‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 2)Chapitre 70 sur 235 · INCAPACITÉ ET CRUAUTÉ DES ROMAINS DANS CETTE GUERRE · texte numérisé non relu

INCAPACITÉ ET CRUAUTÉ DES ROMAINS DANS CETTE GUERRE

s'introduire dans la discipline. La disposition des esprits ne devint certes pas meilleure lorsqu'on apprit que l'état-major de Licinius mettait la dernière défaite entièrement sur le compte de la prétendue lâcheté de la cavalerie étolienne et de la prétendue trahison de ses chefs \ On apprit même que l'amiral romain, Gaius Lucretius, qui assiégeait avec 10,000 hommes de troupes de mer et 2,000 Pergaméniens récemment arrivés à Chalcis la ville béotienne d'Haliartos (sur laquelle s'était jeté avant le commencement de la guerre le Romain Publius Lentulus avec 300 soldats d'Italie et les troupes de la plupart des autres Béotiens), avait, après avoir pris d'assaut la ville vaillamment défendue, vendu comme esclaves tous les survivants à ce terrible massacre et détruit la ville de fond en comble. A Thisbse, il avait vendu comme esclaves tous les habitants appartenant au parti démocratique ou macédonien, et la ville fut réduite, à partir de 170 avant J.-C, à la condition de ville stipendiaire .

Malgré cela, Persée continue à faire timidement la guerre. Une nouvelle bataille plus importante près de Phalanna, sur la rive gauche du Pénée inférieur, non loin de la gorge de Tempe, s'étant terminée d'une façon moins heureuse que le premier combat, il s'en retourna en Macédoine (dans l'été de l'an 171) pour se contenter de défendre les montagnes qui protègent ce pays^. Il pouvait bien, en attendant, laisser aux Romains le soin d'exaspérer les Grecs par leur conduite ultérieure. Le misérable Licinius se contenta de prendre les villes thessaliennes et perrhébiennes occupées auparavant par Persée, à l'exception de la ville de Gonnos, que Persée, qui la considérait comme la « clef » du défilé de Tempe, avait récemment munie de forts retranchements^ : puis il alla prendre ses quartiers d'hiver en Thessalie et en Béotie, s'assura d'Ambracie en y mettant 2,000 hommes,

^) Liv., XLII, 60. Appia^,, ibid.

*) Liv.,XLII, 47 s. fin., 56-63. Strab., IX, 2, 30, p. 631 (411). Cf. MoMMSEN, Ephem. Epigr., 1872, p. 278 sqq. 293. J. Schmidt, dans les Mittheilunjen des nrchàologischen Instituts in Athen, IV, p. 235 sqq.

3) Liv., XLII, 6i-67. Àppian., ibid., c. 2. Pol., XXVII, 9. Zonar., ibid. Sur Phalanna, voy. aussi Bursian, p. 56. ) Liv.,XLIÎ, 54. 67. Bursian, p. 60.

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