‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 2)Chapitre 74 sur 235 · ORGANISATION EN MACÉDOINE · texte numérisé non relu

ORGANISATION EN MACÉDOINE

tique de conquête d'un grand nombre de ses pairs^ Toujours encore la Macédoine devait rester « libre et indépendante » : mais il fallait aussi que cet État, qui autrefois inspirait tant de crainte^ fût rendu à tout jamais '.< inoffensif ». Appuyé par les dix commissaires que le Sénat, selon sa coutume dans les cas de ce genre, envoya en Macédoine avec des instructions précises, Paul-Emile (en 167), dans la conférence d'Amphipolis, fixa de la manière suivante le sort des pays macédoniens héréditaires. Le royaume de Macédoine fut supprimé pour toujours ; ce pays, où. la monarchie avait existé depuis un temps immémorial, devait dorénavant être « libre », c'est-àdire avoir des institutions républicaines. Pour faire place à ces dernières, les partisans les plus décidés de la royauté militaire, si populaire^ toute la noblesse de cour, tous les hauts fonctionnaires royaux, civils ou militaires, tous les anciens confidents du roi, les chambellans de la cour, les généraux, les chefs de la flotte, les commandants des villes, tous les autres officiers supérieurs, les ci-devant ambassadeurs, en un mot, tout homme riche ou haut placé qui tenait de plus près à l'ordre de choses établi jusqu'alors, avec leurs fils adultes, furent contraints d'émigrer en Italie. Ensuite, la politique romaine divisa en quatre cantons indépendants ce royaume si solidement unifié depuis les temps du grand Philippe, le canton d'Amphipolis avec les districts orientaux du pays, celui de Thessalonique avec les provinces du centre et la presqu'île Chalcidique, celui de Pella^ qui comprenait les contrées du sud-ouest, et celui de Pélagonia, c'est-à-dire les terres intérieures vers le nord et le nord-ouest ; ces cantons furent séparés systématiquement l'un deTautre, de telle sorte que les relations commerciales et les mariages entre leurs habitants furent interdits. Chacun de ces cantons reçut une constitution républicaine-fédérative ; les nouveaux fonctionnaires et les conseillers de ces confédérations formées d'après des modèles helléniques étaient nommés annuellement par le suffrage des communes. Du reste, les lois du pays ne furent probablement modifiées qu'autant que l'exigeait la division de

*) Cf. NiTzscH, Polybios, p. 54. Die Gracchen, p. 171. Lange, op. cit.^ p. 263 sqq.

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