espoir de maintenir la paix se fut évanoui, Persée rassembla son armée, forte de 43,000 hommes (environ 21,000 phalangites, quelques milliers d'hypaspistes; 4,000 cavaliers macédoniens et thraces; le reste, en grande partie des mercenaires et des volontaires grecs) près de Cition, à l'ouest de Pella, et ouvrit les hostilités au printemps de l'an 171 '' par l'invasion des pays des Perrhèbes et des Thessaliens ^. On vit bientôt que ce roi ne possédait aucune des qualités militaires de son père, ou en général des Antigonides, et n'avait pas non plus, malheureusement pour lui, un général

') PoLYB., XXVII, 7, 1-4. Appian., c. 9, 5. Liv., XLII, 46, 47, 48, Diod., XXX, 1.

2) Liv.,XLII,51.

3) Cf. Liv., XLII, 30. XLV, 31. Polyb., XXX, 6, 5 sqq. 10. ^) Cf. MoMMSEN, Rom, Geschichte, I, p. 773.

6) Liv., XLII, 50-53.

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