‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 2)Chapitre 75 sur 235 · LA MACÉDOINE DEVIENT LIBRE · texte numérisé non relu

LA MACÉDOINE DEVIENT LIBRE

l'Etat en quatre cantons séparés. Mais la liberté des Macédoniens éprouva une série de graves restrictions. A la frontière du Nord et de l'Est seulement, on laissa subsister une milice armée et une série de forteresses pour repousser les Barbares; le reste du pays fut désarmé. L'exploitation des mines d'or et d'argent fut interdite jusqu'à nouvel ordre* ; en outre, on ne devait plus importer du sel, ni abattre ou exporter du bois de construction pour les vaisseaux. L'impôt foncier payé jusqu'alors au roi fut, il est vrai supprimé, mais la moitié de cet impôt, une somme de 100 talents, dut être dorénavant payée à Rome ; pour le reste, « la taxe seigneuriale établie jusqu'alors devint communale^ ». En tout cas^ le noble peuple macédonien fut complètement paralysé; ramené violemment aux conditions d'une simple nation de cultivateurs, dont les produits superflus étaiefnt sans doute revendus surtout par les négociants romains^, le peuple macédonien, quelque louable que pût être dans ses détails la législation introduite par Paul-Émile, devait dépérir peu

•) Sur l'atténuation de cette défense (qui concernait les Macédoniens comme les étrangers) depuis 158 av. J. C, cf. la Chronique de Cassiodore publiée par Th. Mommsen, à Tan de Rome 596, p. 616. Voy. Lange, op. cit., II, p. 275. Mommsen, Rom. Geschichte, I, p. 780.

*) Liv., XLV, 17. 18. 27 init.,28. 29. 30. 32. Justin., XXXIII, 2. Plut., .Emil., c. 28. 29. Polyb., XXXI, 12, 12. Diod., XXXI, c. 8 et 9. Syn- CELL., p. 267. EuTROP., IV, 7. Suidas, s. v. jEmilius et Joann. Antiogh., fr, 57, chez C. Mûller, Fr. Hist. Gr., t. IV, p. 558 sq. Cf. Mommsen, Rom.. Geschichte, t. I, p. 779 suiv.; t. II, p. 388. Becker-Marquardt, Rom. Alterth., t. III, 1, p. 115 sqq. Nitzsgh, Bie Gracchen, p. 171. Lange, p. 263.

^) Cf. Nitzsgh, op. cit., p. 175. Par contre, la fermeture des mines macédoniennes, sous l'influence évidente du vieux Caton (v. plus bas) était surtout dirigée contre les capitalistes et les publicains romains (cf. Liv., XLV, 18), dont un parti sensé, toujours encore très puissant au Sénat, s'elYorçait alors de restreindre l'activité si pernicieuse aux provinces et aux contrées dépendantes. La modification mentionnée (ci-dessus, note 1) profita précisément aux publicains. Voy. aussi Lange, p. 263 sqq. 275. En organisant les quatre confédérations macédoniennes on leur retira (ci-dessus p. 78, note 1) probablement le droit de frapper des monnaies d'argent. Lorsque ensuite, en 158 av. J. C, le Sénat permit de nouveau l'exploitation des mines d'argent de la Macédoine, il paraît avoir rendu au moins au canton d'Amphipolis sur le territoire duquel elles étaient situées, le droit de frapper des monnaies d'argent ; la confédération de Thessalonique avait sans doute le même droit. Il n'existe pas de pièces d'argent des cantons de Pella et de Pélagonia (Mommsen, Gesch. d. Rom. Mànzwesens, p. 691).

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