MESURES RIGOUREUSES PRISES PAR LES ROMAINS EN GRÈCE
et la politique astucieuse du Sénat leur avait toujours refusée. Ce traité, bien qu'il leur assurât formellement les mêmes droits qu'à Rome, rivait à l'empire romain et à la politique du Sénat cette république commerçante jusqu'alors forte et indépendante et tout à coup tombée si bas \
Nous n'avons pas à décrire ici Fattitude impérieuse des Romains dans le reste de l'Orient, surtout leur intervention, mentionnée plus haut, dans la querelle entre l'Egypte et la Syrie. Mais nous avons à montrer comment, après l'écroulement de l'empire macédonien, par suite de l'effet combiné de la politique romaine, alors des plus malfaisantes^ et de l'ambition et du désir de vengeance longtemps contenus et plus pernicieux encore des oligarques,, partisans de Rome, la plupart des cantons de la Grèce européenne furent bien plus cruellement frappés que Pergame et Rhodes elle-même. Malgré la parfaite honorabilité personnelle de Paul-Émile, on ne put empêcher, d'un côté, les troupes romaines, indisciplinées et avides de butin, de se livrer pendant la guerre au pillage sur une vaste échelle, même après la bataille de Pydna, et, de l'autre, la majorité violente du Sénat de donner lieu à des actes de vengeance aussi étendus que honteux, qui devaient en même temps inspirer une terreur vraiment mortelle au parti national de l'opposition. Il n'était pas précisément étonnantque plusieurs villes thessaliennes, qui ne purent être prises de force qu'après la bataille de Pydna ou qui s'étaient compromises d'une autre manière, comme Mélibœa, yEginion et Agassae, fussent pillées par les troupes romaines %* et il n'y avait pas d'objections sérieuses à faire contre la destruction des retranchements de Démétrias\ Par contre, si l'on pouvait
«) Cf. Liv., XLV, 25. Epit.y lib. XLVI. Dio Cass., fr. 68, 2. Zonar., IX, 25. PoLYB., XXX, 5, 4-10. 19, 1 et 2. XXXI, 1, 2. sqq. 6, 1-8. 7, 1-20. Cf. Cic, Ad fam., XII, 15, 2. u fœdus (a. 51 a. Chr.) renovatum erat, quo juraverunt Rhodii eosdem hostes se habituros quos S. P. Q. R. » Appian., B. G. IV, 66. 70 sqq. Dio Cass., 47, 33. Du reste, ils réussirent alors à sauver du moins le reste de leur « ancienne » (carienne) terre ferme, ou « Pereea. » (Cf. Droysen, Histoira de VEellénisme, trad. Bouclié-Leclercq, III, p. 393). PoLYB., XXXI, 16, 17 et 17 a. Cic, Ad fam., XII, 15. Strab., XIV, 2, 1 et 2, p. 962 sqq. (651).
2) Liv., XLIV, 46, init. XLV, 27.
3) Cf. DiOD., XXXI, 8, 3. Syncell., p. 267 sq. Nissen, p. 277.