‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 2)Chapitre 78 sur 235 · IRRITATION DES ROMAINS CONTRE RHODES · texte numérisé non relu

IRRITATION DES ROMAINS CONTRE RHODES

parti de la guerre à Rome songeait sérieusement et était même à peu près décidé à châtier, en lui faisant une guerre ruineuse, l'insolente outrecuidance de leur insignifiante république \ Dans ces circonstances, la défaite complète de Persée à Pydna répandit à Rhodes une terreur mortelle ; c'est ainsi que cette vaillante tribu grecque se vit réduite momentanément à cet état d'affaissement moral pitoyable et sans dignité qui répand une teinte si lugubre sur l'histoire des derniers jours de la Grèce indépendante. Bientôt, en effet, après la bataille de Pydna parurent dans le voisinage de Rhodes plusieurs diplomates romains, chargés par le Sénat d'intervenir dans une guerre alors imminente entre le roi de Syrie et celui d'Egypte. Les Rhodiens, qui s'étaient hâtés d'abandonner le parti macédonien et ses chefs Binon et Polyaratos, invitèrent dans leur angoisse ces hommes, le brutal Gaius Popillius Lsenas et Gains Décimius, un peu plus modéré que lui^ à venir à Rhodes, afin de gagner au moins leurs bonnes grâces et par là quelques voix influentes dans le Sénat. Et, sur un signe de Décimius, les Rhodiens se hâtèrent d'intenter des procès criminels, de condamner à mort ou de livrer aux Romains tous ceux de leurs concitoyens qui jusqu'alors avaient travaillé pour Persée contre les Romains; quelques-uns avaient préféré s'enfuir ou se donner la mort. Après avoir longtemps erré de lieu en lieu, Polyaratos, le plus compromis de tous, fut enfin arrêté à Cibyra en Asie-Mineure

^) ZoNAR., IX, 22 fin. Dio Cass., fr. 66, 2. Diod., XXX, 33. Cf. XXXI, 5, 1. Yell., I, 9. Appian., Maced., c. 45. Polyb., XXVIII, 14 et 15. XXIX, 3,7.4, 1-5.5,1-5. 7, 1-11. Liv.,XL[V, 14. J5. 23. 28. 29. 35. XLV, 3, 23. Voy. aussi les rectifications chronologiques de Nissen, p. 261. 265. Cf. NiTzscH, Die Gracchen, p. 172. Lange, p. 268. Meier, op. cit. p. 391 sqq, MoMMSEN, Rom. Geschichte, ], p. 783 sqq. Peter, op. cit., p. 147-150. (D'après Nissen, p. 261 sqq. on peut douter d'ailleurs que les Rhodiens aient réellement pu faire devant le Sénat cette arrogante déclaration; selon lui, ne seraient dignes de foi que les données d'après lesquelles l'ambassade ne fut admise devant le Sénat qu'après la bataille de Pydna; elle aurait ensuite déclaré son mandat primitif expiré et félicité les Romains de leur victoire; sur quoi le Sénat aurait répliqué avec une extrême hauteur que l'idée seule d'offrir sa médiation dans la dernière période de la guerre devait être considérée comme une démarche hostile à Rome, comme une prise de parti pour Persée, ce qui s'accordait du reste avec l'attitude ordinaire, si peu digne de confiance, des Rhodiens.)

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