‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 2)Chapitre 82 sur 235 · LA GRÈCE APRÈS LA RATAILLK DE PYDNA · texte numérisé non relu

LA GRÈCE APRÈS LA RATAILLK DE PYDNA

ruse odieuse, cet indigne pillage fut systématiquement mis en œuvre et achevé sur la plus vaste échelle; pour finir, les murailles des villes pillées furent démolies et les habitants, au nombre de 130,000, vendus comme esclaves^

Cependant, la politique du Sénat et de l'oligarchie grecque avait fait des efforts non moins grands, même avant ce crime monstrueux, sur beaucoup d'autres points de la Grèce. Depuis la chute de Persée jusqu'au départ des troupes romaines pour l'Italie, on posa partout les fondements des malheurs qui accablèrent les Grecs pendant les quelques dizaines d'années suivantes. Paul-Émile, dans l'automne de l'an 168 avant J.-C., après avoir terminé les affaires les plus importantes en Macédoine et en attendant l'arrivée des dix commissaires sénatoriaux qui, avec lui, devaient régler définitivement la situation en Macédoine, avait entrepris un voyag'e en Grèce qui avait surtout pour but la visite des villes célèbres et l'étude des œuvres d'art de ce pays. Il avait, à cette occasion, visité d'abordlaThessalie et Delphes, puis la Béotie, Ghalcis et Athènes ; puis, passant par Corinthe, il avait vu successivement les principales villes du Péloponnèse ; partout aux endroits consacrés aux dieux il avait offert de brillants sacrifices. Ses manières aimables, sa bienveillance évidente à l'égard des Hellènes, sa répugnance à persécuter les hommes qui pendant la guerre qui venait définir avaient nourri des sympathies pour Persée, avaient été bien faites pour calmer les appréhensions des Grecs qui craignaient de nouvelles violences de la part des Romains'. Mais bientôt la Grèce s'aperçut avec terreur que ce seul Romain n'était plus capable d'arrêter la fureur de l'oligarchie grecque et la dureté impitoyable de la politique du Sénat. Pendant qu'il s'en retournait àDémétrias, au printemps de l'an 167, Paul-Émile lui-même apprit avec horreur,

') PoLYB., XXX, 14, 7 sqq. 15, 5 sq. Liv., XLV, 33 s. fin. et 34. Pujt., jEmil.,c. 29.30. Appian., Illyr. c. 9 où, par erreur, on parle du pillage de rillyrie. Strab., VII, 7, 3, pag. 496 (322). Pun., H. N., IV, 10 (17), 39. Cf. aussi Dio Gass., fr. 67, 2. Eutrop., IV, 8. Nitzsgh, Die Gracchen, p. 174 sqq. Lange, p. 264 sqq. Nissen, p. 277. 303 sqq.

2) Liv., XLV, 27. 28. Plut., Mmil.,c. 28. Polyb., XXX, 15 et XXX, 10, 11, sur la désapprobation par Paul-Émile des violences dont furent plus tard victimes les Acliéens et les Étoliens du parti national»

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