LES ÉPIROTES PASSENT A PERSÉE
congédia les auxiliaires grecs, àFexception des Achéens, et se borna ensuite à détruire Ptéléon en Phtiotide et à prendre Larissa Crémaste, villes qui étaient retombées récemment entre les mains des Macédoniens '. Licinius et Gaius Lucretius commencèrent alors à se rendre coupables d'une série d'atroces violences contre une foule de cités grecques amies, en Europe et en Asie-Mineure, qui, par des réquisitions arbitraires et des exactions de toute sorte, même par de véritables actes de brigandage, se voyaient presque ruinées et en appelaient en vain au Sénat ^ Les habitants de Coronée en Béotie, qui se rendirent alors, furent vendus en masse comme esclaves^. En même temps, la flotte romaine se laissait honteusement surprendre près d'Oréos par une petite escadre macédonienne \ Il y a plus : Licinius, de connivence avec le chef de la Ligue étolienne, Lyciscos, avait fait conduire à Rome pour y subir un jugement (on les accusait d'avoir agi en traîtres pendant la bataille livrée sur les bords du Pénée) plusieurs Étoliens que ce dernier haïssait (c'étaient, outre Nicandre que nous avons nommé plus haut, Eupolémos et plusieurs autres chefs considérables *). Des actes aussi odieux amenèrent d'abord les Épirotes à se séparer de Rome. Le jeune Charops, le petit-fils de l'estimable ami des Romains dont nous avons parlé, avait été élevé à Rome. Sans principes et plein de l'ambition la plus ardente, il cherchait à s'élever dans sa patrie à la position qu'avait occupée son grand-père défunt. Pendant assez longtemps, il avait fait de vains efforts ; mais maintenant ses intrigues, ses calomnies répétées contre le parti national auprès des Romains prirent un caractère si inquiétant que les chefs du parti franchement macédonien, Théodotos et Philostratos, auxquels Céphalos et Antinoos finirent par ne plus résister, pour éviter le sort des Étoliens faits prisonniers, s'entendirent secrètement avec Persée et passèrent enfin ouvertement à lui au printemps de l'année 170. Presque tous les Épirotes, notamment les
') Liv., XLII, 87(cf. 42).
2) Cf. Liv., XLIIl, (4) et 4. 6. 7. 8. Zonar., ihid.
3) Liv., XLIII, (4), 4.
*) Liv., XLIII, (4). Plut., MmiL, c. 9.
îJ) PoLYB., XX, 11, 10. XXVII, 13, 14. XXVIII, 4, 5 sqq. Cf. Appian., ihid. c. 10.