‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 2)Chapitre 68 sur 235 · GUERRE ENTRE LES ROMAINS ET PERSÉE · texte numérisé non relu

GUERRE ENTRE LES ROMAINS ET PERSÉE

qui pût suppléer à ce qui lui manquait à lui-même. Il est vrai que Persée était bon soldat; il savait aussi remporter des victoires partielles; mais il ignorait complètement l'art de profiter rapidement et largement de ses succès, de diriger en grand les opérations d'une campagne sans régler servilement ses mouvements sur ceux de l'ennemi. C'est ce qu'on vit dès le début de la guerre. Le consul romain Publius Licinius Crassus, chargé de la guerre de Macédoine, avait débarqué à cette époque en Illyrie el marcha sur Gomphi en Thessalie à travers l'Épire et l'Athamanie, tandis qu'en même temps la flotte romaine, forte de quarante gros vaisseaux de guerre montés par 10,000 soldats de marine, cinglait, sous le préteur Gaius Lucretius et son frère Marcus, de Céphallénie vers les eaux de la Béotie*. Or, au lieu d'attaquer l'armée romaine, composée en partie de troupes peu exercées, sur les routes difficiles de la chaîne de montagnes qui s'étend sur la frontière de la Thessalie, ou au moins à sa sortie des défilés près de Gomphi, comme l'exigeait même l'idée d'une guerre défensive, au-dessus de laquelle Persée ne sut pas s'élever, le roi, après avoir pris d'assaut quelques villes perrhébiennes et thessaliennes, attendit les Romains près de Sycourion, au pied de l'Œta, et fit en attendant piller la plaine thessalienne par ses cavaliers ^. Les Romains purent donc se reposer tranquillement près de Gomphi, atteindre sans résistance Larissa, et renforcer leur armée sans obstacle par les corps auxiliaires des Pergaméniens (4,000 fantassins et 1,000 cavaliers) et des villes et cantons grecs alliés ; entre autres troupes, 300 chevaux et 100 hommes d'Apollonie, un escadron de cavaliers étoliens et 400 cavaliers thessaliens, ainsi que 1,000 Achéens, se joignirent alors aux Romains. Le total des forces de terre romaines dans la péninsule hellénique, dont une partie toutefois resta en Illyrie pour menacer la frontière occidentale de la Macédoine, pouvait s'élever maintenant à environ 30 à 40,000 hommes de troupes d'Italie et à plus de 10,000 hommes de guerriers alliés de toute espèce ^ Quelque

') Liv., XLII, 48. 49. 55. 56.

*) Liv,, XLII, 53-55, 56; sur Sycourion cf. Bursian, op. cît.j p. 62.

^) Liv., XLII, 55. Cf. Mommsen, Rom. (jeschichte^ I, p. 773,

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